Stratégie / Territoire


Déchetteries dépôts sous conditions

Tolérance. Les déchetteries publiques n’ont pas vocation à accueillir les déchets issus d’activités professionnelles. Cependant, certains sites sont ouverts aux déchets d’entreprises dont la nature et le volume restent assimilables à ceux des particuliers. Les autres professionnels ont en principe l’obligation de faire appel à des prestataires privés pour le traitement de leurs déchets

Déchetterie du SMICTOM du Chinonais
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Les déchetteries ont été mises en place par les collectivités publiques, depuis une dizaine d’années, pour permettre aux particuliers de se débarrasser des déchets qui ne peuvent être pris en charge dans le cadre de la collecte traditionnelle en porte-à-porte. Aujourd’hui, de nombreuses déchetteries sont gérées par des SMICTOM (Syndicats mixtes intercommunaux pour la collecte et le traitement des ordures ménagères), auxquels les communautés de communes délèguent la compétence de la collecte des déchets ménagers. En général, les SMICTOM confient l’exploitation des déchetteries à un ou plusieurs prestataires privés spécialisés dans la gestion des déchets, tels que la SITA, la société Onyx, la COVED...

Déchetterie du SMICTOM du Chinonais
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Dans la pratique, les déchetteries peuvent admettre les déchets d’entreprises assimilables à des ordures ménagères. Dans le Chinonais par exemple, les artisans, commerçants, exploitants agricoles résidant sur le territoire du SMICTOM (ou intervenant pour le compte d’un ressortissant de ce territoire) ont accès aux déchetteries, sous certaines conditions. Les dépôts ne doivent pas excéder une moyenne de 3 m3 par jour et les entreprises doivent se soumettre à une tarification particulière. Elles doivent se faire référencer en mairie et se procurer une carte d’accès spécifique à la déchetterie dont elles relèvent. La gamme des déchets acceptés est large : ferrailles, cartons d’emballages, gravats, déchets verts, D.M.S. (Déchets ménagers spéciaux) tels que les solvants, peintures, détergents, produits phytosanitaires, magazines et journaux et même du tout-venant (objets encombrants qui ne peuvent être classés dans une catégorie bien définie comme les canapés, le matériel informatique, le placoplâtre...).

Centre de tri Passenaud
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Lobby consulaire.
Depuis toujours, la Chambre de commerce et d’industrie et la Chambre de métiers cherchent à favoriser l’ouverture des déchetteries aux petites entreprises. C’est la position que les chambres consulaires ont officialisée dans le nouveau Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés. Ce document (dont la première version date de 1996) est actuellement en cours de révision. Les deux chapîtres concernant les entreprises, portant sur les DIB (Déchets industriels banals) et les déchets du B.T.P., ont d’ores et déjà été validés. Parmi les recommandations du groupe de travail sur les DIB, on peut ainsi lire : “L’accueil des déchets des professionnels en déchetterie doit faire l’objet d’une attention particulière au moment de l’élaboration des projets et d’une réflexion spécifique pour les déchetteries existantes, afin de créer des conditions d’accueil des DIB artisanaux et commerciaux, en quantité limitée et avec une éventuelle participation financière.”
Ce souhait de favoriser des exutoires de proximité, simples et pratiques d’usage, “va dans le sens d’un meilleur respect de l’environnement, explique Jean Vernat, conseiller en entreprise à la Chambre de métiers. L’objectif est d’éviter au maximum les incinérations sur sites, les enfouissements sauvages, les stockages sans précaution... Ouvrir aux artisans et commerçants l’accès aux déchetteries nous semble être une solution de bon sens. Leur refuser cette facilité, c’est favoriser indirectement ces pratiques inciviques génératrices de nuisances multiples et de pollution, dans la mesure où il n’existe pas en Touraine d’équivalent au réseau des déchetteries pour la collecte des déchets des petites entreprises.”
A cet égard, le SICTOM de La Billette (qui concerne actuellement 110 000 habitants du sud de l’agglomération tourangelle) fait figure de modèle. “En 2004, le SICTOM gèrera quatre déchetteries (La Billette - proche de Joué-lès-Tours - Saint-Avertin, Saint-Branchs et Esvres), annonce François Martres, président du syndicat. Comme cela est déjà le cas à La Billette, les artisans et commerçants y seront les bienvenus, sous certaines conditions naturellement.” Ces professionnels doivent exercer sur le territoire du SICTOM et se procurer une carte d’accès, qui leur donne droit à un crédit de dépôt limité à 5 m3. Les véhicules pénétrant dans la déchetterie ne doivent pas faire plus de 3,5 tonnes. Enfin, une facturation spécifique est prévue pour cette catégorie d’usagers.

Eric Gillet et François Martres
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Prestataires privés.
Les déchetteries des collectivités ne sauraient cependant accueillir l’ensemble des déchets produits par les entreprises. Dès lors qu’un professionnel génère plus de 1 100 litres de déchets par semaine, il a en principe l’obligation de faire appel à un prestataire de services pour en assurer la collecte. Ce prestataire doit être agréé par la préfecture : les entreprises qui prennent en charge les déchets doivent être en mesure d’en fournir la traçabilité jusqu’au stade ultime de leur traitement. “Il faut savoir que la loi de 1975 pose que le producteur de déchets en est responsable, jusqu’à leur bonne élimination finale” rappelle Eric Gillet, responsable d’exploitation pour les collectivités à la société Onyx.
Cette obligation légale, issue de la réglementation européenne, a donné naissance à un secteur d’activités nouveau et promis à un bel avenir, celui des entreprises spécialisées dans la gestion des déchets. En Touraine, trois sociétés se partagent l’essentiel de ce marché : la SITA, Onyx et la COVED. A côté de ce trio, il existe de nombreux autres prestataires privés, parfois très spécialisés dont la liste est disponible en préfecture ou aux chambres consulaires. La société Onyx, certifiée ISO 9001, propose des solutions sur mesure. Elle sous-traite la valorisation de certaines catégories de déchets, comme par exemple la ferraille. La COVED concentre son activité sur les DIB. En Touraine, elle travaille principalement sur l’axe Loches-Tours, avec des entreprises de toutes tailles. “Nous collectons tout type de déchets et en assurons le traitement complet”, précise Goery Vilair, responsable de la COVED en Touraine. Les clients de la COVED ont également la possibilité de déposer leurs déchets eux-mêmes au site de Chanceaux-près-Loches. La COVED Centre Ouest sera certifiée ISO 9000 dès l’été 2003. Son site lochois est en cours de certification ISO 14 001, gage de qualité environnementale.

La loi et son application.
La loi impose le traitement des déchets, ménagers et industriels, mais il faudra du temps pour qu’elle entre effectivement en application. En la matière, le public a pris une longueur d’avance sur le privé. Les collectivités s’organisent de mieux en mieux pour répondre aux exigences légales. La multiplication des déchetteries en témoigne. Du côté des entreprises, les situations sont très disparates. Les grosses structures ont dans leur majorité intégré les nouvelles contraintes environnementales à leur schéma de fonctionnement. Les petites entreprises faiblement productrices de déchets peuvent avoir la chance d’accéder aux déchetteries publiques. Mais pour la plupart des PME, la question du traitement des déchets demeure en suspens. La société Passenaud à Tours répond depuis un an à ce besoin avec une déchetterie réservée aux entreprises.
“Les entreprises gagneraient beaucoup à se regrouper pour gérer leurs déchets, conseille Stéphanie De Jonckeere, responsable technique au SMICTOM du Chinonais. Beaucoup d’entre elles ne savent pas assez que le traitement de leurs déchets peut constituer une source de revenus complémentaires, notamment quand ils empruntent des filières bien rodées. Le carton, par exemple, se recycle aujourd’hui très facilement...”
Pour nombre d’entreprises, assurer la gestion de ses déchets constitue au départ une contrainte lourde. Elles peuvent cependant en attendre un réel retour sur investissement, notamment en termes d’image, tant le concept d’entreprise propre est devenu un argument marketing porteur.
Maï-Anne Tran

Contacts
• CCI : Philippe Barillet (02 47 47 21 20) ou Antonin Soulard (02 47 47 20 53)
• SICTOM de La Billette : 02 47 73 72 00
• SMICTOM du Chinonais : 02 47 93 22 05
• COVED : 02 47 91 28 50
• Onyx : 02 47 37 23 26
• SITA : 02 47 35 87 87 / www.sitagroup.com
• Ets passenaud : 02 47 54 26 71