A dire d'expert


Energie :
le marché s’ouvre à la concurrence

Les plus grosses entreprises industrielles françaises peuvent désormais faire jouer la concurrence pour choisir leur fournisseur d’électricité. Il en sera bientôt de même pour le gaz.

Photo : Droits Réservés

Charles Quérol
Chef de la division
technique, industrielle
et énergie de la DRIRE
L’adoption de la “loi électrique” du 10 février 2000 est le fruit d’un long processus, qu’une directive européenne concernant “des règles communes pour le marché de l’électricité” a officiellement initié fin 1996. Il aura fallu plus de trois ans de débats pour parvenir enfin à la signature de la loi française “relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité”.

Un tiers du marché concerné

Pour le moment, l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité est réservée aux seuls clients que la loi a définis comme “clients éligibles”. Il s’agit des entreprises consommant plus de 16 gigawatts par heure. On en dénombre environ 1 280 en France. Ce sont les plus grosses entreprises industrielles. Elles occupent le tiers du marché de l’électricité. Un prochain décret devrait abaisser le seuil d’éligibilité à 9 gigawatts par heure. On estime que 2 200 à 2 500 sites pourraient être concernés par cette nouvelle mesure.
Ce décret est attendu car il permettrait aux intéressés de réaliser des économies significatives et de gagner en compétitivité. Chez certains gros consommateurs, la facture d’énergie représente jusqu’à 10 à 20 % des charges. A ce niveau de consommation, le gain d’un seul point devient économiquement très intéressant.

Un gestionnaire de réseau

L’ouverture du marché signifie qu’il est désormais possible d’acheter l’électricité à des producteurs situés le plus souvent à l’étranger. La loi a prévu la création d’un gestionnaire indépendant, nommé RTE (Réseau de transport de l’électricité) pour l’acheminement de l’électricité ainsi produite. Aux côtés d’EDF, RTE est chargé d’assurer le transit de l’électricité par ses lignes, moyennant en quelque sorte un droit de péage.

Des garde-fous

La loi électrique du 10 février 2000 s’ouvre sur un titre 1 consacré au service public de l’électricité. Elle réaffirme le principe du droit à l’électricité pour les clients non éligibles, ainsi que pour les personnes en situation de précarité. Pour ces clients, EDF est désigné comme l’opérateur chargé d’assurer un service public de fourniture d’électricité.
En outre, la loi crée la Commission de régulation de l’électricité (CRE), structure administrative indépendante chargée des aspects concurrentiels, du bon fonctionnement du système électrique, notamment des questions d’accès aux réseaux.

Evolutions à venir

Une nouvelle directive européenne est en préparation, qui devrait élargir l’ouverture du marché de l’électricité à tous les professionnels en 2003, tandis que l’ouverture totale du marché est prévue en 2005. Le marché du gaz devrait connaître une évolution similaire à celle du marché de l’électricité, comme l’indique une directive, qui attend d’être retranscrite en droit français. Un projet de loi est annoncé pour début 2003. Le seuil d’éligibilité permettant de choisir son propre fournisseur devrait être fixé à 25 millions de m3 de gaz par an.

Contact :

Charles Quérol : 02 38 41 76 60
charles.querol@industrie.gouv.fr

Pour plus d’informations :
www.minefi.gouv.fr
www.industrie.gouv.fr/energie
www.cre.fr
www.centre.drire.gouv.fr

Propos recueillis par Maï-Anne TRAN