Aménager le territoire, c’est aussi rendre accessible le haut débit partout et à tous

Le haut débit : enjeu de développement

Le déploiement des technologies à haut débit est en phase de démarrage partout en France. La Touraine bénéficie déjà d’offres performantes. D’autres arrivent. Mais la couverture du département n’est pas pour demain !

Qui n’a jamais pesté contre la lenteur de son ordinateur à afficher les pages web et à télécharger des fichiers ? La faute en revient au couple modem 56 Kb/s et ligne classique téléphonique, dans l’incapacité d’assurer des transmissions rapides. La généralisation des technologies à haut débit (qui s’entend généralement à partir de 2 mégabits par seconde, soit une vitesse environ quarante fois supérieure à celle d’un modem classique) que sont le câble, la fibre optique, l’AD-SL, la boucle locale radio, voire le courant porteur en ligne, devrait permettre de ré-soudre les problèmes. A condition que les réseaux s’implantent.

Ce qui devient possible

Ces supports à haut débit peuvent assurer une vitesse de transmission de données (texte, image et son) sans commune mesure avec celle qu’offre la ligne téléphonique classique. Des fichiers informatiques lourds peuvent être ainsi reçus et émis de façon quasi instantanée au moyen d’une connexion qui, en outre, présente l’intérêt de pouvoir être permanente. Des avantages rappelés par Patrice Bourasseau, de la direction régionale de France Télécom : “Au-delà de la simple messagerie et de la consultation de sites internet, c’est aussi le partage d’applications qui devient possible”. Ce sont par exemple les architectes qui suivent les chantiers à distance, en intervenant en direct sur les plans, les médecins qui travaillent ensemble sur un document partagé...” Bref, l’arrivée de solutions et de nouvelles méthodes de travail qui, jusqu’alors, n’étaient guère envisageables dans les PME-PMI, et... ne le seront pas avant longtemps dans les entreprises implantées en pleine nature !

Le Livre blanc des CCI

Le coût d’équipement amène en effet les opérateurs à privilégier les zones les plus rentables. Il en résulte une grande inégalité dans le maillage numérique des territoires - la fameuse fracture numérique - qui a décidé l’Assemblée des chambres de commerce et d’industrie à publier un Livre blanc. Ce document souligne les disparités constatées en France et leur impact sur l’implantation ou simplement le maintien des entreprises en secteur faiblement peuplé. Dix propositions sont émises portant en particulier sur la nécessité d’élargir au haut débit la notion de Service universel, de mettre en place un fonds de péréquation pour financer l’équipement des zones moins rentables, de faire de la desserte en haut débit un objectif prioritaire des contrats de plan Etat-Régions, d’ouvrir au haut débit, à des conditions accessibles, non seulement les sites de recherche, mais aussi les zones d’activités, les entreprises, etc.

La région s’organise

Pour sa part, la région Centre, au travers du contrat de plan Etat-Région 2000-2006, s’est engagée à développer le haut débit sur l’ensemble de son territoire afin de mettre en réseau, dans un premier temps, les services publics. Le projet, en cours d’appel d’offres, “a pour vocation d’intégrer les besoins de l’ensemble des partenaires de l’association sur la recherche (Renacentre), lycées et collèges ainsi que les établissements hospitaliers, les réseaux des acteurs de tourisme et les partenaires des collectivités territoriales. Ce réseau haut débit supportera un ensemble de services tels qu’extranet, internet sécurisé...” explique Didier Fournier, responsable du développement des NTIC en région Centre. Les six chefs-lieux de département constitueront le réseau primaire et le déploiement s’effectuera sur vingt-cinq villes par liaison hertzienne ou fibre optique. En Touraine, les points d’interconnection seront Amboise, Chinon et Loches. Cette initiative marque une volonté forte d’assurer une répartition équitable du haut débit et d’éviter ainsi “la fracture numérique”, c’est-à-dire la mise à l’écart des zones rurales qui, commerciale-ment, n’intéresseraient pas les opérateurs. Un accès aux entreprises pourrait être envisagé en cas de déficience de l’offre privée dans ces zones.

Technologies à haut débit en Touraine

Le câble à Tours, Joué et la Riche

Ce type de liaison utilise le même câble que celui qui distribue les programmes télévisés. Il nécessite simplement l’installation d’un boîtier séparateur servant à séparer les signaux de télévision et les données informatiques. Il permet de relier un poste isolé ou même un petit réseau local. Il a l’avantage théorique d’offrir des vitesses plutôt respectables : 750 Kb/s, voire plus. En pratique, la vitesse est très variable d’une heure à l’autre, en fonction de l’encombrement du réseau. Il faut également faire attention au budget : l’abonnement forfaitaire est illimité en réception mais limité en émission, facturée en plus quand le forfait est dépassé.

Le câble est commercialisé par France Télécom Câble sur trois villes : Tours, Joué-lès-Tours et la Riche.

Contact : www.Cablewanadoo.com
Tél. : 02 47 60 60 60

ADSL : la couverture s’étend

L’ ADSL utilise les infrastructures téléphoniques en place pour offrir une liaison vingt fois plus rapide que ne le permet un modem classique. Encore faut-il que l’entreprise soit implantée dans un rayon de 4 km autour du point d’accès au réseau ! Qui plus est, le débit décroît au fur et à mesure que l’utilisateur s’en éloigne : de 6 ou 8 Mb/s théoriques dans le sens descendant (réception de l’information) à 500 mètres, la vitesse tombe à 2 Mb/s à 2 km. Quant aux services offerts, ils sont comparables à ceux du câble. Il faut prévoir un boîtier d’adaptation ou une carte à insérer dans l’ordinateur.

L’accès à l’ADSL est actuellement commercialisé par France Télécom. Deux forfaits “Netissimo” sont proposés (particuliers et entreprises). A leur coût, il faut ajouter celui de l’accès à internet via un fournisseur : Wanadoo, Club-Internet, Infonie, Libertysurf, 9 Télécom...

Depuis le 1er janvier 2001, l’opérateur historique ouvre son réseau local aux autres opérateurs de télécommunication. Parmi ceux-ci, la société Kaptech, implantée depuis peu à Tours et à la tête d’un réseau national de trente agences, entame son déploiement dans la région : “Nous pourrons proposer aux entreprises, dès la fin 2001, l’accès à l’ADSL” précise Pascal Jullien, directeur de l’agence.
- Kaptech : 02 47 88 54 30
- www.kaptech.com
- France Télécom : 10 16

Boucle locale radio : on discute

La BLR en est à ses premiers balbutiements... Les clients seront raccordés au commutateur de l’opérateur par voie hertzienne. Pour y avoir accès, l’antenne parabolique - de petit diamètre - doit être en visée directe (sans obstacle) et à une distance inférieure à 10 km d’une station de base située sur un point haut.

La boucle locale radio offrira aux entreprises les capacités nécessaires pour l’internet à haute vitesse, 40 fois supérieure à celle d’un modem 56 Kb/s, la transmission de voix et d’image. Elle constituera, à moindre coût, une alternative, mais aussi un complément aux solutions offertes par le câble, la fibre optique et l’ADSL.

Parmi les quatre opérateurs qui ont obtenu les licences BLR pour la Région, deux d’entre eux soumettent en ce moment leur projet à la communauté d’agglomération de Tours. “Ces projets vont permettre un accès rapide à internet et au transfert de données. La couverture de l’ensemble du territoire de l’agglomération se fera progressivement en raison de l’investissement important,” explique Denis Viau, directeur de l’organisation des services techniques de gestion à la ville de Tours.

Quoi qu’il en soit, les offres commerciales de BLR Services auprès des opérateurs en télécommunication et celles de Firstmark auprès des entreprises sont effectives. Firstmark ouvre d’ailleurs une agence à Tours le 1er octobre prochain. Mais quid des territoires ruraux ?

Contact : www.firstmark.fr

Fibre optique : le must

Support de transmission de données à très - très ! - haut débit, cette technologie véhicule l’information sous forme d’impulsions de lumière. La fibre optique répond aux attentes des grandes entreprises et des grands établissements publics. En effet, l’installation de réseaux fibre optique nécessite des travaux de génie civil importants, ce qui induit des coûts élevés. Quant au prix d’une connexion, il est fonction du débit acheté. “Il est donc essentiel de définir avec précision les besoins, entreprise par entreprise”, précise un responsable de Loches Développement, une communauté de communes qui a équipé Node Park Touraine à Tauxigny.

Plusieurs opérateurs se sont intéressés à la Touraine. France Télécom maille le territoire de façon très dense : “Aucun chef-lieu de canton ne se trouve à plus de 10 km d’une fibre optique” indique J.-P.

Philippe, directeur de la communication. Il reste à déployer des boucles de desserte optiques pour y relier les entreprises. Autre opérateur, LD Com dispose de réseaux fibre optique euro-péens. Quant à France Cité Vision, son projet serait la construction d’un réseau fibre optique reliant la périphérie de Tours aux réseaux longues distances ; Vincent Robert, directeur du développement, précise que “tout en offrant aux particuliers, par câble co-axial, la téléphonie, l’internet à haut débit et un service de télévision interactive, les entreprises pourront obtenir un raccordement fibre optique direct”.

Contacts : www.francetelecom.fr
www.france-citevision.com

Satellite : un rêve lointain

Le développement de la liaison par satellite suppose le lancement de nouveaux satellites et l’équipement de terminaux. Autant dire que le recours à cette technologie se limite aux quelques endroits du globe où l’installation d’un câble téléphonique n’est économiquement ou techniquement pas réalisable.

Courant porteur en ligne : une révolution ?

La transmission à haut débit de données (jusqu’à 2 voire 4 ou 5 Mb/s) est aujourd’hui possible via la connexion d’un ordinateur à une simple prise de courant. Les grands avantages : le faible coût lié à l’utilisation d’un réseau existant et une consommation électrique inchangée. Outre-Rhin, un groupe d’électricité allemand commercialise déjà cette technologie. En France, EDF poursuit ses expériences ; France Télécom s’en préoccupe... Une technologie qui pourrait, dans quelques années, singulièrement changer la donne du marché des télécommunications.

Annie BLANCHET

Etat des lieux

Le haut débit en zone rurale

Comment sont aujourd’hui équipées les principales zones d’activités situées en dehors de l’agglomération ? Et demain ?

- Amboise (ZI Boîtardière, Nazelles, Pocé-sur-Cisse) : ADSL
- ZI Château-Renault : réflexion en cours sur la fibre optique
- ZI Chinon : ADSL dès septembre 2001
- ZI Descartes : réflexion en cours sur la fibre optique
- ZI Langeais : pas de projet actuellement
- ZI Loches : ADSL dès septembre 2001 Reignac, Chambourg-sur-Indre, Dolus-le-Sec, St-Hippolyte : fibre optique
- ZI Richelieu : l’étude de faisabilité sur la fibre optique est réalisée. Concrétisation prévue en 2002
- ZI Tauxigny - Node Park Touraine : fibre optique

*Liste non exhaustive