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Les CCI sont des acteurs de la décentralisation
Vocation
Une nouvelle étape de la décentralisation est en train
de se dessiner, qui renforce le pouvoir des collectivités territoriales.
Les CCI ont vocation à être pleinement associées
à ce processus, comme l'affirmait en juin Marie-Josée
Tulard, directrice du service des collectivités territoriales
du Sénat, devant les élus de la chambre
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| Photo MAT |
D'après un sondage réalisé
en février 2003 par l'IFOP pour le réseau des chambres
de commerce et d'industrie, 88 % des chefs d'entreprise veulent être
davantage associés, par le biais des CCI, au projet de loi de
décentralisation présenté par le gouvernement Raffarin
en octobre 2002. C'est aussi le voeu des chambres consulaires, pour
lesquelles la décentralisation est devenue une préoccupation
essentielle.
Le poids des régions. 'Les collectivités locales et
leurs groupements réalisent pratiquement les trois-quarts des
investissements publics civils. Le montant global de leurs budgets (environ
150 milliards d'euros) représente plus de la moitié de
celui de l'Etat. Elles ont ainsi conquis un rôle de premier plan
dans le développement économique du pays'rappelle Marie-Josée
Tulard,directrice du service des collectivités territoriales
du Sénat. C'est la Région qui se taille la part du lion
des aides économiques directes. En la matière, communes
et départements ne peuvent que compléter le dispositif
décidé par une région. Concernant les aides indirectes
(mise à disposition de terrains, création de zones d'activité,
etc.), ce sont les communes qui font preuve de la plus grande générosité,
même si les aides accordées par les régions sont
en forte progression.
Les collectivités territoriales ont également gagné
du terrain dans des domaines tels que l'aménagement du territoire,
la planification, les grandes infrastructures, la formation, qui sont
autant de moteurs du développement économique. Là
encore, les régions ont vu leurs compétences s'élargir
considérablement. Elles ont ainsi été conduites
à adopter plusieurs schémas de développement stratégiques
(schéma régional des transports, schémas de développement
et d'aménagement du territoire, en 1998, schéma de la
formation professionnelle et de l'apprentissage...).
La décentralisation de la planification s'est traduite par la
généralisation des contrats de plan Etat-Région,
qui fixent le programme des investissements et des actions à
moyen terme engageant financièrement l'Etat, la Région
et les autres personnes publiques participant au tour de table financier.
Les régions ont aussi étendu leurs prérogatives
dans la sphère de l'enseignement et de la formation. Responsables
des lycées, elles sont de plus en plus impliquées dans
la formation des adultes. Un domaine où excellent traditionnellement
les chambres de commerce et d'industrie, qui consacrent 25 % de leurs
budgets à l'enseignement et à la formation.
L'implication des CCI. En tant qu'établissements publics
de l'Etat, lesCCI ne sont pas visées par les lois de décentralisation
qui se succèdent depuis 1982 et s'appliquent aux collectivités
territoriales, et non aux organes de l'Etat. Pourtant, les changements
intervenant au niveau des collectivités locales ont nécessairement
des répercussions sur les chambres consulaires, qui jouent depuis
la fin du XIXème siècle un rôle essentiel dans la
vie économique locale. Leur volonté d'être associées
au processus de décentralisation actuellement en cours est donc
légitime.
Composées d'élus des entreprises du commerce, de
l'industrie et des services, les CCI sont d'ailleurs engagées
depuis toujours dans l'action publique au service du développement
économique des territoires. Elles ont une connaissance fine des
besoins des entreprises, des compétences reconnues en matière
de gestion d'équipements structurants, d'information économique
et de conseil auprès des entreprises. Autant d'atouts qui désignent
les chambres de commerce et d'industrie comme des partenaires naturels
des collectivités décentralisées.
Propos recueillis par Maï-Anne Tran
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