Territoires


Salaires : la tendance régionale

En début d’année, on cherchait à savoir comment les entreprises de la région avaient décidé de faire bénéficier leurs salariés des fruits de la croissance. En septembre, elles rectifiaient le tir. Au travers d’une enquête quasi permanente, le cabinet Actiforces les observe à la loupe. Des plus et des moins.

Début 2001, on connaissait une période de croissance soutenue : les entreprises de plus de quarante salariés implantées en région Centre augmentaient globalement les salaires de 2,3 % au cours du premier trimestre de l’année. Les ouvriers, plus que les employés, techniciens, agents de maîtrise, les cadres ou les commerciaux, ont bénéficié d’une augmentation de 2,4 %, ce qui les place très au-dessus de la moyenne de 1,9 % constatée au plan national sur les salaires de leur catégorie. Quant aux chefs d’entreprises, ils avaient le senti-ment d’être dans la moyenne haute pour la rémunération de leurs salariés.

Ces chiffres sont le résultat d’une enquête menée en mars et avril par deux étudiants de l’IAE sous la direction du Cabinet Actiforces à Tours, que dirige Bruno Gonzague. “Nous avions besoin de telles données, jamais encore collectées ni analysées au plan régional,” explique François Cholet, responsable du Département organisation et rémunération globale. Réalisée sur questionnaire, cette étude a porté sur les entreprises des secteurs de la métallurgie, du cartonnage, de la plasturgie et de la chimie-pharmacie, représentant 6 000 salariés. “10 % d’entre elles ont répondu, soit trente entreprises de 40 à 600 salariés, représentatives du tissu industriel régional”, indiquent Yoann Sinel et Laetitia Jacquot, les étudiants partenaires.

Les surprises du printemps

Outre le niveau des salaires, les entreprises ont été interrogées sur leurs critères d’augmentation, leurs prévisions, l’impact des 35 heures sur ces salaires, les besoins en personnel et l’épargne salariale. “Si cette enquête rejoint souvent des tendances relevées au plan national, nous avons eu, sur certains points, des surprises”, note François Cholet. “D’une part, le niveau des rémunérations des ouvriers en région Centre nous a paru important. D’autre part, nous avons été étonnés de la faiblesse des projets d’épargne salariale dans les entreprises, compte tenu du nouveau dispositif. Nous avons enfin été surpris par les augmentations de salaires prévues”.

Quatre mois plus tard...

Plusieurs entreprises ont été à nouveau contactées en septembre : la moitié d’entre elles avait conservé ses prévisions d’augmentation des salaires, mais l’autre avait anticipé le recul de la croissance et revu les augmentations à la baisse. “Seule la difficulté à recruter était toujours la même”, remarque François Cholet : on recherche fraiseurs, régleurs, soudeurs, peintres, gestionnaires de production. “Ce qui traduit un besoin urgent de réadapter l’outil de formation, en particulier pour les techniciens.”

Personnel : la solution est en interne

Recruter : le problème reste en effet entier, souvent indépendant du salaire ! “Il va falloir mettre en oeuvre dans les entreprises une politique d’évolution des compétences pour faire progresser les hommes, poursuit François Cholet, afin de pou-voir libérer des postes sur lesquels le recrutement sera plus facile. Nous sommes actuellement dans une tendance de segmentation du travail. L’avenir est à la création de pépinières, au tuteurat, à la recherche de solutions en interne” . C’était la première fois qu’Actiforces procédait à une telle enquête. “Nous allons poursuivre ce travail avec des étudiants de l’IAE, en augmentant les effectifs interrogés. Notre objectif n’est pas un recensement complet. Nous voulons simplement obtenir une photographie de la situation et déceler ou vérifier des tendances à des moments donnés.”

* Source : Actiforces. Avril et septembre 2001

Odile MENARD


Plus et moins en région Centre

  • Epargne salariale : 76 % des entreprises interrogées ont mis en place un dispositif de participation et 56 %, un système d’intéressement. Seulement 15 % ont pour projet de développer cette année des techniques d’épargne salariale (PEE, intéressement, etc.) malgré les récents développements légaux. Les réticences portent sur l’aspect contractuel du dispositif qui stipule un engagement sur trois ans. La pléthore de dispositifs, de sigles, n’arrange rien... Les PME préfèrent des solutions individualisées et les salariés, du concret. En revanche, dans les grands groupes, où règne une culture d’entreprise affirmée, ces avantages font automatiquement partie du “package” social.
  • Pouvoir d’achat : rapport entre le taux de progression des rémunérations (2,3 %) et l’inflation (1,8 % fin avril 2001), il piétine...
  • Impact des 35 heures sur les salaires : il se traduit par une maîtrise des salaires accompagnée d’une modération salariale, gel des salaires sur deux ans ou augmentation encadrée et limitée sur les prochaines années.
  • Critères d’augmentation des salaires : pour les deux-tiers des chefs d’entreprise interrogés, le salaire suit l’inflation. Un quart se base sur le SMIC. Moins de 1 % déclare évaluer le niveau des salaires en fonction de la concurrence.
  • Touraine
    9 900 km de canalisations d’eau

    Avec un taux de rendement moyen de 85 %, le réseau d’eau potable de Touraine est de bonne qualité : “Bon état général” disent les spécialistes présents à Tours, au Vinci, pour la réunion annuelle des délégués du syndicat des Canalisateurs de France. Orchestré par Jean-Pierre Paul, membre du bureau du syndicat qui regroupe 400 entreprises, délégué régional du Centre et responsable de l’entreprise Jérôme à Tours, ce rendez-vous a également réuni des élus du Conseil général, des représentants des ministères concernés, des agences de l’eau et des maires. Au programme des travaux, les organisateurs avaient inscrit une table ronde sur le thème “inventaires du patrimoine des réseaux d’eau potable” en appui des études menées à titre expérimental dans cinq départements, dont l’Indre-et-Loire, sur l’état du réseau.

    En Touraine, selon le résultat de l’enquête menée dès 1998 sous l’égide du Conseil général afin de déterminer un schéma d’équipement cohérent, le réseau atteint actuellement 9 900 km de canalisations, soit 1,6 km/km2. Constitué de PVC, il représente une valeur de 5,5 milliards de francs. Son rendement moyen est supérieur à la moyenne des rendements relevés au plan national, établie à 75 %. Des travaux devront être entrepris dans quinze à dix-huit communes où l’on a constaté des dégradations. “Mais le problème du vieillissement du réseau se pose, son dernier renouvellement date des années soixante” indique Joël Pélicot, vice-président du Conseil général en charge de ce dossier. “L’eau étant de la compétence des communes, au rythme des investissements en la matière, il faudrait cent ans pour y parvenir !” Le projet de loi sur la qualité de l’eau fait actuellement débat au plan national sur les provisions financières à mettre en place afin d’aller plus vite. Outre l’aide nécessaire aux collectivités afin qu’elles se dotent d’outils de gestion prévisionnelle, Joël Pélicot souhaite qu’une structure puisse thésauriser - ce qui est actuellement interdit - afin de pouvoir provisionner sur du long terme.

    Contact : 02 47 39 32 07

    Touraine - Touraine Liaisons
    Autoroutières 2002 met la pression

    Sur l’A28, la liaison Parçay-Meslay-Ecommoy, actuellement stoppée par le scarabée pique-prune, devrait être terminée en 2008 ce qui permettra de faire Tours-Le Mans par autoroute. Pour l’A 85, qu’on attend depuis... 30 ans, elle est bloquée à l’ouest sur le contournement nord de Langeais pour un litige entre Cofiroute et l’Etat. Selon Jean-Luc Muratet, président de TLA 2002, on peut espérer que la liaison Bourgueil-Tours ouvrira en 2004 si les travaux du contournement de Langeais reprennent en janvier (mais rien n’est sûr !), la partie Cinq-Mars-la-Pile - Druye passant par le “Pont Voisin” étant accessible fin 2002 (avec deux ans de retard). Quant à la partie du périphérique de Tours jusqu’à Druye, elle devrait ouvrir en janvier 2002.

    A l’est, l’autouroute venant de Vierzon arrive à Villefranche-sur-Cher en novembre. Dans trois ans, on irait de Saint-Aignan-sur-Cher à Vierzon par autoroute. Mais pour la section Bléré-St Aignan, pas l’ombre d’un calendrier. On estime que la liaison Esvres-Bléré pourrait ouvrir en 2005, les travaux devant débuter en 2002.

    En attendant la partie Druye - Esvres (pas de calendrier...), c’est le futur boulevard périphérique puis la RN 143 qui serviront de liaison entre ces deux points. C’est pourquoi la RN 143 fait actuellement l’objet de travaux importants de mise à deux fois deux voies afin que les usagers de l’autoroute A 85 puissent passer au sud de Tours sur un semblant d’autoroute... Une solution provisoire que les élus, en particulier Jean-Jacques Descamps, maire de Loches, aimeraient bien ne pas voir perdurer.

    Contact TLA : 02 47 47 20 47

    Saint-Pierre-des-Corps
    Le fret en question

    Une étude sur les besoins des entreprises en matière de fret est actuellement menée par la ville de Saint-Pierre-des-Corps en partenariat avec la SNCF, Réseau Ferré de France, le Conseil régional, le Conseil général, Tour(s) Plus et la CCI de Touraine. “Alors qu’à St-Pierre est implantée la cinquième gare de triage de France, rayonnant sur un sixième du territoire, pourquoi le mode ferroviaire est-il peu utilisé ? pourquoi les embranchements en liaison directe avec la SNCF sont-ils sous-employés ? quels sont les freins et les attentes des entreprises ? Elles sont actuellement seize sur vingt-cinq à exploiter de manière active leurs embranchements” note Marie-France Beaufils, sénateur-maire. Des entretiens menés par le cabinet Eurosiris avec une trentaine de sociétés devrait se dégager pour la SNCF une ligne de propositions et d’actions dans une démarche de complémentarité des modes de transport. “Je suis favorable à ce qu’on aide financièrement les entreprises à s’embrancher sur le réseau”, déclarait Jean-Michel Bodin, vice-président du Conseil régional, lors de la présentation de cette étude.

    Tours
    Des parkings relais pour 1, 52 E (10 F)

    Fil Bleu, service de transports collectif par bus, rappelle que des parkings relais pour autos sont déjà en place à Tours : Lac (270 places) et Botanique (180 places). Le coût est de dix francs par voiture et pour une journée. Des arguments : “Les parkings relais coûtent nettement moins cher que le stationnement en centre-ville, auquel les bus permettent un accès rapide (8 minutes) et facile ; ce système contribue à préserver un environnement de qualité en centre-ville,” indiquent les responsables de Fil Bleu.

    Contact : 02 47 32 40 40
    www.filbleu.fr