Territoires
Un bassin demploi ne correspond pas toujours à un bassin de vie.
Déplacements :
le grand écartOn se déplace pour aller travailler, mais on utilise les services de son lieu de vie : le phénomène samplifie. Cette constatation, établie à partir de létude des flux domicile-travail, fait tomber des certitudes. Ce qui peut amener à réviser certaines idées sur laménagement du territoire. En Touraine, les bassins demploi ne correspondent pas aux bassins de vie. Cette observation est riche denseignements. Lheure est en effet à la préparation de documents de planification locale : SCOT (schémas de cohérence territoriale) et contrats territoriaux de ville, dagglomération et de pays. Les données nouvelles sur les flux domicile-travail devraient permettre aux responsables locaux de faire des choix daménagement du territoire, à moyen et long termes, et de définir les politiques daccueil dentreprises, de logement ou dimplantation déquipements, dinfrastructures ou de services.
Cette étude résulte de lexploitation du recensement de 1999 par lINSEE. La contribution de la Direction départementale de lEquipement et de lAgence durbanisme de lagglomération a permis de publier à la fin de 2001 un rapport intitulé Portrait de laire urbaine de Tours et qui traite, en particulier, du déplacement des personnes. Les données sur les flux domicile-travail pour lensemble du département, fournies par lObservatoire économique de Touraine, complètent linformation, soulignant une progression notable de la migration hors département.
Agglomération
Les migrations conditionnent les équipementsOn ne vit pas où lon travaille
Depuis 1982, deux tendances se dessinent très nettement : dune part, la mobilité augmente fortement, liée à une séparation de plus en plus importante entre lieu de résidence et lieu demploi. Ainsi la majeure partie des communes de laire urbaine de Tours (73 sur 80) voit-elle plus de 70 % de ses actifs travailler dans une autre commune. Ces communes nétaient que 10 en 1982. Dautre part, en 1999, 49 communes dIndre-et-Loire ont envoyé plus de 40 % de leurs actifs dans les sept communes du noyau urbain de Tours contre 43 en 1990 et 33 en 1982. Il faut dire que laire urbaine tourangelle concentre plus de 70 % des emplois du département. Près de la moitié de ces emplois est localisée dans la ville de Tours et plus de trois sur quatre sont dans le noyau urbain. Seules douze autres communes de laire urbaine ont plus de 1 000 emplois. Elles sont limitrophes du noyau urbain. Et aussi placées sur les principales voies daccès à lagglomération, canalisées, de plus, par les ruptures naturelles que sont les rivières.
Laxe ligérien mène à Tours
Le rapport de lINSEE souligne également limportance des échanges quotidiens de lagglomération tourangelle vers les aires urbaines de laxe ligérien, notamment vers Amboise, Blois et Orléans. Lautoroute A 10 et la desserte ferroviaire y contribuent largement. Les échanges sont moindres avec Angers, Nantes et Saumur, mais lA 85 pourrait augmenter les flux. Cependant, si les échanges internes à laire urbaine de Tours sont majoritaires, entre 1990 et 1999 ils tendent à diminuer au profit des déplacements externes : Sur cette période, les aires urbaines avec lesquelles les relations se sont le plus développées sont Amboise, Orléans, Châtellerault et Poitiers. Celles pour lesquelles laugmentation des entrées vers laire urbaine de Tours a été supérieure à celle des sorties appartiennent toutes à laxe ligérien. Il sagit dOrléans, de Blois, Nantes et Saumur. Par contre, les sorties de laire urbaine de Tours vers lIle-de-France sont supérieures aux entrées : 2 576 contre 629, soit un rapport de 1 à 4 en 1999, souligne létude dont les responsables concluent : Lévolution des migrations domicile-travail est un élément descriptif des phénomènes de polarisation des territoires et du fonctionnement global dune agglomération. Les caractéristiques des migrations alternantes ont des conséquences sur les autres déplacements : le mode utilisé pour se rendre au travail est souvent celui qui sert pour les autres motifs ; quant à litinéraire choisi entre le domicile et le travail, il conditionne largement la fréquentation des équipements et commerces.
Touraine
Les infrastructures créent les fluxLa tentation extérieure
LIle-de-France attire de plus en plus : en 1999, sur 14 242 personnes qui ont quitté chaque jour la Touraine pour aller travailler ailleurs en France, 3403 lont fait pour lIle-de-France, soit 24 %. La progression par rapport à 1990 est notable : + 19 %. A linverse, sur 10 069 à venir chaque jour dun autre département pour travailler en Touraine, ils sont seulement 7 % dIle-de-France (mais 30 % de plus quen 1990). Seconde destination en vogue : 20 % de Tourangeaux qui travaillent dans un autre département choisissent de travailler en Loir-et-Cher (+ 52 % par rapport à 1990), mais la Touraine attire 24 % des habitants de Loir-et-Cher qui ont un emploi en dehors de leur département (+ 56 % par rapport à 1990 !). La Vienne vient en troisième position dans les deux sens, mais il vient en Touraine plus dhabitants (20 % des migrants, + 16 % par rapport à 1990) quil nen part chaque jour pour la Vienne (14 % des migrants seulement, cependant en augmentation de 43 % par rapport à 1990). Les échanges entre la Touraine et les autres départements voisins séquilibrent. La Sarthe est toutefois nettement plus attractive quen 1990 (+ 65 % de migrants vers la Touraine) mais ne représente que 5 % des sorties ; le Maine-et-Loire aussi (+ 62 % ; 7 % des sorties), la Vienne également (+ 43 % ; 14 % des sorties). Sur lensemble des migrations domicile-travail, les sorties de Touraine marquent une progression de 36 % du total des migrations et les entrées progressent de 28 %. Il sort donc de Touraine davantage de personnes quil nen entre : le solde est négatif (- 4 173).
Les cantons qui séduisent
Qui va où ? En tête du tableau, Tours et Chambray-lès-Tours attirent pour y travailler près de 50 % des personnes extérieures à lagglomération, alors que près de 14 % de Tourangeaux partent chaque jour travailler à lextérieur de lagglomération. En bas de la liste, 14 personnes extérieures au canton du Grand-Pressigny viennent y travailler chaque jour, alors quils sont 74 de ce canton à le quitter pour aller travailler ailleurs. Entre ces deux pôles, extrêmes à plusieurs égards, pas de surprise dans les cantons ruraux de Touraine.
Odile MENARD
Sources : - INSEE, DDE, Portrait de laire Urbaine de Tours, Décembre 2001 - Observatoire économique de Touraine.
Chiffres
Trafic ferroviaire : en 2000, le trafic en gare de Tours (montées/descentes) était de 7 200 voyageurs quotidiens. En gare de Saint-Pierre, il était de 4 800. Ces dernières années, le trafic progresse en moyenne annuelle de 8 %. Dans laire urbaine de Tours entre 1984 et 1996, la marche à pied est passée de 31 % à 20 % et le vélo de 7,3 % à moins de 4 %. De 1984 à 1996, la part des déplacements effectués en voiture dans lagglomération est passée de 49 % à plus de 60 % (évolution similaire à celles de nombreuses autres agglomérations en France, mais plus rapide depuis 1988). La part des transports collectifs a progressé de 4,5 points, atteignant près de 12 % des déplacements en 1996. En 1999 dans laire urbaine, 80 % des ménages possèdent au moins une voiture. A Tours, ils sont moins de 70 %. Dans la banlieue, ils sont 87 %. Dans la couronne périurbaine, ils sont 90 %. Le nombre de voitures par ménage augmente en séloignant de Tours : plus de 50 % des ménages ont au moins deux voitures dans la couronne périurbaine, contre 15 % à Tours et 38,3 % en banlieue. Modes de déplacement dans lagglomération : 70 % des personnes utilisent une voiture pour aller travailler, 80 % pour se rendre dans les grandes surfaces. 38 % vont à pied pour se rendre dans les commerces traditionnels. Le bus concerne essentiellement les déplacements vers lécole (30%).