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Tourisme : Agir vaut mieux que subir

Délicate pour certains, catastrophique pour d’autres, la saison touristique 2003 s’annonce sous un jour incertain. Si le pire n’est pas sûr pour une majorité de professionnels, tous s’accordent à dire que rien n’est encore joué. Ils sont nombreux à compter sur la présence d’une clientèle française et nord-européenne toujours fidèle. Comme en 2002 ?

Domaine de la Tortinière - Photo DR

Les attentats du 11 septembre 2001 avaient suscité une légitime inquiétude sur ce que serait la saison touristique en 2002. Les chiffres présentés par l’Observatoire économique de Touraine montrent que la catastrophe attendue ne s’est pas produite. Globalement, ils confirment même le bon niveau de fréquentation des saisons précédentes ; qu’il s’agisse d’hébergement ou de visites de sites. “La défection des clients américains a été compensée par l’arrivée d’autres visiteurs étrangers, et notamment britanniques via la ligne aérienne Tours-Londres, commente Serge Babary, président du Comité départemental du Tourisme. Cette année, nous exprimons les mêmes craintes ; certains hôteliers ont quand même reçu des annulations en termes peu amènes.”
À Saint-Pierre-des-Corps, le directeur commercial d’Alphacars, spécialiste de la clientèle étrangère, s’attend à une vague de disparitions d’agences, identique à celle déjà subie en 1991. “Celles qui travaillent purement en activité réceptive vont avoir d’énormes problèmes de trésorerie, prédit Christian Lespinasse. Le fait d’avoir plusieurs cordes à notre arc est sûrement une chance.” Alphacars envisage notamment de revenir sur le marché franco-français des voyages en autocars ou encore vers le tourisme d’affaires. C’est justement sur l’activité séminaires que se positionne l’agence Privilèges de France dirigée par Philippe Jauneaud à Tours :“En dépit du contexte actuel, nous continuons à recevoir des groupes d’étrangers pour des séjours thématiques courts en château, précise-t-il. C’est notamment le cas des clients belges qui apprécient les trois étoiles de Touraine.”

Domaine de Beauvois
Photo DR

Inquiétude teintée d’optimisme. “En mars, les groupes d’Américains avaient tout annulé jusqu’à l’été, mais les individuels s’annoncent en plus grand nombre”, souligne Sébastien Renard, le nouveau directeur du Domaine de Beauvois à Luynes. En 2002, la perte de cette clientèle avait été compensée par l’arrivée des Français, permettant ainsi d’égaler le chiffre d’affaires de l’année précédente. La parade : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ; en axant par exemple la démarche commerciale vers la Russie, l’Espagne, l’Allemagne et la Grande-Bretagne.
Dans ce contexte incertain, le Domaine de la Tortinière, à Montbazon, est décidé à garder le cap, comme le confie Xavier Olivereau, son propriétaire : “Il n’y aura ni bradage de prix, ni récupération financière au détriment de la qualité”. Avec son épouse Anne, il a constaté que la clientèle étrangère est moins présente que les autres années. Néanmoins, ils ne déplorent pas d’annulation massive de la clientèle américaine ; exception faite de groupes de cyclotouristes qui espèrent pouvoir reporter leur passage à la fin de l’année. En année normale, le Domaine de la Tortinière reçoit 25 % d’Américains, 50 % de Français et 25 % de touristes d’Europe du Nord. “Et nous constatons le développement conséquent de la clientèle espagnole, forte d’un gros pouvoir d’achat”, ajoute Xavier. Outre les contrats avec des tours opérateurs et une politique commerciale visant la diversification, Xavier et Anne Olivereau peuvent compter sur le soutien des Relais du Silence. La clientèle amenée par cette chaîne européenne dont ils sont membres leur procure 25 % du chiffre d’affaires du Domaine.

Anne et Xavier Olivereau
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Les actions du CDT. “Nous bénéficions également des actions très dynamiques du Comité départemental du tourisme sous l’impulsion de son président Serge Babary, également vice-président du Conseil général en charge du tourisme”, souligne Xavier Olivereau. Le travail énergique mené par son directeur Frank Artiges et son équipe est sans doute pour beaucoup dans les résultats constatés en 2002 : les étrangers ont assuré 38 % de la fréquentation hôtelière, 50 % des arrivées dans les campings et 33 % des nuitées en gîte ; les plus fidèles venant d’Europe du Nord. “Nous poursuivons sur la lancée des actions annoncées l’an passé lors de la première Convention du tourisme, argumente Frank Artiges. Elles visent toutes à souder la communauté des acteurs de cette filière professionnelle, qu’il s’agisse de promotion, notamment en direction de l’Angleterre avec Ryanair, d’homogénéisation de la qualité, de la qualification de l’offre, d’animation avec l’opération Jour de Loire, un événement emblématique, ou Sur la piste de l’enfant roy, ou encore de l’extranet tour@infopro.com auquel se sont déjà inscrits cinq cents acteurs du tourisme en Touraine...”

Dominique Tremblay
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Dans ce contexte, le label Val de Loire, patrimoine mondial de l’humanité, vient encourager les efforts menés depuis de longues années. Bien sûr, il est encore trop tôt pour mesurer l’impact du classement effectué par l’Unesco en novembre 2000. “C’est une formidable opportunité de construire un projet de valorisation durable, souligne Dominique Tremblay, directeur de la Mission Val de Loire qui siège à Tours. Nous sommes là pour animer, déléguer, et faire travailler les gens ensemble.” Un cahier des charges d’utilisation du label de l’Unesco a vu le jour il y a quelques semaines. Porteur d’une image de qualité, il pourra être utilisé par les professionnels, les communes, les institutions suivant des critères stricts. L’objectif : promouvoir, protéger et valoriser notre patrimoine. Plusieurs chantiers sont déjà engagés pour la période 2003-2004 : étude de l’impact visuel de la publicité, mise en lumière de la Loire, mise en réseaux des acteurs, plate-forme de communication commune, amélioration de la qualité de l’accueil, etc. Un chantier qui va pouvoir se compter en années...

Les chiffres de 2002 confirment le bon niveau de fréquentation des saisons précédentes, qu’il s’agisse d’hébergement ou de visites de sites. Les clients les plus fidèles viennent d’Europe du Nord.


 
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