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Emballage et conditionnement : la proximité est un atout

Fabriquez :
ils conditionnent !

Face à la durée de vie très courte des produits de consommation, les métiers de l’emballage et du conditionnement demandent une grande réactivité ainsi que des savoir-faire multiples qui obligent les industriels à s’adapter et innover continuellement.

Trente-deux entreprises en Touraine exercent une activité à caractère industriel dans des secteurs aussi variés que le conditionnement de produits pharmaceutiques, l’emballage bois, l’emballage métallique léger, le plastique, etc. Si leur équipement spécifique les amène en général à privilégier une catégorie de produits ou une matière d’emballage, elles ont la faculté de s’adapter à de multiples demandes apportant des réponses le plus souvent innovantes. C’est l’apanage des PME, en particulier tourangelles.

Le secteur de l’emballage et du conditionnement est en effet complexe. Pour les produits courants, tout rési-de dans la réduction du temps d’accès au marché. Un produit de consommation “vit” entre deux et quatre ans : il faut donc en matière d’emballage très vite répondre aux nouveaux marchés et améliorer sans cesse la qualité et la productivité.

Les exemples qui suivent montrent comment il est possible d’évoluer dans ce secteur. Ce sont autant d’illustrations de cette capacité de créativité et d’adaptation propre aux entreprises de l’emballage et du conditionnement.

La filière conditionnement et emballage rassemble environ quinze secteurs d’activités dont un quart se positionne dans une activité d’emballage plastique. L’essentiel des débouchés commerciaux se trouve en France ; seulement 8,4 % du chiffre d’affaires global est réalisé à l’export : Europe, Canada, Japon, Nouvelle-Zélande et Tunisie. L’industrie française de l’emballage et du conditionnement représente le huitième secteur industriel en France : un chiffre d’affaires de 18 milliards d’euros réparti sur mille cinq cents entreprises et qui procure 120 000 emplois. La concurrence entre les différents matériaux papier-carton, plastique, métal, bois et verre rend ce secteur très actif car poussé à mener perpétuellement des recherches et à innover. Le secteur du verre n’est pas représenté en Touraine malgré une croissance estimée à 12 % par an et dopée... par le marché vinicole ! En Indre-et-Loire, la filière emballage emploie 2027 personnes (taille moyenne des entreprises : 63 salariés) ; elle a généré un chiffre d’affaires global de 183 millions d’euros en 2000.

Source : Filière emballage et conditionnement, étude réalisée par l’Observatoire économique de Touraine. Juin 2001.

Objectif sécurité

Groupemball :
96 heures au frais

Groupemball Diffusion (CA 10 MF, 10 salariés) possède un savoir-faire reconnu pour le transport de médicaments en boîte isotherme. Un brevet déposé par Daniel Cholet, directeur général, et qui lui a valu la sélection d’innovation applicative lors du dernier salon professionnel Packinnove à Troyes. Cette entreprise familiale de thermoformage travaillait jusqu’alors sur trois secteurs : automobile, aéronautique et outillage (fabrication de valises personnalisées tant par l’impression que par l’aménagement intérieur). Cette diversification vers l’emballage isotherme lui offre aujourd’hui des débouchés conséquents et lui assure une production de 3 000 boîtes par mois. Ce contenant en polystyrène garantit une température entre 2 et 8°C pendant 96 heures et peut être fabriqué pour de très gros volumes. Le contrôle d’isothermie et de diffusion du froid est assuré par un traceur placé à l’intérieur de l’emballage. La sécurité a un prix car l’emballage est difficilement réutilisable. En effet, ce type d’expédition transite vers des pays tropicaux et les emballages ne sont pas retournés. Cette innovation importante suscite l’intérêt de nombreux laboratoires, notamment en Europe et en Russie.

Delmas
conditionne les liquides

Les laboratoires Delmas sont spécialisés dans le façonnage pharmaceutique et travaillent pour une centaine de grands laboratoires français. Ils sont donc sous-traitants et mettent leur savoir-faire à la disposition de leurs clients. A Chambray-lès-Tours, on conditionne en flacons plastiques et sprays des produits liquides injectables, buvables ou des solutions externes. Autre site, l’usine Delpharm à Brétigny-sur-Orge travaille les produits de forme sèche (comprimés, sachets, gels). Ces deux usines appartiennent au groupe Aguettant, de Lyon, créé en 1904. Sébastien Aguettant, directeur commercial de Delmas, explique ainsi le développement du marché : “Pour un laboratoire, il est plus facile de s’adresser à un spécialiste du conditionne-ment à façon que d’acquérir un savoir-faire. Par exemple, pour un produit commercialisé en comprimés, le laboratoire peut vouloir le proposer sous une autre forme : injectable, sirop... Travailler avec des sous-traitants lui permet d’être immédiatement sur le marché de façon efficace et donc de gagner un temps précieux sur les concurrents”. Les normes d’hygiène sont très strictes. Le port de chaussons, charlottes, voire même combinaisons, est obligatoire. Pour des raisons bactériologiques, le conditionnement est fait sur place afin de ne pas multiplier les transports qui engendrent des risques de contamination ainsi qu’un surcoût. Les opérations s’effectuent en salle blanche, c’est-à-dire sous air filtré, renouvelé, et les produits sont transportés dans des tuyaux en inox jusqu’aux salles de remplissage. Une fois à l’abri des pollutions, les produits transitent vers d’autres salles pour la mise en boîte individuelle, en barquettes PVC, etc. Les produits finis sont alors palettisés, filmés et expédiés aux commanditaires qui s’occupent de la commercialisation.

Chesapeake :
l’emballage sécurisé

La fabrication de l’emballage en carton plat est la spécialité du groupe Chesapeake Field Boxmore, dont l’histoire commence avec la société Pigé-Pioger implantée à Tours en 1924 et qui se dé-placera vers Saint-Pierre-des-Corps en 1977 avant d’être rachetée par le groupe Sailliard en 1987. Les deux sociétés fusionnent en 1994 puis sont acquises en 1996 par le groupe américain Chesapeake devenu, par OPA successives, Field Boxmore. Le site de Saint-Pierre, outre la certification ISO 9002 obtenue en 1999 et confirmée en 2001, a mis en place des procédures strictes en matière de qualité et de sécurité : flux non croisés, chaînes sous vide... pour répondre aux besoins de la pharmacie. En effet, sur un CA de 40 MF annuels, 70 % sont réalisés dans la pharmacie et 30 % dans d’autres marchés tels que l’habillement, l’alimentation, la chaussure... “un équilibre que nous souhaitons conserver” souligne Alain Houziel, directeur du site. “Nous bénéficions également de la puissance du groupe (CA : 800 millions de dollars, 8000 salariés dans le monde) et nous avons investi 12MF l’an dernier. Notre objectif est d’apporter des solutions d’emballage innovantes tant au niveau des produits tel l’emballage “sécurité enfants”, le conditionnement anti-vol, qu’à celui des services : logistique et livraison.”


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