Des marchés et des hommes
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Loffre de service Internet :
un complément dactivité séduisant
Cyberespaces
Profit virtuel ?
En quelques années, les cyberespaces se sont multipliés en milieu urbain, quelques-uns se sont créés en rase campagne. Beaucoup ont disparu. Analyse.
Au milieu des années 90, Internet fait son entrée dans le décor urbain à coups de devantures qui semblent ne concerner quune petite frange de la population, jeune, branchée, citadine. Cest lexplosion des cybercafés. Aujourdhui, le paysage a complètement changé daspect. De gadget, Internet est devenu un outil extrêmement utile, que lensemble de la société est en train de sapproprier. Cest ainsi que se sont multipliés les cyberespaces, où se croisent étudiants, candidats à linitiation au web, demandeurs demploi ou étrangers désireux de garder le contact avec les leurs.
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Cet excès dentreprises est rapidement sanctionné : fermetures, concentrations se succèdent. A laube du XXIème siècle, les cyberespaces rescapés de ce premier écrémage sont soit de grosses structures ayant absorbé leurs concurrents, soit de petites entreprises qui ont eu lintelligence dadjoindre à leur vitrine internaute des activités rentables.
Des recettes accessoires
Willy Depoix, gérant de Cyber Micro Touraine, lun des plus anciens cyberespaces tourangeaux (ouvert en janvier 1997), témoigne : Nous étions les premiers sur Tours à proposer des connexions Internet au grand public mais lactivité a réellement démarré quand nous nous sommes mis à vendre des ordinateurs que nous configurons nous-mêmes aux besoins particuliers dentreprises de la région.
Même constat chez Alli@nce Arena, nouvel espace ouvert à lété 2001 par la même société quAlli@nce Micro (née en 1998), dans le quartier Plumereau : Le succès dune telle entreprise repose sur des compétences informatiques approfondies et en permanence réactualisées. Lessentiel de notre chiffre daffaires provient de lassemblage, de la vente et de la maintenance de micros. Les recettes liées aux connexions Internet sont vraiment accessoires. Lheure de connexion est tombée chez nous à 8,33 francs. Sachant que linvestissement de départ se chiffre au minimum à 500 000 francs, quil faut renouveler constamment le parc et assurer une présence technique permanente, on comprend vite quun cyber-espace nest pas, en soi, financièrement viable, explique Ali Tabrizi, administrateur des deux espaces.
Trouver son créneau
Pour René Hys, principal actionnaire de Prowebserver (anciennement Web Contact, créé à lété 1998), le marché nexiste pas en-dehors de niches spécifiques, où une PME peut encore prospérer, à condition quelle reste très à lécoute du marché, saisisse toutes les opportunités, sadapte continuellement aux nouveaux développements informatiques. Le cyber rapporte aujourdhui une part négligeable du chiffre daffaires. Nous avons misé sur toutes les prestations relatives au web - création de bases de données, de sites, leur hébergement - et acquis de grandes compétences dans ce domaine. Saisir les opportunités, cest exploiter son expertise, mettre en place pour lInstitut de Touraine - le nec plus ultra de létude du français comme langue étrangère - une salle daccès à Internet exclusivement accessible à ses étudiants. Aujourdhui, une batterie de cinquante ordinateurs y fonction-ne dans toutes les langues, avec une assistance informatique permanente.
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Des attitudes nouvelles
Ouvrir un cyberespace, cest aussi participer à lenracinement de nouveaux modes de vie. On y entre et on en sort en toute liberté : chacun fait dInternet un usage personnel, indépendamment des autres usagers de lespace. Le principe du libre-service est en général sous-tendu par des formules dabonnement en connexion illimitée, de quinze jours à trois mois.
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Cette attitude culturelle est palpable à lAtelier du web, installé depuis juin 2000 rue Nationale, à Tours. Le lieu, vaste (120 m2) et calme, est en même temps animé dun va-et-vient perpétuel. Micros installés sur une vaste table ovale, expo-sitions temporaires de toiles : tout a été conçu pour que linternaute de passage se sente ici comme chez lui et surfe dans une ambiance conviviale et esthétique, loin des locaux daspect utilitaire souvent réservés aux lieux daccès à Internet. Laurent Canot, gérant de lAtelier du web, précise que lessentiel du chiffre daffaires provient de la formation, auprès des entreprises comme des particuliers. Le public intéressé va des enfants, que nous initions à Internet dès lâge de quatre ans, aux boursicoteurs, auxquels nous proposerons bientôt de se retrouver dans le cadre de soirées spécialement animées à leur intention.
Tout en lavant son linge...
En juin 2000, une cyber-laverie souvre à Tours. Le concept nous est venu de Californie, où il est courant que les laveries sadjoignent un cyberespace raconte Marie-Dominique Lamé, responsable du magasin. Pendant que les machines tournent, les gens peuvent se connecter, faire leurs comptes ou écrire leur courrier en ligne... Dautres ne viennent que pour se servir des micros.
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Nous avons beaucoup dhabitués, qui apprécient le calme et la propreté du lieu. Mais notre activité reste essentiellement celle dune laverie. Financièrement, la facette cyber nest quun complément. Antoine Chauvet, patron de lAlexandra, le seul cybercafé du Vieux-Tours, confirme que les rentrées issues de lespace Internet sont dérisoires au regard de celles du café proprement dit. Jai ouvert cet espace il y a bientôt trois ans, à la demande de la clientèle, étudiants et touristes surtout. La salle à létage était libre. Cétait un bon complément au café : pendant quun membre de la famille va consulter la boîte aux lettres, les autres prennent une consommation en terrasse... Et puis ici, les ordinateurs sont accessibles jusquà 1 heure du matin (2 heures le week-end). Les autres cyberespaces ferment en général à 19 heures.
Toutes ces PME, aussi diverses soient-elles dans leur objet, sont daccord sur un point : loffre daccès à Internet ne peut senvisager que comme un complément à une activité principale. A elle seule, cette prestation de services nest pas économiquement viable. Elle risque même de lêtre de moins en moins. Dans un avenir proche, on pourra surfer sur le web à partir de son téléphone et Internet sera accessible partout où lon se déplacera... Les cyberespaces présenteront-ils encore une quelconque utilité ?
Maï-Anne TRAN
Contacts :
Cyber Micro Touraine : 02 47 38 13 13 Alli@nce Arena : 02 47 05 49 50 Prowebserver : 02 47 05 57 05 LAtelier du web : 02 47 20 64 40 Cyber laverie :02 47 21 94 14 LAlexandra : 02 47 61 48 30 Addon : 02 47 75 50 03
Jeux en réseau
Lan, wan, etc.Un addon, cest un ajout fait sur un jeu sorti six mois ou un an auparavant, un personnage de plus, une variante quelconque au scénario de base explique Arnaud Poirier, technicien-animateur de la salle de jeux en réseau, couplée au magasin de jeux vidéo, et de DVD addon (portant jusquen septembre 2001 lenseigne Difintel Micro). Si vous tombez à un moment où la salle est déserte, vous irez sur le wan - comprenez world area network : vous jouez avec des partenaires du monde entier - mais dès quil y a un peu de monde, on repasse sur le lan (local area network) et les clients jouent entre eux. Pas de doute, on se retrouve ici entre initiés... Lambiance est très conviviale dans cette petite salle climatisée en sous-sol entièrement dédiée au jeu sur quinze postes bleu électrique. On vient samuser entre copains et si lon est seul, on ne le reste pas longtemps car lintérêt, cest de jouer à plusieurs.
Pour Vincent Delalande, gérant de lendroit depuis septembre 1998, il faut évidemment avoir la passion du jeu pour gérer un espace comme celui-ci, connaître toutes les ficelles, être toujours à laffût des nouveautés... Il est aussi indispensable de détenir une réelle compétence informatique, être en mesure de régler tout problème technique à tout moment. Quant aux tarifs, ils doivent rester attractifs. Pour nous, cest possible grâce à la partie vente de lactivité, qui rend lentreprise économiquement plus rentable que si elle reposait uniquement sur la salle de jeux.
Les créateurs de lAtelier du web ont développé une idée originale pour renouveler à moindre coût leur parc de micros. Lentreprise finance lachat de matériel neuf à 50 %, en échange de quoi lacheteur laisse lordinateur à disposition de lAtelier pendant six mois, à lissue desquels il récupère le matériel, quasi neuf et bien rodé. Linitiative rencontre un succès grandissant.