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Infrastructures et mode de transport :
la CRCI prend position
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| Roland Weynant |
Roland Weyant
Président de la Chambre régionale de commerce et d'industrie
Priorités
Un audit sur les infrastructures ainsi qu'une
réflexion prospective menée par la Datar sur le sujet
ont nourri durant les premiers mois de l'année le débat
parlementaire. Le gouvernement devra trancher lors du Comité
interministériel d'aménagement et de développement
du territoire prévu cet automne. Roland Weyant explique
l'intervention de la CRCI
L'audit sur les infrastructures, réalisé
par le Conseil général des Ponts et Chaussées à
la demande du gouvernement, a dressé pour la première
fois la liste de tous les projets d'infrastructures figurant dans les
cartons et d'en proposer une évaluation dans un contexte de rareté
des financements publics. Tous les acteurs du développement du
territoire ont été placés devant cette réalité
: quel niveau d'ambition retenir pour concrétiser l'ensemble
des projets face à une impasse budgétaire évaluée
à 15 milliards d'euros ? Faut-il choisir de réaliser les
très grands projets d'abord ou de les lisser dans le temps ?
faut-il abandonner ou non les projets les moins rentables ? quels modes
de financement des infrastructures choisir ?
L'avis des Ponts et Chaussées. L'audit réalisé
par le Conseil général des Ponts a préconisé
de réaliser prioritairement quelques grands projets d'infrastructures
de niveau national, dont certains ont pu faire l'objet dans les années
passées de remises en cause (ainsi l'autoroute Grenoble - Sisteron)
et de repousser les projets les plus dispendieux, comme la liaison fluviale
Seine-Nord ou la ligne à grande vitesse Lyon-Turin ou certains
projets jugés non rentables, comme la mise en place de trains
à technologie pendulaire sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse
(au risque de contredire les engagements qui ont pu être pris
précédemment).
Le rapport de la Datar. Le rapport de prospective réalisé
par la Datar complète par son approche plus politique l'audit
technique du Conseil général des Ponts. Il élargit
le débat d'infrastructures à la dimension logistique dans
l'espace européen et plaide pour une meilleure utilisation des
réseaux existants. Il penche pour un scénario de découplage
entre besoins en infrastructures et taux de croissance, arguant d'un
ralentissement prévisible de la mobilité et considérant
que le réseau d'infrastructures routières a atteint sa
maturité sur l'essentiel du territoire. Il reconnaît cependant
le rôle irremplaçable de la route, même si le développement
des autres modes de transport est souhaité. Ces rapports préconisent
donc de rechercher des ressources nouvelles et, en premier lieu, la
création d'une redevance domaniale payée par les poids
lourds sur les réseaux structurants non concédés,
avec une modulation en fonction des itinéraires les plus chargés,
ce qui touche très directement l'activité des entreprises.
L'avertissement de la CRCI. La CRCI Centre, en votant une motion
lors de son Assemblée générale de février
2003, (avant même la publication des rapports au gouvernement)
avait déjà attiré l'attention sur les risques d'une
telle proposition en rappelant d'une part que les entreprises ont pour
vocation première de créer de la richesse et non de soutenir
des dispositifs financiers, d'autre part qu'il convient de mesurer attentivement
les risques d'altération de la compétitivité des
entreprises, notamment au plan européen, qui pourraient découler
de telles mesures. La clarté doit être faite sur la réalité
des concours publics apportés aux différents modes de
transport avant d'envisager une ponction supplémentaire sur la
route, laquelle contribue déjà de façon considérable
au budget de l'Etat et des collectivités locales.
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