Solutions


Exporter n’est pas simple, mais les aides sont précieuses. L’aventure vaut d’être tentée.

Export :
mode d’emploi

Un nombre croissant de PME se lancent avec succès dans l’export. Pour s’inscrire dans la mondialisation des échanges, il est nécessaire de maîtriser quelques outils et, surtout, de savoir s’entourer de professionnels compétents.


www.touraine.cci.fr :
toutes les informations pour bien exporter sont
accessibles sur le site de la CCI de Touraine.

L’exportation permet dans bien des cas de s’affranchir d’un marché national saturé. Guy Barlow, gérant de la Sarl LCD Concept (conception et réalisation de tout matériel de bien-être, deuxième fabricant français de fauteuils roulants), témoigne : “Le marché français n’est pas assez porteur. Le secteur du matériel médical souffre d’une réglementation excessivement rigoureuse, en France comme dans tous les pays de l’Union Européenne... C’est pourquoi il est devenu vital dans notre profession de vendre nos produits sur d’autres marchés.”

Un forum Export

Depuis 1999, les partenaires institutionnels des acteurs économiques tourangeaux ont décidé de coordonner leurs actions en faveur du développement international des entreprises dans le cadre de la Charte Export. La CCI de Touraine, le Conseil général, la Chambre de métiers et l’association Touraine Export, rejoints par la région Centre et la Chambre d’agriculture, se sont ainsi engagés à renouveler tous les six mois un programme d’actions unique. La Charte Export organise par exemple des missions de prospection commerciale (en préparation notamment à la CCI, une mission découverte, en Chine, au cours du premier semestre 2003). Sur place, les organisateurs de la mission assurent une assistance permanente auprès des participants. Or, “on a grand besoin, quand on débute à l’export, de s’entourer de conseils” assure Anne Mountels, assistante export chez Socona (fabricant d’accessoires pour portes et fenêtres, au CA de 1,5 million d’euros dont 10 % à l’export).

Des journées de formation aux techniques spécifiques du commerce international sont également proposées. “Grâce à une formation dispensée à la CCI, j’ai été initiée à la pratique des incoterms”, poursuit Anne Mountels. Sur le thème du transport et de la logistique, rendez-vous le 22 novembre 2002 au deuxième Forum Export de la Touraine, organisé dans le cadre du salon Décideurs et Perspectives au centre de congrès Vinci, à Tours. Au programme : conférences, ateliers pratiques, rencontres avec des opérateurs.

Les aides possibles

Parmi les outils d’aide à l’exportation figurent notam-ment le FRAEX (Fonds régional d’aide à l’exportation) et le CORDEX (Contrat régional de développement à l’exportation). Le FRAEX est une subvention destinée à couvrir une partie des frais liés au développement international d’une entreprise (déplacements, recrutement, etc). “Le FRAEX couvre la moitié des frais que LCD Concept a engagés pour réaliser un catalogue en anglais, financer des voyages, atteste Guy Barlow. Quant au CORDEX, nous verrons dans un deuxième temps s’il est opportun de demander à en bénéficier.” Pour se voir attribuer le CORDEX - qui se présente sous la forme d’une avance remboursable - une entreprise doit en effet avoir auparavant élaboré une véritable stratégie export sur trois ans, susceptible de bénéficier d’une assurance prospection de la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur). La société Socona a opté en 2002 pour le CORDEX et ne le regrette pas : “Ce prêt à taux zéro constitue une aide fabuleuse pour financer tous nos déplacements à l’étranger, affirme Anne Mountels. Socona a participé cette année à une mission CCI à Dubai qui nous a permis de trouver un nouveau client. En octobre, nous nous rendons pour la première fois à Ferroforma, le salon de la quincaillerie de Bilbao...”

Un exportateur a en outre tout intérêt à effectuer auprès de la Coface les démarches nécessaires pour obtenir une “assurance prospection”. Il s’agit d’un contrat par lequel l’entreprise s’assure la prise en charge d’une partie des frais liés à la prospection d’un marché étranger (près de 65 %), au cas où ceux-ci ne seraient pas amortis par les recettes à l’export sur la zone garantie.

Moyens de paiement


Comment s’y retrouver ?

Il est tout d’abord fortement déconseillé d’accepter un paiement par chèque, qui correspond souvent à l’étranger à une simple intention de payer” explique Philippe Guignard, responsable du développement international au Crédit Agricole Touraine Poitou. La première précaution à prendre consiste à s’informer sur l’acheteur, auprès d’organismes spécialisés (la Coface peut assurer ce type d’étude). Votre client a priori solvable, vous décidez de lui faire confiance ou vous estimez avoir besoin d’une garantie.

Dans la première hypothèse, vous disposez de deux moyens de paiement. Le virement international est le plus simple, le plus rapide et le moins coûteux. Il présente cependant l’inconvénient pour le vendeur de n’avoir aucune maîtrise de sa date d’exécution. Seconde possibilité : l’acheteur remet au vendeur un effet de commerce qui précise l’échéance de l’encaissement.

Dans l’hypothèse où il apparaît judicieux de s’entourer de garanties, il existe deux autres moyens de paiement, qui reposent sur le schéma de la remise documentaire. Le vendeur expédie la marchandise à l’acheteur puis remet à sa banque les documents qui y ont trait (documents de transport, factures, etc.). La banque du vendeur donne alors mandat à la banque de l’acheteur de remettre ces documents à son client contre paiement de la marchandise. Le crédit documentaire, technique phare pour le grand export, complète le dispositif de la remise documentaire par une garantie bancaire (la banque de l’acheteur s’engage à payer le vendeur contre la remise des documents liés à l’expédition).

“Dans tous les cas, prenez conseil auprès de votre banque qui vous orientera vers les solutions les plus adaptées au profil de vos exportations” conclut Philippe Guignard.


Export :

“La seule solution, c’est d’y aller”

Pour Arnault Brédif, directeur commercial d’Outillage Progress, c’est à l’évidence à l’export que l’on peut aujourd’hui gagner de nouvelles parts de marché. Outillage Progress (50 personnes, pour un chiffre d’affaires d’environ 3,5 millions d’euros) est une fonderie sous pression zamak (alliage de zinc) qui comporte deux départements, l’un dédié à la sous-traitance industrielle, l’autre à la quincaillerie. L’entreprise exporte essentiellement des produits de quincaillerie, à destination de l’Europe communautaire. Elle réalise près de 20 % de son chiffre d’affaires à l’export. Son principal outil : les “missions économiques” (ex-Postes d’expansion économiques). “Nous précisons au maximum la cible recherchée et les missions économiques prospectent pour notre compte le marché local, explique Arnault Brédif. Ce travail préalable étant effectué, je me rends ensuite sur place pour conclure de nouveaux marchés. La seule manière de développer ses affaires à l’étranger, c’est d’y aller. Mon but est simple : trouver un client grossiste d’envergure nationale, ou au minimum régionale, par pays.”

Success story

Depuis une dizaine d’années, la société Delta Informatique conçoit et réalise des progiciels de gestion, pour la banque (85 % de son activité) et les ressources humaines. Il s’agit donc de logiciels standard, pouvant être adaptés aux besoins d’utilisateurs de culture et de nationalité différentes. “Nous avons vocation à exporter parce que nos produits intéressent surtout des établissements bancaires de petit ou moyen gabarit, qui ne sont pas plus de quelques dizaines par pays, explique Claude Delage, Pdg de la société (CA de 13,5 millions d’euros, dont 95 % à l’export). Aujourd’hui, 95 banques utilisent nos progiciels, dans 25 pays, en Espagne, à Chypre, au Maroc, en Algérie et beaucoup en Afrique noire francophone. Dans cette zone, tout a commencé avec le groupe Paribas, au Cameroun et au Gabon. Après, les pays frontaliers ont suivi et nos clients sont venus à nous sans que nous ayons à les solliciter.” Une stratégie que Delta Informatique poursuit actuellement en direction de l’Afrique anglophone et du Proche et Moyen Orient, avant de prospecter en Europe de l’Est à l’horizon 2003 / 2004. Quant aux difficultés rencontrées sur la voie de l’export, elles ont surtout été d’ordre financier, quand la société s’est attaquée à des établissements bancaires de plus de cent agences. “Nous avons alors investi dans des proportions supérieures à nos capacités mais nous misions beaucoup sur le passage à l’an 2000 pour élargir notre clientèle”. Pari gagné pour Claude Delage.

Maï-Anne TRAN

CONTACTS


Fonderie sous pression zamak, la société Outillage Progress recherche ses clients étrangers par l’intermédiaire des missions économiques locales avant de se rendre sur place pour conclure.

Entreprises citées LCD Concept : 02 47 48 15 97
Socona : 02 47 53 70 11
Outillage Progress : 02 47 57 15 01
Delta Informatique : 02 47 29 48 20

Organismes à contacter

czuber@touraine.cci.fr
ecoexport@cr-centre.fr
orleans@dree.org
www.commerce-exterieur.gouv.fr
www.coface.fr

Charte Export

le calendrier des rencontres et missions de prospection est disponible sur www.touraine.cci.fr





L’Australie

Deux étudiants de l’ESCEM, Maryne Dumaine et Reynald Stevens, proposent de prospecter le marché australien pour le compte d’entreprises tourangelles. Aux portes de la zone Asie Pacifique, c’est un marché fortement importateur, très friand de nouveautés. Les importations françaises génèrent d’ailleurs près de 1,15 milliard d’euros. “Dans un premier temps, nous réalisons une étude préliminaire sans engagement de la part de nos commanditaires, expliquent les deux associés. Nous sommes en mesure de fournir des études de marché et de développement produit, de démarcher les distributeurs australiens. Nous avons du temps, nous sommes flexibles et nos tarifs sont très abordables...”

Contact : mdumaine@escem.fr
rstevens@escem.fr


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