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Cest le moment de séduire le client : il a envie de jolies choses !
Embellie
sur la consommation
Lannée 2000 sest révélée globalement positive pour le commerce. Dans un contexte socio-économique plus favorable, lenvie de consommer est revenue. Mais la confiance demeure fragile.
Je consomme, tu consommes, nous consommons ? Depuis maintenant plus dun an, lamélioration de la conjoncture aidant, les Français se montrent dhumeur dépensière. Pour autant, ils nachètent pas tout et nimporte quoi. Tous les marchés ne vivent pas au même rythme : les secteurs vedettes restent la culture et les loisirs, lélectronique grand public et léquipement de la maison. Les Français nachètent pas nimporte comment non plus. Le consommateur a bien assimilé les leçons de la crise : il sait maintenant attendre pour payer moins cher, notamment lors des soldes. Mais, si lon écoute les professionnels, il y a bien une reprise globale du désir dacheter. Et surtout, il existe des mécanismes nouveaux qui poussent à consommer davantage ou autrement.
Une envie
de modernité
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Près dun ménage français sur deux envisage un achat de meubles ou darticles de décoration dans les douze mois à venir, révèle le Cetelem (+ 9 % par rapport à 1999). Un phénomène que les experts analysent comme la volonté de changer de décor. Comme si le changement de millénaire et larrivée des nou-velles technologies faisaient souffler un vent nouveau sur un marché resté très longtemps traditionnel. Depuis trois ans, dans son magasin tourangeau Armonys, M. Caudron a rajeuni progressivement son offre. En janvier 2001, il a franchi le pas et refait son magasin pour ne plus proposer que du contemporain : sièges et meubles, luminaires et tapis. Tous ceux qui bénéficient de la reprise ont envie de changer denvironnement, explique-t-il. On sent un besoin de nouveauté, de modernité, dans la clientèle. Ce sont les mêmes clients quavant mais qui évoluent dans leurs goûts. Ils abandonnent la valeur sûre, le Louis-machin. Et il ny a pas de limite dâge pour commencer : On voit les ménages de 35-40 ans, ceux qui sont peut-être les plus concernés par la reprise et les conséquences de la nouvelle économie, poursuit-il. Mais on voit aussi les seniors : ils ont du pouvoir dachat et quand ils quittent leur grand appartement pour un plus petit, un certain nombre nhésite pas à passer au moderne.
Une demande
de bien-vivre
La qualité est redevenue, depuis 1998, lexigence principale des consommateurs, note le Cetelem dans son dernier rapport sur la consommation. Lalimentaire nest pas en reste. Les diverses crises de confiance sont passées par là et on voit revenir en force un souci de recherche de produits bons pour la santé. Indéniablement, témoigne Eric Pasquier, spécialiste des produits laitiers sur les marchés de Touraine, il y a eu un revirement de consommation, en tout cas pour les commerçes alimentaires : une attente de qualité et de sécurité. Les clients sont capables de faire un petit effort de prix pour plus de qualité. Mais, attention, ils sont très exigeants. Ils demandent quon soit de plus en plus professionnels : on a de moins en moins le droit à lerreur lorsquils nous demandent un conseil. Ils nous écoutent mais il faut quil y ait un résultat au bout.
La revendication de qualité nexclut pas pour autant la recherche de plaisir : en témoigne le succès, sur les marchés, de certains spécialistes de la pomme, de la fraise ou encore, de la cerise, sur des produits très éloignés des standards habituels. En termes de chiffre daffaires, ajoute Eric Pasquier, cela se traduit par une augmentation, parfois importante. Mais ces augmentations sont souvent dues à des investissements : rien que les mises aux normes et les augmentations de charges diverses ont souvent entraîné une baisse de bénéfice. Et demain ? Demain, il en est certain, la demande de qualité ira croissante. Comme la confiance ira croissante en une alimentation de qualité.
Se faire
plaisir
Les professionnels observent une volonté de retrouver du plaisir dans la vie quotidienne. Les clientes ont envie de se faire plaisir, note Monique Gellot, dans son magasin de prêt-à-porter féminin de Tours-Nord (Carol Boutique). Celles qui ont entre 30 et 40 ans préfèrent acheter moins mais de plus belle qualité et reviennent à la boutique sélective. Celles qui ont 55 ans et plus ne regardent pas trop à la dépense : parce quelles ont une vie sociale active, elles ont le souci de plaire. Le retour de la couleur, après des années dominées par le noir et le gris, favorise lachat dimpulsion, destiné là encore à se faire plaisir : De plus en plus, on est dans lachat coup de coeur. Une vitrine colorée, bien mise en scène, attire loeil de la cliente au volant de sa voiture : elle reviendra acheter.
Dans son magasin Gitem à Bourgueil, Philippe Huret observe le même phénomène : Depuis un an et demi, je remarque une reprise dactivité : cela se traduit par de lachat de qualité. On vend de moins en moins de bas de gamme quel que soit le produit, lave-linge ou télévision. Les gens ont envie de se faire plaisir et regardent moins à la dépense. Ils sont également plus sensibles à lesthétique de certains produits, notamment la télévision qui constitue un des éléments de décor de la pièce à vivre.
Un consommateur
plus mature
Le retour de la consommation saccompagne de nouvelles attentes. Le client est certes informé mais pas autant ou pas aussi bien quon le croit. Mais il est intelligent et il veut quon le respecte et quon le considère. Quon lui apporte une écoute, un conseil personnalisé et un service, estime M Caudron. Chacun des professionnels interrogés rejoint cette analyse : quel que soit le secteur dactivité considéré, on ne fidélise ce client exigeant quavec une offre de services. Ce critère intègre des horaires adaptés, des retouches et une écoute attentive du client dans le prêt-à-porter, des conseils sur place, au domicile du client, en décoration, des livraisons et du service après-vente de qualité dans léquipement du foyer. Dans son magasin Gitem, Philippe Huret va jusquà affirmer que 60% des ventes sont emportées par loffre de services.
Demain ? Difficile de faire des pronostics. Tout dépend des arbitrages que fera le consom-mateur entre plusieurs marchés et de sa confiance dans lavenir. Lexpérience de M. Joubert, même sil est satisfait des résultats des deux magasins de prêt-à-porter quil possède à Amboise, lincite à la prudence. Selon lui, la reprise est en dents de scie et la confiance retrouvée par le consommateur reste fragile : La progression quon vient de connaître risque dêtre suivie par un resserrement. Notamment, parce que leuro peut freiner la consommation dans les premiers mois. Il va falloir tout mettre en oeuvre pour mettre le consommateur en confiance. Le commerçant sait aujourdhui, comme le déclare Philippe Huret, quil doit envisager son magasin comme un tout. Le consommateur se fait une image globale du magasin : qualité de laccueil, ambiance, justesse de loffre, aptitude des services, récompense de la fidélité. Une leçon de la crise pour échapper aux aléas de la conjoncture ?
Catherine GEFFROY
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