Traduire ou faire traduire ? L’un n’empêche pas l’autre

Le don des langues

L’internationalisation des contacts et des projets entraîne une utilisation croissante des langues étrangères dans les entreprises. Le recours aux compétences d’un traducteur ou à la formation linguistique des collaborateurs se généralise. En Touraine, des professionnels répondent à ces besoins spécifiques

“Si nous ne proposions pas un “plus”, nous n’existerions plus depuis longtemps !” estime Dominique Gromas, directeur adjoint de la Banque Hervet à Tours. Dans le paysage bancaire actuel, en effet, face aux grands réseaux, les “vieilles”, comme on les nomme (BNP, Crédit Lyonnais, Société Générale), et aux mutualistes (Crédit Agricole, Banque Populaire, Crédit Mutuel, Caisse d’Epargne, etc.), comment pourraient exister des établissements régionaux d’origine familiale tels que les banques Tarneaud ou Hervet, si le service apporté ne correspondait pas à des attentes spécifiques ?

Traduire

Le besoin de communiquer dans une langue étrangère est aujourd’hui une évidence. A commencer par le simple fax ou courrier électronique, en passant par la fiche technique ou le brevet rédigé en anglais. Tous les postes dans l’entreprise sont concernés, de manière occasionnelle ou quotidienne, car aucun secteur n’échappe à la mondialisation. Pour preuve, l’on forme de plus en plus d’assistantes de direction trilingues : par exemple, à l’Institut Supérieur du Commerce et de la Bureautique, à Tours, “95 % des jeunes BTS de la promotion 2000 formés en anglais, allemand ou espagnol se sont insérés en moins de six mois” commente la responsable du centre, Laurence Lefèbre. Les entreprises communiquent donc de mieux en mieux avec un personnel de plus en plus qualifié. Une tendance qui cependant ne change en rien la nécessité de faire appel à des traducteurs professionnels pour le traitement écrit des langues.

Compétences et moyens

“De la recherche à l’application industrielle, de la production au développement commercial, l’entreprise a besoin d’un partenaire en mesure d’assurer totalement la qualité de ses traductions. Ce qui implique de la part de ce prestataire une diversité de compétences réunissant traducteur professionnel, ter-minologue, opérateur en PAO. Qui plus est, une équipe technique organisée comme une véritable unité de production afin de satisfaire aux exigences de rapidité” résume Serge Babary, directeur du Groupe Tradutours qui emploie sur le site de Tours vingt personnes. Le savoir-faire de sa société, aujourd’hui certifiée ISO 9002, s’appuie sur les millions de mots traduits en toutes langues et sur les cinq mille clients de tous secteurs d’activité qui lui ont fait confiance depuis sa création en 1975. Il précise : “Une société de traduction, c’est également une concentration de moyens informatiques et de communication. Tradutours réunit tout à la fois des capacités en matière d’équipement informatique, aussi bien PC que Mac, en traduction assistée par ordinateur (T.A.O), en bases de données puissantes pour la gestion de la documentation et le suivi terminologique”.

Des textes techniques

L’on parle dorénavant d’ingénierie linguistique avec des traducteurs spécialistes d’une langue, d’une technique. La traduction de textes techniques représente effectivement l’essentiel des demandes. C’est le créneau choisi, entre autres, par la Société de Traduction Technique (STT) implantée à Montlouis-sur-Loire depuis 1988. Avec ses sept salariés et une cinquantaine de traducteurs à l’externe, elle permet aux documentations concoctées dans les secteurs de l’industrie lourde d’être lues dans toutes les langues. Elle opère également dans le secteur du tourisme et auprès des institutions européennes.

Entre traduction et formation

Rédiger, en partenariat, ses documents techniques, commerciaux et rapports en anglais, c’est ce que propose la société Paris Val de Loire. Cette dernière vous aide à rendre vos documents parfaitement intelligibles en langue anglaise à partir des termes techniques connus par l’entreprise. Une formule originale qui permet d’en apprendre un peu plus sur l’expression anglo-saxonne lorsque vous n’avez pas le temps de vous consacrer à une formation spécifique. Mais en aucun cas elle ne peut la remplacer.

Apprendre

De plus en plus, les salariés bénéficient d’actions de formation, mais curieusement celles concernant les langues sont les moins nombreuses. Pourtant les besoins sont bien là et nombre de spécialistes en formation linguistique offrent une panoplie de solutions sur mesure, proposées au choix dans les locaux de l’entreprise ou dans leur centre.

Cours particuliers en face à face, cours semi-particuliers, cours collectifs intra / inter, cours par téléphone, stages intensifs, séjours en immersion : la liste est longue et permet surtout de choisir le produit le mieux adapté aux besoins du “stagiaire”. Un programme personnalisé est généralement proposé après un test ou un audit linguistique. Pour ce dernier, Brigitte Guille-Adam, responsable de Cetradel à Tours, précise la méthodologie utilisée par son centre : “Un test de niveau est effectué à travers six épreuves pour estimer la compétence du stagiaire. Puis une analyse des besoins et des objectifs est faite pour préconiser un volume horaire et un programme. L’entreprise prend ensuite sa décision en fonction de la proposition pédagogique et chiffrée qui lui est faite”. Une approche tout en finesse que partage également John Sheath, directeur de la société Best, ou encore Etienne Chevallier, directeur de Logos International : “Il faut cibler les besoins et les cadrer dans le temps. Les formations peuvent être courtes pour préparer un moment professionnel tel qu’un déplacement à l’étranger, une réunion avec sa maison mère...” La durée des stages est donc très variable suivant les objectifs de chacun mais elle se situe rarement en dessous de 30-35 heures pour des résultats tangibles. Quant à l’effectif dans les groupes de stagiaires, il ne va jamais au-delà de six avec des personnes de même niveau. Jacques Le Tarnec, responsable des ressources pédagogiques à l’IFCIL, confirme “l’abandon des groupes de huit à douze personnes. Les salles de cours sont petites et permettent d’enseigner à trois ou quatre stagiaires maximum. Nous avons d’ailleurs créé le “Groupe de progrès linguistique” avec deux voire trois personnes, qui représente 80 % de nos prestations. Les 20 % restants sont des cours individuels”.

Pédagogie active

“La meilleure pédagogie est celle qui est axée sur une communication où l’apprenant a un rôle actif : jeux de rôle, mise en situation proche de la vie réelle. L’époque où l’on apprenait sur les bancs de l’école est révolue” souligne Brigitte Guille-Adam. Ce qui apparaît comme essentiel à Etienne Chevallier, c’est “l’acquisition des automatismes en s’exprimant correctement sans référence à la langue maternelle. Il faut interdire au stagiaire de traduire ; on lui demande d’avoir une écoute intégrale pour qu’il ait le sens de ce qui est dit”. Une méthode directe que l’on retrouve également chez Best : “L’apprenant est constamment impliqué et nous l’aidons aussi à apprendre seul en lui donnant tous les outils linguistiques”.

Supports variés

Même si le support “le plus important reste le professeur,” comme le rappelle John Sheath, les nouvelles technologies de communication ont fait évoluer les outils. Elles permettent d’aborder la langue dans son aspect courant, professionnel ou ludique. Les formateurs utilisent l’audio, la vidéo, le multimédia, internet et la visioconférence, un support d’avenir qui permet de prendre son cours à distance, dans une salle de l’entreprise, le professeur demeurant dans son centre. En développement également, le e-learning mais qui ne pourra jamais remplacer le cours en face à face, comme tient à le rappeler Etienne Chevallier : “C’est bien un complément”. Précisons que ces supports sont également très utiles pour revoir ce qui a été vu en cours avec le formateur, notamment en se rendant au centre de ressources multimédia.

Annie BLANCHET



Apprendre la langue de son métier
Le monde aéronautique


Le Centre français de formation permet aux pilotes, personnel navigant, commerciaux, techniciens de maintenance et assistants de piste d’apprendre l’anglais et l’allemand technique. La réglementation les oblige à un niveau de compétence linguistique suivant leur fonction.

La pédagogie est appliquée sur trois terrains d’aviation en France dont celui de Tours. Les cours sont donnés en individuel ou en groupe et concernent autant le personnel en formation continue que le demandeur d’emploi. Sur un an, un tiers des personnes bénéficiant de cette formation sont tourangelles.


Le tourisme


Linguatours forme les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration en anglais, allemand, italien, espagnol et japonais. Des professeurs diplômés en formation continue enseignent soit individuellement soit à des groupes de quatre personnes maximum de tout niveau ou débutant.

Une activité saisonnière pour Linguatours qui, par ailleurs, propose d’avril à octobre des guides-interprètes pour accompagner les touristes dans les villes, châteaux, caves, terroirs, etc.



Apprendre le français
CLE en main


L’idée qui a présidé, en 1985, à la création de l’entreprise CLE, centre linguistique pour étrangers, était de faire apprendre la langue française à des groupes ne dépassant pas sept personnes. “A l’époque, c’était innovant car les cours étaient communément dispensés à des classes de 25 personnes” explique Isabelle Aubert, directrice et fondatrice avec son mari de CLE. Tous deux ont enseigné le français dans des pays anglophones avant de créer l’entreprise à Tours, dont le C.A. est aujourd’hui de 3 MF. Le centre a connu un rapide succès auprès d’une clientèle très diversifiée venant essentiellement d’Europe, d’Amérique du Nord et du Japon.

Elle se compose d’étudiants, de personnes envoyées à la demande de leur entreprise, de militaires européens et surtout de salariés qui ont fait personnellement la démarche pour venir apprendre la langue de Molière. Ainsi, nombreux sont ceux qui le font par plaisir lors d’un séjour touristique. Une équipe de dix professeurs, ayant préalablement exercé à l’étranger, y enseigne le français courant ou de spécialité ; les cours sont sur mesure : droit, affaires, tourisme. A leur disposition : une dizaine de salles et tous les moyens de communication actuels. En règle générale, la durée du stage est de trois mois. Cependant, une nouvelle demande voit le jour avec des cours particuliers sur la base d’une semaine de vingt-cinq heures.
Contact : 02 47 64 06 19
www.cle.fr