Des marchés et des hommes


La profession se donne les moyens de dynamiser le marché

Vins :
parlons-en !

Premier producteur et premier exportateur de vin au monde, la viticulture française s’inquiète de l’arrivée en force de nouveaux pays producteurs sur le marché. Tout auréolée de l’image de ses grands crus, la Touraine n’échappe pas à ce mouvement de mondialisation.

Acteur économique de poids avec 750 000 hl de vins produits sur 15 000 ha, le vignoble tourangeau fait partie du troisième vignoble de France : les vins du Val de Loire. “Le marché qui se caractérisait par une consommation de «vin boisson» a cédé la place au «vin plaisir» : de 160 litres de vin bus par an en 1965, on est à moins de 58 litres aujourd’hui en France !” rappelle Philippe Brisebarre, président du bureau des Vins de la Touraine et de l’AOC Vouvray. “La nouvelle génération de viticulteurs a compris que les consommateurs avaient opté définitivement pour la qualité au détriment du volume. Pour la première fois en 1999, la production d’AOC a dépassé celle des vins de table et de pays”. Cependant Philippe Brisebarre s’inquiète : “L’Europe, qui représente les trois quarts de la consommation dans le monde, est la cible privilégiée des grands négociants internationaux. Il faut être conscient de la menace que constitue la progression en qualité des vins étrangers venus des pays de tradition et du nouveau monde. Devant cette montée des périls, les viticulteurs tourangeaux disposent d’atouts formidables pour faire face : la diversité des sols, la douceur du climat et les cépages les mieux adaptés font l’originalité des vins de Loire. Cette spécificité sera toujours notre chance si nous savons nous adapter aux nouvelles conditions du marché : avoir les structures suffisantes pour développer une politique de marque et s’imposer à l’international”. C’est donc aux vins d’appellation de se battre !

Rassembler les acteurs

Les acteurs de la filière sont rassemblés au sein de l’interprofession des vins du Val de Loire, Interloire, qui couvre le bassin de production d’Anjou, Saumur et de Touraine. Le collège comprend dix vignerons et dix négociants. Ses deux bureaux, à Angers et à Tours, offrent une large palette de services : technique (programmes de recherche sur la qualité des vins, maturité des raisins, typicité des terroirs...), marketing (suivi des marchés, panel restauration, observatoire économique, base de données...), communication média et hors-média, maisons des vins, écoles des vins, export... Au total, 22 personnes y travaillent. Jean-Pierre Gouvazé, délégué régional, pilote le bureau des Vins de la Touraine : “Nous constituons une cellule permanente au coeur du vin avec des spécialistes de la communication. Nos missions : communiquer en menant des actions locales. Par exemple, l’opération “Vouvray à Paris” avec la présence du meilleur sommelier 2 000 du monde et la dégustation de millésimes par des journalistes français et internationaux, ou celle de Bourgueil faisant appel au talent d’un dessinateur de presse, l’opération Touraine Primeur...” Par ailleurs, Interloire co-organise le très important Salon des Vins de Loire à Angers, présidé depuis 2001 par le tourangeau Pierre Chainier.

- Président Interloire : Marc Morgat
- Président du bureau des Vins de la Touraine : Philippe Brisebarre
- Contact : 02 47 60 55 10
Email : touraine@interloire.com
www.interloire.com

AB



Appellations
Jouer la qualité et la notoriété

Les AOC sont nombreuses en Touraine. Les présidents des dix appellations que compte l’Indre-et-Loire résument leur position sur le marché.

Jacques Dutertre :
“L’évolution du Crémant de Loire est lente mais constante. Les producteurs et les négociants se regroupent pour être dorénavant présents en grande distribution”.

Alain Godeau :
“Nos vins Touraine sont appréciés en restauration traditionnelle pour leur fruit et leur fraîcheur. Nous poursuivons nos efforts pour exporter vers l’Europe du Nord”.

Philippe Boucard :
“Nous devons avoir une AOC Bourgueil irréprochable car c’est une qualité haut de gamme qui permettra de contrer la concurrence”.

Jean-Marc Manceau :
“Notre point faible sur le chinon est la communication et nous avons intérêt à nous faire davantage connaître”.

Pascal Pilabeau :
“Touraine Azay-le-Rideau est une petite appellation qui doit se fédérer pour mener les actions indispensables à sa pérennité”.

Francis Jamet :
“Saint-Nicolas-de-Bourgueil : peu de stock, une demande forte et des prix raisonnables. Nous appelons de nos voeux une réglementation pas trop draconienne pour éviter une augmentation de nos coûts de production”.

Pascal Berthelot :
“Nous travaillons sans l’aide des négociants pour Montlouis : un problème pour l’avenir. Nous avons besoin d’être mieux connus et de mettre notre terroir en avant”.

Bernard Blondeau :
“Les débouchés à l’export de Noble Joué sont très faibles. Mais la qualité de notre appellation est le meilleur moyen de progresser”.

Serge Bonnigal :
“Touraine Amboise : nous poursuivons notre objectif de présenter des vins à la hauteur du terroir, capables d’être appréciés sur le marché”.

Philippe Brisebarre :
“Vouvray a une bonne image et une situation saine en étant présent sur deux marchés : les vins mousseux et les vins tranquilles qui s’exportent bien. Notre notoriété bénéficie également du prestige des grands millésimes”.


S’étendant d’Angers à Blois,
le vignoble Anjou-Saumur-Touraine, troisième vignoble de France, défend ses parts de marché grâce au dynamisme des maisons de négoce. Bougrier SA, en Maine-et-Loire, est le premier opérateur des vins de Touraine : plus de deux millions de cols commercialisés par an avec une forte exportation sur l’Europe du Nord, USA/Canada et Japon.

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