Consommation


Les 35 heures s’inscrivent dans une évolution du comportement déjà amorcée

Quand le client passe aux 35h

La réduction du temps de travail va-t-elle modifier les comportements de consommation ? Va-t-elle favoriser la fréquentation des commerces et augmenter les achats ? Des tendances se dessinent.

Que vont changer les 35 heures ? Les professionnels du commerce ont du mal à répondre à cette question. Ou, plus exactement, ils ont du mal à dissocier le facteur 35 heures d’autres facteurs tels que la flexibilité accrue des horaires de travail, l’augmentation du temps partiel ou les nouvelles priorités budgétaires des Français. Dans les secteurs à priori les plus concernés par la RTT, comme les loisirs, le bricolage et le jardinage, les professionnels interrogés se posent en observateurs prudents du phénomène : “On est dans l’intuitif, constate Frédéric Parisis chez Leroy Merlin à Tours-nord. On perçoit des signaux qui montrent que les choses bougent”. “On peut penser que les 35h nous sont profitables mais on est dans des hypothèses” confirme Dominique Dhene, responsable de l’agence de voyages Rayssac. “Nous n’avons rien constaté de mesurable. Certes, tout ce qui touche aux guides touristiques, aux loisirs créatifs, aux livres de cuisine marche bien. Mais impossible de savoir si la RTT a une incidence en la matière”, explique-t-on à la librairie tourangelle La Boîte à Livres.

Pas forcément
pour consommer

Du temps pour quoi faire ? Se reposer, clament déjà les Français lorsque Ipsos leur pose la question en décembre 1999. Pour privilégier la vie de famille et s’occuper de ses enfants, répondent-ils à une enquête d’Euro RSCG Communication début 2001. La famille serait en effet la première bénéficiaire de la RTT : près de 75 % des Français avouent mettre d’abord ce temps libéré au profit de leur entourage. Il faut bien s’y résoudre : l’augmentation du temps libre n’implique pas automatiquement une augmentation du temps consacré à la consommation ou à la pratique d’activités de loisirs. Ne serait-ce que parce que le consommateur peut tout simplement revendiquer le droit de ne rien faire. Et, plus prosaïquement, parce que les Français ne disposent pas de moyens financiers accrus pour faire des achats en plus.

Montée en puissance
des loisirs

Les loisirs recueillent ensuite 73 % des suffrages. Mais attention, il faut comprendre le terme “loisirs” dans sa définition la plus large : les voyages et les vacances, les produits culturels, le sport et les sorties. Pour répondre à la demande d’une clientèle aisée et surtout francilienne, les voyagistes développent une offre spécifique sur le marché des courts séjours, des formules 3 jours - 2 nuits sur plusieurs destinations européennes. Mais l’essentiel du marché n’est pas là. Tout le monde ne peut s’offrir des escapades à Prague ou Londres. “Faute de moyens, les ménages moins aisés privilégient le système D : amis, famille, pour des loisirs de proximité, constate M. Dhenne. S’il y a des parts de marché à gagner, c’est dans un tourisme de proximité, dans un rayon de 100 km autour du domicile du client.” Selon lui, les 35h ont surtout amplifié le phénomène du morcellement des vacances. Avec son corollaire : une organisation souvent décidée à la dernière minute. Les professionnels s’adaptent : “Depuis 2-3 ans, le phénomène de la vente à la dernière minute se développe. Il faut monter le kit avion + hôtel de façon ultra rapide.”

Amélioration
du cadre de vie

Les 35h vont contribuer à augmenter le temps passé chez soi et l’envie de faire de son domicile un endroit agréable et protecteur. D’où cet engouement pour le bricolage qui de nécessité économique se transforme en un besoin de faire de sa maison un lieu “à son image”, un lieu où se réaliser. Là encore, le phénomène n’est pas nouveau : “De toute façon, le marché du bricolage est porteur depuis les années 90. Et c’est tout le marché du bricolage qui profite du temps libre : pas un secteur plus qu’un autre” analyse Frédéric Parisis. La différence réside dans l’attitude du client : toujours chez Leroy Merlin, Béatrice Rolland, responsable clients, constate que “beaucoup de clients ont des projets sur l’année et qu’ils planifient leurs chantiers. On sent qu’ils ont du temps devant eux et qu’ils l’organisent sur une période longue. La conséquence est que le marché se professionnalise : le client est exigeant, veut réussir, par goût et par disponibilité de temps.” “Moyennant quoi, il faut mettre en place les compétences et l’effectif de vendeurs conseillers correspondants” conclut Frédéric Parisis.

Le consommateur
gère son temps

Les professionnels le constatent : le consommateur compte de plus en plus son temps. “Il est toujours pressé, il regarde constamment sa montre, il ne supporte pas le moindre bout de temps d’attente aux caisses” constate-t-on à la Boîte à Livres. “Le plus petit temps d’attente est ressenti comme autant de minutes en moins pour soi”, analyse Béatrice Rolland. Toutes les études du comportement du consommateur le confirment en effet : le consommateur entend désormais gérer son temps au mieux. C’est-à-dire qu’il entend diminuer au maximum le temps subi pour augmenter le temps personnel, le temps choisi. Certains clients vont ainsi essayer d’acheter en dehors de la cohue du samedi : les commerçants constatent que la fréquentation des magasins augmente les vendredis après-midi, voire certains lundis après-midi.

Le consommateur intègre désormais dans ses choix le temps passé à faire ses courses. Les critères “proximité” et “plaisir d’achat” vont prendre de l’importance. Ce qui offre aux commerçants deux pistes de travail : un, alléger le temps contraint du consommateur et lui faire gagner du temps, deux, jouer sur le temps plaisir en proposant des points de vente conviviaux et toujours plus attractifs.

Pour l’instant, nous sommes dans une phase de transition et d’apprentissage et il faudra attendre 2 ou 3 ans pour que les choses se dessinent réellement. Mais il semble bien que la RTT conforte les tendances constatées ces dernières années : montée en puissance des budgets consacrés aux loisirs et à la maison et avènement d’un consommateur plus réfléchi et plus “expert”.

Catherine GEFFROY


Escapades
Des vols vacances au départ de Tours

Les 35 heures favorisent les escapades, inscrites depuis quelques années déjà dans les tendances de consommation. Le temps passé à rejoindre un aéroport devient donc un élément décisif dans la décision d’effectuer un court séjour autour d’un week-end. En prenant l’avion à Tours, et si l’on habite dans un rayon de 60 minutes de l’aéroport Tours Val de Loire (ce qui est le cas pour un million de personnes), on peut partir le vendredi matin de chez soi et arriver à destination à l’heure du déjeuner. Au retour, il suffit de décoller en fin d’après midi, le dimanche, pour être de retour en Touraine vers 20 heures ; quelques minutes plus tard, chacun aura regagné sa voiture, garée sans frais juste devant l’aérogare. Le rêve ! Mais si l’on va chercher son avion à Paris, il faut accepter de perdre presque deux jours : près d’une journée à l’aller, plus si l’on part la veille, et autant au retour. Passons sur les frais supplémentaires.

Dans ce nouveau contexte, l’aéroport Tours Val de Loire, avec des agences partenaires, amplifie son offre de vols vacances sur de gros porteurs (Boeing 747 essentiellement) au départ de Tours. Les prochains, organisés par des tour opérateurs, mèneront à Prague à l’occasion des merveilleux marchés de Noël, du 30 novembre au 2 décembre. Ce séjour est vendu dans les agences de voyages de la région Centre. A retenir de mars à juin : des séjours d’une semaine en Tunisie, au Maroc, sur la Costa del Sol et en Egypte, toujours au départ de Tours.

Contact : 02 47 49 37 00
www.tours-aeroport.com

OM