Le classement du Val de Loire au patrimoine mondial fait naître de nouvelles ambitions
 
Val de Loire : cote en hausse
 
L’inscription du Val de Loire au patrimoine mondial de l’Unesco ouvre de nouvelles perspectives de développement en Touraine. C’est un véritable atout pour l’économie et le tourisme, dont les acteurs espèrent bien profiter.
Trop récent, le classement du Val de Loire par l’Unesco au patrimoine mondial des paysages culturels ne permet pas encore d’estimer les retombées économiques en Touraine. Quant à la comparaison avec d’autres sites en France, qui ont déjà reçu le précieux label, elle serait hasardeuse : le périmètre du Val de Loire classé, le 30 novembre 2000, de Sully-sur-Loire au confluent de la Maine à Chalonnes et long de 260 km, constitue une première mondiale par sa dimension. Cependant, la reconnaissance d’un site exceptionnel alliant un patrimoine architectural mondialement connu et un patrimoine naturel préservé se révèle être une chance formidable pour la région. Loïc Bidault, directeur du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, en est convaincu : “Le titre “paysage culturel” est bien plus mobilisateur que “monument”. Le patrimoine concerné donne en effet la possibilité de créer une dynamique sur un large territoire. Quant aux retombées ultérieures, personne ne considère l’inscription comme une fin, mais tous comme un début. Ce n’est pas une simple consécration et c’est à nous d’en tirer tout le parti”. Le PNR, structure instigatrice de la candidature ligérienne, y voit des pistes de développement : “Des emplois pourraient se créer, destinés à assurer la préservation du site, son animation ainsi que l’accueil de touristes plus nombreux. Des emplois dans le tertiaire supérieur peuvent être espérés car la proximité avec Paris attirera sur un site du patrimoine mondial un encadrement exigeant. Dans nos universités, de nouvelles formations supérieures se mettront en place ; pourquoi pas un DESS formant des gestionnaires de sites dans le monde ? L’Unesco constate justement un gros déficit dans la gestion et la mise en réseau de ses sites”.
 
Un regain
d’attractivité
 
La Loire, surtout connue pour ses châteaux, devient autrement attractive. Découvrir les beautés architecturales et naturelles recelées par le dernier grand fleuve sauvage d’Europe sera sans doute moteur dans la création de lieux d’accueil et de découverte, à la fois touristiques, pédagogiques et scientifiques. De quoi favoriser l’éclosion d’un certain nombre d’initiatives et donner un coup d’accélérateur aux projets en cours. Ainsi, le projet “Loire à vélo”, unique en France et deuxième en Europe après le Danube, est un produit à retombée mondiale en passe de devenir une réalité. Le dossier est en bouclage et les moyens seront mis en place pour attirer les touristes de tous horizons. Un peu partout, on attend donc beaucoup de cette classification. Pour Simone Daumas, chargée de promotion à l’offi-ce de Tourisme de Tours : “ce n’est pas n’importe quel label ! Mesurer l’apport de cette inscription à travers nos prochaines statistiques gardera, certes, une part de subjectivité. Il existe un élan touristique depuis trois ans et la saison 2000 a été bonne. Mais on pourra connaître l’im-pact avec les réservations pour 2001. Dès le mois de juin, nous serons à même de recueillir les témoignages des visiteurs”.
 
Un surcroît
de notoriété
 
En attendant des résultats plus tangibles, partout on se réjouit de ce label qui va compléter, élargir l’attrait de la région. Le concept de la Vallée de la Loire comme “un ensemble”, “un art de vivre” se trouve validé. Certains propriétaires de châteaux, tel Villandry, communiquent déjà la bonne nouvelle à travers leurs courriers et dossiers de presse. Ils savent que les sites précédemment labellisés ont vu leur taux de visiteurs en nette augmentation. C’est notamment le cas pour le Canal du Midi et Saint-Emilion avec une fréquentation touristique accrue de près d’un tiers. Ce surcroît de notoriété sur la qualité des paysages ligériens est très motivant. Les responsables du Château de Pray à Amboise, établissement hôtelier, commentent : “Nous allons mieux faire valoir le patrimoine que nous possédons. Nous devons être aussi plus imaginatifs et inventer de nouvelles animations dans les châteaux. Même si l’intérêt existe toujours pour ces sites, il faut aller vers une diversification de l’offre”.
 
Un argument
de plus
 
Le classement par l’Unesco vient renforcer l’image de marque du Val de Loire. Nombreux sont ceux qui cherchent à mettre en valeur leur appartenance à ce site. Loïc Bidault adresse régulièrement, à leur demande, le dossier de présentation du projet d’inscription à des entreprises de Touraine qui exportent les savoir-faire du terroir. L’aéroport de Tours a eu cette démarche. Le label obtenu devient un argument supplémentaire. Par rico-chet, les sites implantés à proximité du périmètre classé pourraient, eux aussi, tirer avantage de cette notoriété. D’ores et déjà, les entreprises aimeraient disposer pour leur communication du logo ou d’un slogan faisant référence à cette classification. C’est pour l’instant à l’étude avec l’Unesco.

Contact PNR : 02 41 53 66 00
Site internet : www.parc-loire-anjou-touraine.fr

Annie Blanchet

 
 
Promenade en Loire

Il pousse des ailes au bateau Saint-Martin

Le bateau-découverte de la Loire, lancé il y a quatre ans par la Ligérienne de Navigation, attire de plus en plus de visiteurs et s’intègre bien au site classé du Val de Loire. Vingt mille passagers ont goûté aux joies de cette promenade au fil de l’eau, la saison dernière. A chaque balade, les touristes s’étonnent de l’aspect sauvage et propre du fleuve. Georges Marchand, gérant de la société, attendait avec impatience cette reconnaissance de l’Unesco. Il a déjà en tête différents projets pour compléter son offre touristique. Entre autres, cette idée de débarquer sur le parc situé sur l’Ile de Rochecorbon, presqu’île semi-naturelle, peuplée d’oiseaux, couverte de végétaux intéressants et animée d’espaces ludiques, et qui donne l’impression d’être au bout du monde. Des contacts avec le service de la navigation sont actuellement en cours pour mener à bien ce qui apporterait à la promenade à bord du Saint-Martin un intérêt supplémentaire.

 
Contrats de travail en alternance : de nouvelles dispositions

Contrat d’apprentissage :
Depuis le 1er janvier 2001, l’aide forfaitaire de 6000 F, accordée aux entreprises qui emploient des apprentis dont le niveau de qualification est faible (inférieur ou équivalent au CAP ou au BEP) est réservée aux entreprises du secteur privé de moins de vingt salariés.

Contrat de qualification :
L’aide forfaitaire aux entreprises pour l’embauche de jeunes de 16 à 25 ans inclus est supprimée.
Le contrat de qualification “adultes” (26 ans et plus) est prorogé jusqu’au 30 juin 2002. L’aide forfaitaire est de :
- 10 000 F pour les demandeurs d’emploi inscrits pendant au moins 12 mois au cours des 18 derniers mois,
- et de 10 000 F supplémentaires pour les demandeurs d’emploi inscrits au moins 24 mois au cours des 36 derniers mois précédant l’embauche, et avec lesquels l’entreprise conclut un CDI à l’issue du contrat de qualification.
Renseignements : 02 47 47 20 61.
E-mail : sguibert@touraine.cci.fr

Objectif 2 : aide-toi, l’Europe t’aidera

Le nouveau plan européen d’aide aux zones défavorisées entre en action : Objectif 2 remplace Objectif 5b. En Touraine, le Lochois et une partie du Chinonais font des projets pour en bénéficier.

L’enveloppe régionale est garnie : 1,487 milliards de francs ont été attribués par la Communauté Européenne à la région Centre pour aider, de 2000 à 2006, au financement de réalisations structurantes dans les zones dites défavorisées et désormais classées Objectif 2. En Touraine, les arrondissements de Loches (ses six cantons) et de Chinon (cantons de Richelieu, l’Ile-Bouchard, Sainte-Maure et Chinon, communes du Véron exceptées) sont concernés. Devenus inéligibles, les cantons de Neuvy-le-Roi et Château-la-Vallière ont été classés en zone transitoire : ils bénéficieront d’un soutien pour sortir en douceur du précédent dispositif Objectif 5b.
Mais tout ne fait que commencer : “A ce jour”, indique Catherine Lefranc, sous-préfète de Loches et présidente du comité technique, “la Touraine a finalisé peu de projets en dehors des trois grandes opérations à maîtrise d’ouvrage du Département : création d’un musée de la préhistoire au château du Grand-Pressigny et aménagement dans les châteaux de Chinon et Loches, qui devront être présentés”.

Une volonté : garder le rythme

Fort de l’expérience du “5b” et de la lenteur qui avait caractérisé le versement des fonds, le comité de pilotage départemental Objectif 2 se réunit tous les deux mois pour examiner les projets proposés. En cas d’avis favorable, il envoie les dossiers au comité de programmation régional qui les étudie à son tour et donne son avis. Vient ensuite la phase de paiement.
“Dans un cadre européen, ce que l’on recherche, ce sont des projets qui ont de la consistance, capables de renforcer la cohésion économique et sociale, de soutenir la reconversion de régions en difficultés structurelles, ce qui est le cas de nos arrondissements ruraux, et de faire en sorte que les différences ne s’accentuent pas.”
Ces préoccupations sont organisées dans le DOCUP, selon cinq axes et quatorze mesures, dans le cadre desquelles devront s’inscrire les projets, le plus souvent intercommunaux : de la réhabilitation des friches industrielles au développement de la formation en passant par l’amélioration de l’accessibilité des territoires, de la compétitivité des entreprises, l’accompagnement de l’innovation par la formation et l’emploi et l’attractivité des zones rurales.

Contact : Sabine Gras au 02 47 60 47 73