Ceux qui gèrent un tiroir-caisse sont désormais en première ligne de l’euro !

Euro : 3 mois, 10 résolutions

Les banques ont commencé d’envoyer à leurs clients des chéquiers et carnets de remise de chèques en euro, l’URSSAF s’est convertie, un certain nombre d’entreprises aussi et le double affichage des prix commence à se généraliser. Alors maintenant, passez la monnaie...

1 - Prévoir
son fonds de caisse en euro et l’impact sur sa trésorerie

La monnaie fiduciaire (pièces et billets) sera proposée en décembre aux commerçants, soit par kits de 222 euros, soit selon la quantité de pièces et billets souhaitée par chacun. Dès le 14 décembre, les particuliers pourront acheter des pochettes de 100 francs en pièces euro. Mais la circulation des pièces et billets en euro ne sera autorisée qu’à partir du 1er janvier. C’est dès maintenant qu’il faut réserver auprès de sa banque la monnaie qui consti-tuera le fonds de caisse au 1er janvier (jour férié...) ou au 2 janvier. Prévoyant une certaine bousculade dans les banques, il vaut mieux préparer son fonds de caisse pour, au moins, les deux premières semaines de janvier. Quand à la valeur, à chacun de prévoir selon son activité. Les boulangers seront certainement plus sollicités par les consommateurs que les cordonniers... Le fonds de caisse en francs sera sans doute vite épuisé et ne pourra pas être réapprovisionné facilement. Donc, la période de double circulation des francs et des euros augmentera considérablement les besoins en trésorerie ! Le problème doit être étudié dès maintenant avec les banques.

2 - S’exercer
à rendre la monnaie

Les commerces alimentaires, les tabac-journaux, les cafés, les pharmacies et autres établissements très fréquentés à certaines heures de la journée peuvent se faire du souci, sauf si le personnel s’est bien entraîné : il lui faudra rendre de préférence la monnaie en euros lorsque le client, en janvier, paiera en francs ; quelques jours plus tard, il paiera en euros, fier de sa nouvelle richesse, mais si vous manquez de monnaie en euros, il faudra la rendre en francs (s’il vous en reste...). Quant au commerçant qui devra accepter d’être payé avec des euros, mais aussi quelques francs pour parvenir à la somme due... mieux vaut qu’il se prépare à la conversion ! Certains envisagent même de mettre en place une sorte de bureau de change à l’entrée de la boutique pour éviter ce casse-tête et la file d’attente devant certains magasins. Le temps est donc venu, entre deux clients, de “jouer à la marchande” avec des pièces et billets factices, et de mettre en avant, plus que jamais, les avantages de Moneo !

A savoir :
- les faux euros vont circuler... Déjà du matériel arrive pour les détecter : un marqueur test réagissant immédiatement au papier des billets devrait être mis en vente ces jours-ci.
- on peut se procurer de la monnaie factice en euros, par exemple chez CELDA. Tél. 04 72 47 45 45

3 - Connaître
ses prix et leur équivalence

Il s’agit de faire un exercice de mémoire. Hésiter sur le prix en euro, sur la valeur en francs, n’est pas fait pour inspirer confiance au client...

4 - Pratiquer
le double affichage

Il est conseillé actuellement d’afficher ses prix en “euro majeur” (double affichage, mais avec les chiffres en euros plus gros que ceux en francs). Au 1er janvier 2002, le double affichage en euros et en francs sera obligatoire. Le 18 février, l’affichage en euro sera obligatoire et la contre-valeur en francs facultative. Il est conseillé d’arrêter le double affichage le 30 Juin 2002 et de ne plus indiquer que les prix en euros.

Attention, en cas de double affichage, la traduction doit être exacte et refléter la conversion en tenant compte des arrondis réglementaires.

Pour convertir des francs en euros, diviser le nombre par 6,55957. Garder deux chiffres après la virgule. Arrondir le deuxième chiffre après la virgule au-dessus, si le troisième est égal ou supérieur à 5 (dans ce cas, on gagne un peu d’argent), et au-dessous si le troisième chiffre est inférieur à 5 (là, on en perd !).

Exemple : 15 F : 6,55957 = 2,2867352 euros. On arrondira à 2,29 euros.

5 - Savoir expliquer
les raisons d’une hausse de prix

Gare à l’envolée ! La DDCCRF surveille toute augmentation artificielle des prix à l’occasion du passage à l’euro. Pourtant, les prix sont libres. Cependant, le client aurait vite fait de tourner le dos à un fournisseur qui aurait augmenté abusivement ses prix autrement que par un arrondi au plus près. Question de bon sens...

A savoir :
Une convention a été signée par l’ensemble de la grande distribution. Elle stipule qu’on n’y profitera pas du passage à l’euro pour modifier les prix. Dans le petit commerce, il n’existe pas d’engagement de cette nature. Mais il est évident que les consommateurs ré-agiraient si les commerçants profitaient de la situation ! Par contre, le person-nel des magasins devra être capable d’expliquer simplement les raisons des hausses, s’il y en a : amortissement des pertes liées à l’arrondi sur de petites sommes, mais surtout application des 35 heures et obligation pour les entreprises de gérer dès 2002 leurs déchets banals. Ce sont des causes réelles d’augmentation des prix.

6 - Préparer
ses documents d’entreprise

Prendre contact avec son imprimeur pour réaliser ses documents avec les nouveaux libellés : papier à lettre (mentionnant le capital social en euro), devis, bons de livraison, factures, bulletins de salaire et tarifs.

7 - Convertir
son capital social

Prendre sans attendre rendez-vous avec son expert-comptable. A cause de l’arrondi, convertir son capital oblige à faire une augmentation ou une réduction. Exceptionnellement, l’Etat n’appliquera pas de droits d’enregistrement ni de timbre sur cette opération rendue nécessaires par le passage à l’euro.

8 - S’équiper
de matériel compatible

Si ce n’est déjà fait, il faut vérifier auprès de son fournisseur la compatibilité euro de son équipement bureautique et commercial : calculatrices, logiciels, balance, terminaux de paiement, etc. Et en changer d’urgence !

9 - Accepter
avec le sourire les paiements euros

Avant même que n’arrive la monnaie fiduciaire, les consommateurs vont être de plus en plus nombreux à vouloir payer en euros avec leur chéquier tout neuf ou leur carte bancaire. Les commerçants ont intérêt à accepter. Ce ne serait pas une bonne attitude com-merciale que de refuser à des clients leur paiement en euros.

Payez vous-même en euro pour vous exercer : il est possible dès maintenant de le faire avec votre chéquier ou votre carte de paiement, même si votre compte bancaire est encore en francs, et même si l’entreprise à laquelle vous devez de l’argent n’est pas passée à l’euro.

10 - Suivre l’une des réunions de formation
organisées par la CCI

Deux séries d’ateliers se sont déjà déroulées en mai et juin derniers, portant sur les aspects comptables et juridiques du passage à l’euro, sur la politique de prix et la formation du personnel.

La troisième série, organisée durant ce trimestre, porte sur la mise en place de l’euro dans ses aspects très concrets, en particulier lors de la phase de double encaissement francs-euros qui va durer du 1er janvier au 17 février 2002.

Ces réunions auront lieu de 19h30 à 21h :
- A Tours, le 15 octobre
- A Loches, le 29 octobre
- A Amboise, le 12 novembre
- A Bourgueil, le 19 novembre
- Atelier “spécial non sédentaires” : à Tours, le 26 novembre.

S’inscrire auprès du service commerce : 02 47 47 20 72

Tous renseignements au Comptoir Euro :
02 47 47 2002

Odile MEnard

Vous acceptez l’euro ?
Faites-le savoir !

Les commerçants qui le souhaitent peuvent s’afficher comme des pionniers qui acceptent le paiement en euros, grâce à un matériel d’information spécifique. Ils s’engagent à respecter le taux de conversion, la règle des arrondis, à être transparents sur les prix, à accepter dès maintenant les euros en chèque ou carte de paiement. Tous ceux qui veulent le faire savoir à leurs clients peuvent retirer auprès de la CCI ce matériel d’affichage. Le kit de signalisation est gratuit. Faites vite : les stocks ne seront pas inépuisables...

Contact : 02 47 47 20 72