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Dans la puériculture, il faut choisir : lenseigne ou le créneau original
Lorsque
lenfant paraît
Le marché des 0-2 ans est un créneau convoité : le client y est particulièrement enclin à craquer. Mais cest un marché difficile et en mutation
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Si lon ne peut pas encore parler de véritable baby-boom, la reprise de la natalité est cependant réelle : depuis 1995, le nombre de naissances progresse régulièrement dans le département : 6 971 naissances ont été enregistrées lannée dernière en Touraine, soit 290 de plus quen 1999. Autant denfants à équiper et à vêtir et, par ricochet, autant de ventes. Cette mini-vague de bébés a-t-elle eu un impact sur le commerce local tourné vers les 0-2 ans ? Les professionnels interrogés se montrent réservés. A Amboise, Dominique Le Clainche (magasin Joupi) déclare avoir mieux travaillé en textile mais rien dextraordinaire. A Chinon, Martine Marceau (magasin Natalys) estime que jusquà présent, la reprise de la natalité semble avoir plutôt joué en faveur des familles nombreuses : or, on investit moins pour un second ou un troisième enfant. Pour Nadine Lefèvre, indépendante adhérente de lenseigne Autour de bébé à Chambray-lès-Tours, le marché est plutôt stable. Sil y a évolution, cest parce que les fabricants suscitent des besoins avec des produits nouveaux. Prudence donc chez les professionnels qui, depuis quelques années, sadaptent à une profonde modification du secteur.
Un marché
en mutation
Premier constat : le matériel de puériculture lourde (lits, poussettes, sièges auto, etc.) est devenu, ces dernières années, plus difficile à maîtriser pour les commerçants indépendants. Cest com-pliqué à gérer, explique Dominique Le Clainche : on se heurte à un problème de place, déventail de choix trop restreint et de disponibilité darticles. Ce qui nous réduit trop souvent à des ventes de dépannage. Dautant quune nouvelle race de magasins est apparue en périphérie : les surfaces spécialisées pour lenfant. Nadine Lefèvre constate que le consommateur achète de plus en plus le matériel lourd en grande surface spécialisée : essentiellement pour les raisons déjà citées mais également pour le suivi des marques et des collections. Certaines enseignes de format plus réduit, de type Natalys ou Jacadi, tirent cependant bien leur épingle du jeu sur le segment de la puériculture comme sur celui de la layette. Parce quelles ont su se construire une image de spécialiste de lenfant, de vendeur dunivers capable dintervenir sur tout lenvironnement de lenfant.
Dans son magasin Natalys, Martine Marceau affirme bien vendre léquipement lourd, dans une ambiance conviviale : Bien souvent, les gros achats se font en famille, les grands-parents offrent la poussette, le futur père pose un regard de technicien sur le montage du véhicule, sur les roues.
Le filon
du cadeau
Dominique Le Clainche à Amboise, comme Martine May à Loches (boutique Caramel), toutes deux commerçantes indépendantes, ont donc choisi darrêter le rayon puériculture. Et de miser plutôt sur le marché du cadeau, quil sagisse du vêtement ou des objets de décoration. Lachat pour offrir est en effet un moteur important de fréquentation des boutiques pour enfants. Jusquà ses 3 ans, habiller un enfant revient environ à 3 500 F par an : heureusement pour les parents, la moitié provient de cadeaux. Chez Joupi, à Amboise, 70 % des ventes de textile partent en cadeaux. Pourtant, note Dominique Le Clainche, les consommateurs diminuent leur budget moyen : la valeur dachat tourne aujourdhui autour de 200 F-300 F. A Loches, Martine May confirme le phéno-mène : Le vêtement marche bien en cadeau jusquà un an. Du coup, les mamans achètent de moins en moins elles-mêmes. Résolument positionnée sur le marché du cadeau coup de coeur, elle développe en outre une offre originale dobjets semi-artisanaux. Tout ce qui sort des sentiers battus - mobiles musicaux, jouets en bois, gros coussins de tissu - marche bien. Cest loriginalité qui paie. Et le client qui naccepte pas de mettre 400 F dans un vêtement craquera pour un gros coussin très original en forme danimal, pourtant, au même prix.
Un style
à soi
On la compris, lavenir du commerçant indépendant, et tout particulièrement du multimarque, repose sur loriginalité du style quil imprime à sa boutique. Sur un marché tiré par des chaînes aux produits mode, bon marché et au réassort très fréquent, il y a place pour des points de vente tirant la qualité vers le haut et affichant une belle créativité. Notre avantage, cest dêtre différent, même si cest plus compliqué, témoigne Alain Cohen, commerçant indépendant à Tours (magasin Fripouilles). Je dois aujourdhui faire appel à vingt collections différentes dans mon magasin. Toute la difficulté consiste à trouver les bons fournisseurs, proposer des produits originaux, choisir les marques dans le coup. Mais ça nous permet de capter ainsi le consommateur daujourdhui, zappeur dans lâme. Car rien nempêche les mères daujourdhui dacheter à la fois du basique chez DPAM et de la marque en réseau traditionnel. Sans compter que loffre du multimarque permet aussi de répondre aux demandes de clientèles différentes. Que lassortiment soit simple à réussir, certes non. Dominique Le Clainche témoigne de la difficulté à faire cohabiter des marques très différentes.
Et pourtant, il en faut pour tous les goûts : de larrière-grandmère, au goût plus traditionnel et qui tient aux couleurs layette, à la jeune mère branchée. Cest là que le métier est à la fois plus intéressant et plus difficile. Les enseignes ont moins de mal sur ce point : leur image et leur offre sont cohérentes davance.
Il reste que les commerçants indépendants, quils soient indépendants purs ou affiliés à une enseigne connue, ont un atout de poids : les tout-petits sont un marché délection pour les marques de mode enfantine. Elles demeurent en effet un gage de qualité pour les parents.
Catherine GEFFROY
Chiffres clés :
5 % : cest la hausse des naissances en France en 2000
29,4 ans : cest lâge moyen auquel les Françaises ont un enfant
5335,72 euros (35 000F) : cest le budget annuel total dun enfant de 0 à 4 ans, tout compris (garde, couches, alimentation, habillement, etc.) dont 544,42 euros pour le vêtement
20 à 30 % : cest la part du revenu consacrée par un ménage à un premier enfant.
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