Interview


La CGPME est sur tous les fronts

CGPME Les “ardentes obligations”

Jacques Freidel, président de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises, a bien voulu répondre aux questions de Touraine Economique sur les préoccupations des entreprises et la position de son mouvement sur les thèmes d’actualité.

Quels sont les grands chantiers de la CGPME pour les prochains mois ?

Jacques Freidel : Sur le plan fiscal, la loi de finance pour 2002 sera pour la CGPME l’occasion d’intervenir en faveur des PME. Il s’agit pour nous de proposer notamment la mise en place d’un véritable “impôt progressif” pour les sociétés, à l’instar de ce qui existe pour les personnes physiques avec l’IRPP. L’examen du budget doit aussi être l’occasion pour nous d’aboutir à la suppression pour tous de la vignette automobile. Nos futurs députés doivent être conscients de cet enjeu.

Par ailleurs, l’épargne salariale étant désormais ouverte à tous les salariés du secteur privé, nous accompagnerons les entreprises dans la mise en oeuvre de la loi du 19 février 2001 sur l’épargne salariale. Cela permettra aux PME de bénéficier de nouvelles sources de financement pour leurs activités. Ce sera également le moyen pour les salariés de se constituer un “capital retraite” plus intéressant à plusieurs égards, du fait de la contribution de leur employeur et des avantages fiscaux et sociaux directement liés, d’être associés aux résultats et par là même d’être motivés afin d’améliorer les performances de leur entreprise. Enfin, nous comptons parmi nos thèmes majeurs l’adoption de la future loi d’orientation sur les petites entreprises et l’artisanat. En effet, ayant déjà contribué à l’élaboration du projet, nous veillerons à la mise en oeuvre effective de nos propositions lors des travaux faisant suite au rapport parlementaire remis au Premier Ministre.

Avez-vous le sentiment que les entreprises se préparent à l’euro ?

Jacques Freidel : A quelques semaines du “jour J”, une grande partie des PME ont déjà basculé leur comptabilité en euro, ou sont sur le point de le faire, et utilisent cette monnaie dans leurs transactions financières. En revanche, tel n’est pas le cas pour les très petites entreprises (TPE) et les commerçants qui, dans leur grande majorité, semblent attendre l’ultime moment, ce que l’on peut comprendre, ceux-ci intervenant majoritairement avec leurs clients en monnaie fiduciaire, c’est-à-dire en francs français jusqu’au 31 décembre 2001. Nous veillons cependant à les guider pour franchir ce cap. Ainsi avons-nous mis en place des “formations euro” accessibles aux dirigeants des entreprises ainsi qu’à leurs salariés et particulièrement leurs caissiers.

Les 35 heures demeurent-elles la principale préoccupation des entreprises ?

Jacques Freidel : L’assouplissement du dispositif légal sur les 35 heures sera toujours “une ardente obligation”pour la CGPME. Nous n’aurons cesse de répéter que cette législation, de par sa rigidité et sa complexité, est inapplicable dans la très grande majorité de nos PME et qu’il faut la modifier. Depuis plusieurs mois leur exaspération montait devant ce qu’il faut bien appeler l’immobilisme des Pouvoirs Publics en la matière, alors même que les demandes d’aménagement maintes fois formulées par notre organisation, en particulier en ce qui concerne le régime des heures supplémentaires, étaient tout à fait raisonnables. Le Premier Ministre a annoncé des mesures allant dans ce sens mais à destination des seules entreprises de 20 salariés et moins. C’est un premier pas mais, je le dis clairement, un pas insuffisant. Les assouplissements doivent concerner l’ensemble des entreprises et des salariés. De plus, on nous parle de deux décrets relatifs aux heures supplémentaires, l’un visant, semble-t-il, les salariés non cadres des entreprises de 20 salariés et moins, l’autre traitant du cas de certaines catégories de cadres sans distinction de seuil. Que l’on prenne garde à ce que ces aménagements, déjà partiels, ne soient pas rendus inapplicables par leur complexité ! Nous demandons donc, pour assouplir le dispositif légal sur les 35 heures, que les Pouvoirs Publics portent le contingent d’heures supplémentaires libre à 200 heures et allègent le coût des quatre premières heures supplémentaires au-delà de la 35ème heure, cela pour toutes les entreprises.

Que peut apporter la CGPME aux PME ?

Jacques Freidel : Comme son nom l’indique depuis 1944, la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises est le représentant historique des PME. En tant que telle, la CGPME représente et défend les intérêts des PME auprès des Pouvoirs Publics et dans les instances de concertation officielles. A travers l’actualité juridique ou les débats de société, la CGPME se donne notamment pour mission de simplifier autant que possible la vie de l’entreprise dans ses diverses étapes. Le combat que nous menons en vue de l’assouplissement des lois sur les 35 h est un exemple particulièrement d’actualité du soutien que nous apportons aux PME. Notre intervention peut également concerner la fiscalité ou encore toutes les phases administratives. Ainsi, nous sommes à l’origine du “chèque emploi” qui doit permettre aux TPE d’employer plus aisément leur premier salarié.