Territoires


Autoroutes : Urgence !

La CCI de Touraine a fixé ses priorités. Elle a choisi d’agir sur deux dossiers autoroutiers qui n’ont actuellement d’autre obstacle que la lenteur ou le mutisme des décideurs : l’A 85 Angers-Tours-Vierzon et l’A 10 bis. Ce qui ne l’empêche pas de travailler sur l’ensemble des dossiers en cours, dont l’A 28 Le Mans - Tours.

A 85 : un peu de bon sens !

L’autoroute A 85 dans sa partie Tours - Vierzon est de loin la moins avancée. Des incertitudes planent même sur l’échéancier de sa réalisation. En Indre-et-Loire, les enquêtes préliminaires ont été réalisées sur la seule section Esvres - Bléré, ce qui permet d’envisager son ouverture courant 2004 ou 2005. Mais l’Etat ne s’est pas encore prononcé sur les sections Druye - Esvres et Bléré - Saint-Romain-sur-Cher.

A l’horizon 2004 ou 2005 devraient être parallèlement mis en service la déviation de Langeais, le périphérique entre la RN 10 et la RN 143, et la RN 143 dans une configuration à 2 x 2 voies entre le périphérique et Esvres. Le périphérique Sud assurera ainsi la transition entre l’A 85 de part et d’autre de l’agglomération, provisoirement certes, mais pour combien de temps ?

Les arguments tiennent la route

La CCI demande donc la réalisation dans les meilleurs délais de l’intégralité de la liaison Tours - Vierzon, à partir de Tours et de l’interconnexion à l’A 10 (soit une entame du chantier au niveau du secteur le plus chargé en terme de circulation). Ses arguments :

° C’est un non-sens de faire circuler provisoirement les flux de transit (liaison A 85 Ouest - A 85 Est et liaison A 10 - A 85) sur le périphérique sud et la RN 143, au regard de l’encombrement engendré par le seul trafic local et périurbain (le périphérique actuel draine déjà un flux journalier de 25 000 véhicules).

° Pour favoriser le développement économique en Touraine, il est nécessaire d’inscrire le territoire dans une dynamique d’échanges, de l’ancrer vers un centre de gravité européen, qui tend à se décaler vers l’Est, et de se positionner comme le point de passage privilégié sur l’axe Atlantique - Rhin-Rhône.

° Le report du trafic sur l’autoroute apporte un gain de fluidité, de confort et de sécurité pour les usagers des routes actuellement saturées et une réduction des nuisances pour les riverains des bourgs traversés.

° Il est nécessaire d’entreprendre dès à présent les sections Druyes - Esvres et Bléré - Saint-Romain-sur-Cher, afin qu’à l’horizon 2004 - 2005 l’intégralité de la liaison soit en service. La Touraine, en effet, ne doit être ni pénalisée ni perçue comme le frein au développement économique des régions voisines.

° Il est temps de lever les incertitudes qui pèsent sur les habitants et l’économie des territoires “gelés” par l’emprise autoroutière.

Angers-Tours : toujours à suivre...

L’autoroute Angers-Tours est un vieux projet dont la réalisation est attendue depuis 25 ans. Elle apparaît au schéma directeur autoroutier dès 1975. Déclarée d’utilité publique urgente une première fois en janvier 1991, puis de nouveau en 1996, sa mise en service était initialement envisagée pour 1998. A ce jour, seule la partie concédée entre l’A11 et Bourgueil est ouverte à la circulation, depuis 1997. Elle est achevée sur quelques kilomètres supplémentaires, jusqu’à Restigné. La partie non concédée entre le périphérique de l’agglomération et Druye devrait ouvrir en janvier 2002 et la continuité jusqu’à Cinq-Mars-La-Pile est annoncée un an plus tard.

Les travaux du contournement nord de Langeais ont débuté à l’automne 2000. Ils sont aujourd’hui suspendus et les engins de terrassement ont déserté le chantier. Un accord prochain permettrait d’envisager l’ouverture, courant 2004-2005, de ce qui sera le dernier maillon de la liaison Angers - Tours.

A 10 bis : une nécessité !

Le projet A 10 bis, inscrit au schéma directeur de l’agglomération tourangelle, a été pensé pour délester l’actuelle A10 de ses flux de transit à hauteur de l’agglomération. Ce projet n’a cependant pas été retenu par le schéma des transports établi par l’Etat, qui stipule que le problème devra être réglé par un mode autre que routier.

L’évolution du trafic la justifie

La CCI de Touraine demande la reconnaissance de l’A 10 bis dans les priorités de l’Etat et sa réalisation dans les meilleurs délais. Ses arguments :

° Dans un contexte de croissance générale et internationale des flux de transport, les prévisions font état d’une augmentation forte des échanges sur l’axe Paris - Bordeaux. Ces dernières années, le trafic sur l’A 10 augmente ainsi à un rythme proche de 3 % l’an, soit environ 1 000 véhicules de plus par jour.

° La double utilisation par le trafic de transit et des déplacements internes à l’agglomération rend l’A10 à la fois insuffisante en capacité (aujourd’hui 40 000 véhicules / jour dans la partie urbaine) et dangereuse en raison de la grande variété des utilisateurs, poids lourds, usagers quotidiens, touristes, transit du week-end, etc.

° Le niveau de pollution, au coeur de l’agglomération, dépasse les normes communément admises lors des pics de circulation constatés au moment des transhumances estivales et des grands week-ends.

° Le rail ne peut raisonnablement prétendre répondre seul à la croissance des échanges. La ligne actuelle Paris - Bordeaux, déjà saturée, ne permet pas l’accompagnement de l’évolution, aussi bien en terme de trafic passagers que marchandises. Quant à la nouvelle ligne TGV, elle ne verra pas le jour avant 10 à 20 ans !

A 28 : au chevet du scarabée

Cette autoroute, déclarée d’utilité publique en 1993 pour ce qui concerne la liaison Alençon - Tours et 1994 pour la partie Rouen - Alençon, fait partie intégrante de l’axe Calais - Bayonne, une voie rectiligne de plus de 1 000 km qui relie la frontière belge à la frontière espagnole. Son concept a été lancé dès le début des années 70. Sa réalisation est urgente : de 1995 à 2000, sur la RN 138 entre Le Mans et Tours, on a constaté une moyenne annuelle de 64 accidents, provoquant 9 décès et 24 blessés graves.

Un redémarrage imminent

La liaison Le Mans - Tours se divise en 3 sections :

° Le Mans (A11) - Ecommoy, ouverte en octobre 2000 (28 km)

° Ecommoy - Montabon (Château-du-Loir)

° Montabon - Parçay-Meslay.

Entre Ecommoy et Montabon, le chantier est au point mort. Il bute sur un problème de législation et de procédures depuis la découverte en forêt de Bercé, en 1997, postérieurement aux études d’impact, du pique-prune, un scarabée protégé.

Entre Montabon et Tours, section à partir de laquelle il avait été envisagé en décembre 1999 de redémarrer le chantier, les procédures n’ont pu être menées à bien et leur lancement a été suspendu.

En octobre, les représentants de l’Etat et Cofiroute ont confirmé le redémarrage des enquêtes et se sont avancés sur le calendrier suivant, sous toutes réserves :

° Montabon - Tours :

- 2003 : début des travaux

- 2006 : mise en service

° Ecommoy - Montabon

- 2004 - 2005 : début des travaux

- mise en service : on estime qu’avec un minimum trois ans de travaux, ce pourrait être pour 2008.

Par ailleurs, l’échangeur différé de Neuillé-Pont-Pierre fait l’objet de négociations entre le Conseil général et Cofiroute, l’Etat s’en étant désengagé.

Associations

Sarthe et Touraine :
même combat !

Jean-Luc Muratet
Président de l’association Touraine Liaisons Autoroutières 2002

“La réalisation des autoroutes A 85 et A 28 dans notre département est une nécessité impérieuse en tant qu’outil de sécurité et moyen d’accroître la qualité de vie mais aussi outil de développement en général. La représentativité des personnes constituant notre association est notre premier atout pour nous faire entendre et faire pression. Il nous faut aussi porter le débat sur la voie publique. Il n’y a plus d’excuse possible dans le retard apporté à la construction de l’axe Le Mans -Tours qui est aussi celui de l’Europe du Nord - Portugal. C’est pourquoi, la mobilisation est forte chez les chefs d’entreprise habitués à gérer avec pragmatisme !”

Bernard Warain
Président de PRO A 28 Président de la CCI du Mans et de la Sarthe

“Touraine Liaisons Autoroutières et PRO A 28 ont été créées avec les Chambres de commerce et d’industrie Touraine et du Mans pour agir conjointement dans la défense du droit à la facilité d’accès et, surtout, à la sécurité de la liaison Tours-Le Mans. Nos actions sont multiples : renforcer le poids de nos institutions par le soutien des entreprises, rencontrer les autorités concernées, ouvrir le dialogue et faire comprendre l’urgence de la réalisation du tronçon Ecommoy - Tours. Mais aussi communiquer au travers de campagnes préventives et médiatiques pour toucher le plus grand nombre, et faire connaître notre mécontentement !”