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Le travail en temps partagé est désormais entré dans les moeurs des entreprises

Travailler
en toute liberté

Des formes nouvelles d’emploi se répandent, qui permettent aux entreprises d’acheter des compétences sans passer par le contrat de travail salarié, pris en charge par une société de portage salarial ou un groupement d’employeurs

Photo : Maï-Anne Tran

Depuis 1999, cent cinquante
entreprises de Touraine ont eu recours
aux services du groupement d’employeurs
Isocel, que dirige Didier De Bus.
De plus en plus d’entreprises ont besoin de s’adjoindre au coup par coup des compétences externes mais ne souhaitent pas salarier les intervenants auxquels elle font appel. De leur côté, les personnes susceptibles de vendre ainsi leurs compétences sont de plus en plus nombreuses à vouloir le faire sans pour autant se mettre à leur compte...

C’est dans ce contexte qu’a germé la formule du portage salarial dans le courant des années 90, qui permet d’exercer une activité professionnelle comme intervenant autonome, sous statut salarié (pour des missions d’audit, de conseil, d’expertise ou de formation). Toutes les sociétés de portage fonctionnent selon le même schéma. Une personne (généralement un consultant) signe un CDI à temps partiel avec une société de portage, dont elle devient salariée. Chaque fois que le consultant effectue une prestation pour le compte d’une entreprise cliente, la société de portage facture à celle-ci les honoraires correspondants, avant de les rétrocéder au consultant, après déduction des cotisations sociales (salariales et patronales) ainsi que d’une commission, de 10 à 12 % selon le volume d’activité.

Salariés du troisième type

Ainsi est né en 1996 l’Institut du temps géré (ITG), aujourd’hui numéro un des sociétés de portage, avec plus de 1 000 salariés (45 en Val de Loire) et un chiffre d’affaires supérieur à 15 millions d’euros en 2001. Le groupe ITG est l’un des membres fondateurs du Syndicat des entreprises de portage salarial (SEPS), qui réunit une dizaine de sociétés autour d’une charte de déontologie. Depuis le printemps dernier, ITG est représenté dans le Val de Loire par Didier Olivry. “Mon rôle consiste à accueillir les futurs consultants ITG, en les aidant à définir leur expertise et à négocier au mieux leurs propositions” explique-t-il. Le groupe ITG a d’ailleurs prévu d’organiser régulièrement des sessions d’initiation au métier de consultant autonome, à la Chambre de commerce et d’industrie, notamment.

Jocelyne Faussemagne, consultante en logistique pour des entreprises industrielles, salariée d’ITG depuis un an, dresse un bilan très positif de son expérience. “J’avais résolu de monter mon propre cabinet quand j’ai découvert la solution du portage salarial. J’apprécie beaucoup d’être dégagée de tout souci d’ordre administratif et comptable ; cela me permet de me consacrer uniquement à mon métier. Vis-à-vis de mes clients, je suis “consultante ITG” et cette étiquette m’apporte un surcroît de légitimité. C’est aussi un moyen d’échapper à la solitude qui guette tout entrepreneur individuel. Des rencontres sont organisées par le groupe ITG pour permettre aux consultants de se connaître et d’échanger. Ce peut être l’opportunité de proposer à nos clients des solutions plus larges que celles que l’on peut leur apporter individuellement.”

Du côté des recruteurs

Le passage par des missions temporaires répétées s’avère fréquemment être un excellent moyen de repérer un futur collaborateur. C’est un confort qu’une entreprise peut également s’offrir en devenant membre de l’un des sept groupements d’employeurs Isocel d’Indre-et-Loire. Les entreprises qui adhèrent à ces associations loi 1901 ont en commun le besoin de recourir à un volant de personnel à temps partiel. Le groupement d’employeurs centralise ces besoins, trouve le personnel compétent pour y répondre, l’embauche en CDI et le met à la disposition des entreprises adhérentes, auxquelles il facture les prestations effectuées pour leur compte.

Jean-François Gourreau, directeur de Techni-murs 37 et adhérent d’Isocel 37, témoigne : “Il y a un an, j’avais besoin de recruter une secrétaire commerciale à mi-temps. Je me suis adressé à Didier De Bus, le directeur d’Isocel, qui m’a très vite présenté Françoise Jourdan. Elle travaille maintenant à temps plein et, à terme, elle pourra - si elle le désire - intégrer l’entreprise.” Une satisfaction que partage l’intéressée, qui ajoute : “Le fait d’être embauchée d’emblée en CDI m’a permis de m’impliquer en toute sérénité dans mon nouvel emploi.” L’intégration s’est opérée d’autant plus facile-ment que Didier De Bus s’est chargé de lui assurer, pendant sa période d’essai, le complément de formation qui lui manquait pour assumer ses fonctions. “Les entreprises membres d’Isocel bénéficient des compétences de salariés à temps plein, alors qu’ils n’y travaillent pour la plupart qu’à mi-temps” conclut Didier De Bus.

Originellement destiné aux entreprises artisanales, Isocel élargit actuellement son spectre d’intervention avec Isocel 37, groupement réservé aux entreprises hors artisanat. Dernière initiative en date, qui devrait intéresser au premier plan les entreprises de transport : Isocel s’apprête à mettre à leur disposition le personnel compétent pour remplacer les salariés qui, dans ce secteur, ont l’obligation légale de partir en formation une semaine par an.

Depuis sa création en mars 1999, Isocel a été choisi par 150 entreprises de Touraine.

Maï-Anne TRAN

Une adresse à Tours


Photo : Droits Réservés

En Touraine, Gabriel de Peyrelongue (à droite),
par ailleurs créateur d’Atlas Interim,
et Eric Marois viennent de lancer une société de portage salarial.

“maïa services” est une société de portage salarial nouvellement apparue dans le paysage tourangeau. Créée par deux professionnels du conseil et de l’emploi, Eric Marois et Gabriel de Peyrelongue, elle a vocation à héberger administrativement la facturation de prestations relevant du domaine du conseil, principalement en matière de ressources humaines. “maïa services” s’adresse notamment à des personnes qui ont l’intention de créer leur entreprise mais qui hésitent à franchir le pas sans s’être assurées au préalable de la viabilité de leur projet” explique Gabriel de Peyrelongue.

maïa services : 06 13 59 80 64 ou 02 47 49 89 29