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Fiscalité locale : quelles évolutions ?
Taxe professionnelle. Sujet sensible, la fiscalité
des communes est mal connue et perçue le plus souvent de manière
globale par les contribuables. Pourtant, dans le dispositif, la taxe
professionnelle unique (TPU) ainsi que la taxe professionnelle de zone
(TPZ) occupent une place particulière. Explications de Jean Delaneau,
maire dAutrèche, président de la Maison des maires
dIndre-et-Loire, ancien vice-président du Sénat
Propos recueillis par Annie Blanchet
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| Photo DR |
Lappréciation que le contribuable porte
sur la fiscalité locale est souvent brouillée, car les
informations sont reçues sur une feuille unique regrupant limposition
des communes, du Département et de la Région. Seule la
contribution aux communautés de communes fait lobjet dune
feuille séparée. Ceci posé, hormis quelques cas
isolés, les élus sont raisonnables dans les taux appliqués.
Globalement, les ressources fiscales directes des communes évoluent
peu dans leur masse budgétaire. Ce qui change, ce sont les autres
ressources qui, peu à peu, supplantent les ressources fiscales.
Des contraintes accrues. Le respect, trop
longtemps négligé, de lenvironnement a fait naître
des contraintes nouvelles, surtout en ce qui concerne les services.
Ainsi les coûts denlèvement, de traitement des ordures
ménagères et des déchets, dassainissement
et de distribution de leau sont, ou vont être, en situation
de hausse considérable. En retour, l e s ressources fiscales
directes évoluent peu, alors que la part de lEtat dans
les ressources dépasse les 50 %, diminuant ainsi la part de manuvre,
sinon de responsabilité des élus.
Le transfert de la gestion des activités
économiques aux communautés de communes et dagglomération
a modifié le mode de collecte : les communes perçoivent
la taxe professionnelle et les communautés de communes, une taxe
additionnelle à la taxe professionnelle de base. Mais nombre
des communautés de communes ont choisi la TPU, obligatoire pour
les communautés dagglomération. Lorsque des communes
associées créent un nouveau site dactivités
ou de services, elles peuvent décider dune taxe spécifique,
la TPZ. Mais labandon du critère salaires a conduit à
loctroi dune dotation de compensation. Or celle-ci évolue
moins vite que si ce critère avait été maintenu,
entraînant une perte de ressources pour ces communes. Doù
des disparités liées à la situation géographique,
qui amènent à se poser de nouvelles questions.
Contribution. Lactivité économique
doit-elle contribuer à la fiscalité locale ? Un sondage
de décembre 2003, de lAssociation des maires de France,
indique que 85 % des maires jugent indispensable le maintien dun
impôt lié à lactivité économique.
Mais 75 % sont favorables à ce quune révision générale
de la base dimposition soit effectuée rapidement. Une autre
question : la dissociation des taux entre taxe professionnelle et taxe
dhabitation. Cette mesure visait à éviter que certaines
municipalités chargent lourdement les entreprises pour permettre
une baisse de la taxe dhabitation. Mais ceci ne semble plus nécessaire
puisque dans la majorité des cas, ce sont deux collectivités
différentes qui recueillent lune la taxe dhabitation
(commune), lautre la taxe professionnelle (communauté de
communes). Cependant, aucune décision allant dans ce sens na
été prise lors de la loi de finances pour 2004. Enfin,
chaque année, les valeurs locatives définissent lassiette
de la fiscalité locale. Révisée en 2004, elle est
en hausse de 1,5 %. Ce qui veut dire quà critère
identique dune année sur lautre limposition
augmente. Cependant, il est possible pour 2005 que cette revalorisation
forfaitaire, laissée à lappréciation du Parlement,
ne soit plus autorisée. Ce qui amènera sans doute les
collectivités territoriales à modifier les taux appliqués
sur les bases des valeurs locatives qui névolueraient plus
chaque année.
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