Hommage


Jean Diot : un grand président

L’homme qui s’en est allé aux premiers jours de juin fut le président de la CCI du 3 juin 1958 au 31 décembre 1970. Il fut aussi le président et l’administrateur de bien d’autres organismes. On le savait peu, l’homme était discret. Il n’en a pas moins accompli de grandes choses.
Jean Diot naît à Agen le 10 mai 1918. Après ses études secondaires à Montauban, où il se mariera en 1941, il entre dans le grand magasin qu’administre son père, les Nouvelles Galeries. Les vicissitudes de la vie d’entreprise le conduisent à quitter les bords de la Garonne pour rejoindre ceux de la Loire et il ouvre en 1943 un commerce de jouets et bimbeloterie en gros et détail, à Tours, au 71 de la rue du Commerce. La vague remuante des petits commerçants de l’époque le conduit à la CCI où il entre en décembre 1957. La démission de Lucien Coldefy, pour raison de santé, porte Jean Diot à la présidence, le 3 juin suivant, quarante-quatre ans jour pour jour avant son décès. Il est en 1958 un véritable espoir pour le petit commerce.

Une forte empreinte sur l’industrie

1946 : la grande zone industrielle dont tout le monde sait qu’elle ne peut se réaliser qu’à Saint-Pierre-des-Corps, est un serpent de mer. Le projet piétine : on voudrait que la CCI en assume le financement, sans garantie, alors que des industriels, à la Chambre, sont réticents... Jean Diot arrive à la présidence au moment où l’Etat lui apporte les assurances attendues et l’autorise à emprunter pour créer, de 1960 à 1963, une première zone de trente-cinq hectares, suivie d’une deuxième, de même importance sur St-Pierre et la Ville-aux-Dames. Comme deux autres présidents, Jean Diot est aviateur. On peut comprendre toute l’énergie qu’il met à créer à Tours un véritable aéroport. La belle aérogare de Parçay, détruite par les Allemands en 1941, devient celle de Tours-Saint-Symphorien, pourtant reconstruite à partir de 1957 à... Sainte-Radegonde. Le Président Diot mène un vrai combat pour obtenir le financement de la nouvelle aérogare et, en avril 1959, la concession d’exploitation de l’aéroport.

Le sens du service

En 1961, Jean Diot lance la “Revue officielle de la CCI de Tours et d’Indre-et-Loire”, trimestrielle. La publication devient mensuelle en 1968, sous la forme d’un journal, “La Touraine Economique”. En 1972, Robert Frémont, son successeur à la présidence, transformera ce journal en magazine sous le nom qu’on lui connaît depuis trente ans, “Touraine Economique”. Jean Diot est aussi le premier président qui crée pour les ressortissants de la Chambre des services d’assistance technique à l’intention des commerçants pour la création et le soutien juridique de leur entreprise, et des industriels dans le domaine de l’exportation.

Larges responsabilités

Lorsque la Chambre régionale prend son essor, en 1968, Jean Diot en devient le président jusqu’en 1973. En février 1970, il est élu vice-président secrétaire de l’Assemblée permanente des Chambres de commerce et d’industrie. En liaison avec ses activités consulaires, il est le rapporteur du budget au Comité économique et social de la région Centre et préside la Société régionale de financement du Centre. Préoccupé par la défense des intérêts des usagers des services publics, il est amené à présider l’association nationale des Abonnés au téléphone. Soucieux des retraites des commerçants, juste après son départ de la CCI, il prend la présidence de la Caisse interprofessionnelle des retraités du commerce et de l’industrie. En 1977, il devient président de la Caisse d’Epargne. Son dernier mandat le mènera, de 1975 à 1998, à la vice-présidence du Conseil d’administration des Mutuelles des Provinces de France. Dans le cadre de ses activités professionnelles, Jean Diot fut encore administrateur de sociétés, en particulier des Frigorifiques du Val de Loire. Chevalier de la Légion d’honneur, Jean Diot laissera le souvenir d’un personnage discret, humain, affable et sensible. Disant franchement et avec courtoisie ce qui lui tenait à coeur, il n’aimait pas discourir, laissant ce plaisir à d’autres qu’il écoutait avec un profond respect.

Jean-François BARCAT