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Recherche publique et privée
La confiance gagne du terrainPasserelles.
Jadis timide, le rapprochement entre laboratoires de recherche publics et entreprises s'affirme peu à peu. Avec le soutien actif des collectivités locales qui conjuguent habilement leurs efforts dans le but d'assurer l'ancrage des acteurs économiques de Touraine
Dossier réalisé par Patrick Chateau
Equipements de recherche universitaires
Photo Image de MarcLa recherche et l'innovation, moteurs de la croissance économique ? Voilà plus de dix ans que le Conseil général d'Indre-et-Loire y croit et s'y investit. C'est particulièrement dans le développement du transfert de technologie et du partenariat entre laboratoires des secteurs public et privé que l'institution a développé ses actions. 'A côté des enjeux scientifiques et technologiques attachés au développement de la recherche et de l'innovation, c'est la croissance économique d'un territoire qui se joue, explique Michel Trochu, vice-président du Conseil général, chargé de la Recherche. Dans une économie mondialisée, la capacité d'adaptation des entreprises aux évolutions de leur environnement et leur compétitivité sont conditionnées par leur capacité d'innovation.' Celle-ci devient alors une réponse stratégique à la menace de délocalisation qui pèse sur les implantations locales des grandes entreprises, ainsi qu'à la possible disparition des plus petites.
1 - Francis-Florent Gauthier
2- Philippe Labbé (CEA)
Photos PC - DRRésistances à vaincre.
Le soutien volontariste des collectivités se heurte encore à plusieurs obstacles majeurs : insuffisance de partenariat entre secteurs privés et publics, désaffection des filières scientifiques, fuite des cerveaux... 'Les étudiants partent aux USA car les moyens y sont fournis par les entreprises, et les universitaires travaillent comme les industriels, constate Alain Boucaud, membre du GIP Ultrasons à l'université de Tours. Dans mon secteur d'activité, la biotechnologie, les docteurs ne connaissent pas l'univers des industriels qui, eux-mêmes, attendent trop souvent que le développement soit fait quand on les contacte ; alors qu'on aimerait qu'ils s'impliquent davantage au niveau de la thèse pour que les projets aboutissent plus rapidement.'
C'est vrai, les relations entre ces deux mondes évoluent doucement, mais de mieux en mieux grâce à la loi de juillet 1999 sur l'innovation, qui autorise une participation plus directe des personnels de la recherche publique à l'activité des entreprises. Elle illustre la volonté d'ouverture du milieu universitaire, et plus largement de la recherche publique. Un véritable appel du pied au secteur économique. 'Le service Partenariat-Valorisation-Édition de l'université François-Rabelais s'est structuré suite à la mise en application de cette loi, explique Francis-Florent Gauthier, son responsable. Il est chargé de gérer les relations avec les entreprises et de promouvoir la valorisation économique et sociale de la recherche universitaire.'
D'autres outils appuient cette démarche universitaire :
3- Michel Trochu félicite Alain Boucaud et Frédéric Brochet, laurétas "Recherche et Innovation".
Photo DRCentre incubation (incubateur public d'entreprises innovantes), l'Agence régionale d'innovation et de transfert de technologie (ARITT), les partenariats avec les collectivités (Laboratoire de microélectronique de puissance, pôles de recherche...), les collaborations sur des projets de transferts de technologie avec la CCI de Touraine... 'Nos savoir-faire sont encore peu connus du monde économique, ajoute-t-il. J'invite les entreprises à nous contacter systématiquement pour nous associer à leurs projets de recherche et développement.' Par ailleurs, l'université va accentuer l'intégration des aspects transfert de technologie et création d'entreprise dans les programmes de formation des étudiants de niveau bac +5. Une démarche qui implique une véritable évolution de l'état d'esprit des futurs chercheurs. En effet, leur culture basée sur la diffusion des résultats et l'indépendance est encore loin de celle du marché et d'un environnement concurrentiel.
Equipements de recherche universitaires
Photo D.R.Passerelles vers l'entreprise.
A l'instar de l'INRA, de l'université François-Rabelais (facultés de médecine, de sciences et techniques, de pharmacie, EPU...), du CHU, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) a, lui aussi, lancé des passerelles vers les entreprises régionales. Ces quatre dernières années, une douzaine d'entre elles a engagé des partenariats innovants avec 'le premier organisme de recherche technologique de France', souligne-t-on au CEA. Parmi ces dernières, STMicroelectronics (sur le développement de composants discrets, via le CNRT constitué avec l'université), Hexadome (système d'évacuation de fumée), Delalande (leurres aux propriétés biodégradables et non toxiques), Ceram Fixe (prothèse dentaire)... 'Aujourd'hui, 50 chercheurs du CEA à temps complet travaillent pour les entreprises au niveau national, explique Philippe Labbé, responsable de la diffusion technologique et de la valorisation. Nous sommes toujours soucieux d'accroître les contacts directs avec les industriels.' A tel point que le CEA s'apprête notamment à créer in situ une zone d'échanges scientifiques, techniques et industriels avec les sociétés spécialisées dans le domaine des polymères, de la plasturgie, des matériaux composites et des nouvelles technologies pour l'énergie; avec le soutien de la CCI de Touraine, du Conseil général d'Indre-et-Loire, de la région Centre et d'industriels. Un exemple parmi d'autres qui s'inscrit dans la durée. 'Car c'est le développement continu de la recherche et de l'innovation qui soutiendra l'évolution économique de la Touraine', conclut-on au Conseil général.
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