Les projets des Pays sont autant de marchés pour les entreprises.

Pays : le passage à l’acte

Tous les contrats de pays sont désormais signés en Touraine. Une place de choix a été réservée aux actions de développement économique et touristique. 203 MF de subventions ont été accordés par la Région aux programmes d’actions des Pays de Touraine sur un investissement global de 823 MF prévu sur quatre ans. Ces subventions régionales, qui s’accompagnent souvent d’aides de l’Etat et du Département bouclent ainsi les dossiers de financement des projets des Syndicats mixtes.

Pays de Loches et de la Touraine du Sud

Investissement : 220 MF
Subvention régionale : 47 MF

Le Pays présente un tissu artisanal dense et varié, une ruralité forte et des industries concentrées sur deux pôles : Descartes et Loches. Par ailleurs, il dispose d’un patrimoine architectural et historique certain mais sous exploité. “La procédure Contrat de Pays mise en place ici depuis fin 1998 apporte l’opportunité d’une structure souple, d’un incubateur d’idées pour impulser des projets qui donneront une plus-value au territoire” précise Stéphanie Braconnier, agent de développement. Le programme comprend six projets structurants. Deux ont une vocation économique et quatre un caractère touristique :
- le développement des technologies de l’information et de la communication : dans le prolongement de la création du centre d’appels à Tauxigny, il est prévu d’implanter une plate-forme de services à usage public, pour la recherche d’emploi, la formation à distance, l’information touristique, et à usage privé avec un dispositif d’accueil pour les entreprises consommatrices de TIC ;
- la création d’une unité de seconde transformation du bois, nouvelle structure commune aux trois scieries du canton de Montrésor : les petits billons de chêne, actuellement peu exploités, devraient être utilisés dans la fabrication de support pour parquet flottant. Les études de faisabilité de ce nouveau procédé sont en cours. Les nouveaux débouchés permettraient l’embauche d’une vingtaine de personnes ;
- l’aménagement touristique, ludique et pédagogique de la Vallée de l’Indre comprise entre Loches, Beaulieu et Perrusson, soit un espace de 350 ha ;
- la création d’un centre d’hébergement et d’animation au Grand-Pressigny : le projet d’un complexe muséographique de la préhistoire nécessite de prévoir des structures d’accueil pour les cent mille visiteurs annuels escomptés ;
- la réalisation d’un centre d’hébergement pour l’accueil de personnes handicapées à Preuilly-sur-Claise dans bâtiment du XVIIème siècle : elle permettra de répondre à une demande insatisfaite dans la région ;
- la préservation du Prieuré du Louroux, fondé par l’abbaye de Marmoutier : les bâtiments doivent d’urgence être mis hors d’eau avant d’envisager une vocation touristique pour compléter l’offre dans la région.

Pays du Chinonais

Investissement : 234 MF
Subvention régionale : 60 MF

“Le Chinonais est un mélange de micro-territoires, avec une grande diversité de paysages. Le concept de Pays est nouveau, difficile à appréhender. La vision territoriale du Pays et, par là même, le consensus sur le programme, n’ont pas été d’emblée évidents,” commente Eric Navarre, agent de développement.
Sur les trois axes retenus, celui du développement économique est le plus important (52 % de la dotation). Il comprend :
- l’aménagement des zones d’activité qui, pour la majorité d’entre elles, sont loin d’être saturées ;
- la structuration de l’activité touristique pour en améliorer l’offre et l’accueil. Le soutien sera apporté, entre autres, à la réalisation d’un écomusée du végétal sur quatre sites dans le Ridellois (osier, chanvre, poire tapée, meunerie) et à l’agrandissement de la Maison de la Rivière à Chinon ;
- la promotion des productions agricoles locales ainsi que leur gestion environnementale et paysagère : vin, asperge, truffe, fromage, melon... autant de filières génératrices d’une image forte de Pays. En complément, l’acquisition de matériel en commun et l’aménagement de locaux d’accueil pour la vente directe sont également prévus ;
- le soutien aux outils et structures de développe-ment pour l’appui technique et financier aux porteurs de projets. Ainsi, le Bureau de l’Artisanat va être renforcé.
Afin de repositionner fortement Chinon et le Chinonais sur la dynamique touristique selon les entités existantes, une étude stratégique a été intégrée dans la procédure Contrat de Pays. Elle doit aboutir fin 2001 à un programme d’actions.
Enfin, les projets liés à l’environnement vont bénéficier d’un partenariat avec le Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine qui englobe l’essentiel du Pays du Chinonais.

Pays Loire - Touraine

Investissement : 260 MF
Subvention régionale : 66 MF

Le programme d’actions a été validé en moins de six mois. Christophe Blot, agent de développement, l’explique : “Les partenaires et acteurs du Pays connaissaient parfaitement leurs projets. Très impliqués, ils ont apporté beaucoup de dynamisme dans la démarche contractuelle”. Un grand intérêt a été accordé au développement économique qui représente le tiers des subventions. Si l’on ajoute les actions du volet touristique, c’est plus de la moitié de la dotation qui est consacrée à ces deux axes. Sont principalement prévus :
- le renforcement des pôles d’activités avec la création, l’extension de zones intercommunales, la requalification des zones sur la communauté de communes de l’Est Tourangeau, le district d’Amboise, la communauté de communes du Castelrenaudais...
- le maintien et le développement des entreprises artisanales et commerciales en favorisant les installations en milieu rural, en assurant la mise aux normes des places de marché ;
- la mise en place d’une ORAC, outil efficace dans la restructuration du commerce et de l’artisanat ;
- la modernisation du secteur agricole et viticole : aménagement d’aires d’accueil dans les caves coopératives de Bléré, Montlouis, Vouvray, la “Gourmandière” et de nombreuses actions en faveur du tourisme.

Pays du Nord-Ouest tourangeau

Investissement : 109 MF
Subvention régionale : 30 MF

Le Pays présente un secteur profondément rural dans sa partie située au nord-ouest et au sud. Il offre aussi la particularité de posséder les plus grands lacs et les plus grands plans d’eau de la Touraine. La réalisation en cours des autoroutes A 85 et A 28 devrait contribuer à désenclaver le pays et à lui faire bénéficier de l’impact du développement de l’agglo-mération de Tours. Nathalie Vivier, agent de développement, rappelle que “la volonté d’avancer, de faire reconnaître le territoire avec ses spécificités, a conduit à faire de l’intercommunalité le maître mot du programme”. Les actions de soutien à l’activité économique et au développement, et à la qualification du potentiel touristique y sont prépondérantes. On retiendra en particulier :
- l’aménagement, la modernisation des zones d’activité économique ainsi que la création de nouveaux espaces correspondant à l’évolution de la demande des entreprises : nouvelle ZA de 50 ha à Cinq-Mars la Pile et trois autres sur le canton de Château-la-Vallière ;
- le soutien aux activités commerciales, artisanales et industrielles locales qui comprend notamment l’amé-nagement et la mise aux normes des places de marché, aires d’accueil et la poursuite de l’ORAC, initiée sur quatre cantons en 1997 ;
- le développement de pôles touristiques structurants : dans cette perspective, les sites de Rillé (lac) et de Saint-Paterne-Racan (complexe touristique autour des caves champignonnières) ont été sélectionnés. La réalisation d’un musée de la poupée à Langeais, lié à la présence de la société Corolle, permettra de soutenir la mise en valeur en cours du bourg et du château dans une opération Coeur de Pays ;
- le maillage du Pays par des structures d’accueil et d’information touristique afin de capter une importante clientèle de passage. Sont ainsi prévus des lieux d’accueil, le réaménagement des offices de tourisme, un relais d’information, une Maison de Pays et une Maison de l’environnement.

Annie BLANCHET

Législation
Le PLU : nouveau document d’urbanisme


Un projet de développement d’activités de loisirs va se concrétiser autour du lac de Rillé.

Avec la loi Solidarité et Renouvellement Urbain du 13 décembre 2000, le POS (plan d’occupation des sols) disparaît au profit du PLU (plan local d’urbanisme).
Cette loi conforte le mouvement de décentralisation amorcé en 1982 par la loi Deferre et prolongé par les différentes lois Pasqua, Chevènement et Voynet. Elle modifie profondément les règles de l’urbanisme et apporte une vision à la fois plus globale et plus locale.
Ainsi, le schéma directeur imposé par l’Etat disparaît au profit des SCOT, schémas de cohérence territoriale basés sur l’intercommunalité. Ils prendront en compte l’activité économique comme une composante à part entière, au même titre que les transports collectifs par exemple. De plus, ils seront établis sur la base d’un diagnostic de la situation existante réalisé, entre autres, avec les CCI.
Le POS laisse donc la place au PLU. Conforme aux directives du SCOT, il sera élaboré suite à une concertation publique préalable à laquelle prendront part les différents acteurs locaux. Ils pourront y faire valoir leurs remarques et suggestions de façon à adapter le PLU aux besoins spécifiques de chaque zone (redynamisation des zones, desserte, stationnement...).
Lors de cette concertation publique préalable, chacun pourra donc participer à la définition du zonage et de la politique locale de développement économique. Trois composantes sont ainsi expressément visées : l’équipement commercial et artisanal, la localisation préférentielle des commerces et la mise en valeur des entrées de ville.