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Actualité / A propos Il faut instaurer la confiance
Martine Aubert Directeur des Etudes économiques du CCF
Reprise. Invitée à la CCI de Touraine, le 3 novembre, Martine Aubert, Directeur des Etudes économiques du CCF, dresse le bilan de la conjoncture économique et souligne combien les réformes sont nécessaires pour accompagner la reprise et soutenir la croissance.Propos recueillis par Antoine Monnin
Comment expliquez-vous que la Zone Euro soit à la traîne de la reprise internationale ?
Martine Aubert : En 2003, la croissance de la Zone Euro stagne alors que les USA enregistrent à nouveau des chiffres record. La faiblesse de la demande intérieure, les ménages préférant, faute de confiance, épargner plutôt quinvestir, est la conséquence dincertitudes et dabsence de clarté des politiques économiques européennes. La situation internationale, avec le choc du 11 septembre et la guerre en Irak, ont bien évidemment leur part. Mais il faut mettre laccent sur les faiblesses internes de notre pays et de ses principaux partenaires européens. La politique économique et monétaire de lUnion souffre dun manque évident de concertation entre les Etats membres et de volontarisme pour dynamiser la croissance. La France ou lAllemagne accuse des déficits publics énormes faute davoir mis en place à temps les réformes structurelles nécessaires ; enfin, la réappréciation de leuro par rapport au dollar pénalise les entreprises. Lensemble de ces facteurs explique pourquoi la Zone Euro ne profite pas encore de la reprise internationale.
Y a-t-il malgré tout des signes annonciateurs dune reprise ?
Martine Aubert : Les politiques budgétaires restrictives affaiblissent notre demande intérieure. Le rebond dactivité attendu fin 2003 et en 2004 viendra du dynamisme de nos partenaires. En effet depuis cet été, les perspectives dactivité séclaircissent. Cette amélioration reste à confirmer. Notre indice précurseur qui synthétise la confiance dans lindustrie, la construction et les services, sest nettement redressé depuis deux mois. La reprise des exportations, tirée par le rebond du commerce mondial, sera le premier relais du retour à la croissance en Europe. Si la confiance se confirme, linvestissement et la consommation suivront. Mais il ne faut pas sattendre à un sursaut spectaculaire, le redémarrage sera lent, après une croissance de 0,3% en 2003 nous attendons 1,4% en 2004.
Une croissance molle que vous attribuez à labsence de réformes ?
Martine Aubert : Sans réformes du secteur public, nous profiterons peu du rebond international. Pour soutenir leur économie les Américains ont besoin de clients, leuro ne devrait pas trop souffrir dune baisse du dollar. Mais si les pays européens et la France en particulier ne lancent pas de réformes, ils auront les mêmes faiblesses et continueront à creuser leurs déficits. La maîtrise des dépenses et la modernisation du service public sont une priorité. Nous payons des mesures coûteuses comme les 35 heures et le vieillissement de la population. Il faut réorienter le marché du travail avec des formations adaptées. Trop de secteurs dactivités souffrent dun manque de main duvre alors que le chômage continue de grimper. Le gouvernement doit plus clairement expliquer ce quil veut faire. Sur la réforme des retraites, les Français ont retenu quils travailleraient plus pour gagner moins. Résultat, lépargne a grimpé avec les effets connus sur la consommation. La voie de la croissance passe par la clarté et la réforme car il faut instaurer la confiance.
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