Pour séduire la clientèle, les centres de remise en forme élargissent leur offre.
 
En pleine
forme !
 
Le marché de la remise en forme est nouveau et porteur. Un phénomène que devrait confirmer la généralisation des 35 heures.
 
 
Autres temps, autres moeurs. Les salles de “muscu” des années 70, d’aérobic et de body building des années 80, sont devenues des “centres de remise en forme”. Aux espaces équipés de matériel de cardio-training et de musculation s’ajoutent désormais des espaces “détente” avec hammam, sauna, piscine voire jacuzzi. Dernière tendance : certains centres proposent en outre les services de kinésithérapeutes, d’esthéticiennes ou même de diététiciennes. L’arrivée des 35 heures aidant, les centres de remise en forme n’ont pas fini d’évoluer.
 
Les centres
se repositionnent
 
mais le bien-être, l’assouplissement”, explique Christèle Corneau, directrice d’Aqua Gym à Tours. Le corps est un capital qu’il faut certes entretenir, mais plus question de souffrir pour se faire du bien. Le client veut bien faire des efforts mais des efforts mesurés. Toutes les plaquettes publicitaires des centres de remise en forme reflètent ce nouveau positionnement. Les messages de bien-être, détente, équilibre et de programme sur mesure y sont de règle. L’argument santé est largement mis en avant. La caution médicale est même utilisée : ne voit-on pas des kinés intervenir dans des cours “spécial dos”? L’esprit Moving est clair, explique son directeur : “Faire des efforts sans contraintes. D’où l’intérêt pour l’adhérent de jongler avec des activités multiples selon son état et ses envies.” Dans tous les clubs, la tendance est à la pratique de plusieurs activités. Et comme chaque adhérent vient en moyenne deux à trois fois par semaine, les clubs se mettent à multiplier les cours, élargir leur amplitude horaire et ouvrir le samedi, voire le dimanche pour certains.
 
La clientèle
s’élargit
 
La clientèle est majoritairement féminine. Chez Aqua Gym, elle est composée à 70 % de femmes. Chez Moving et aux Océades, la proportion féminine grimpe à 80 %. Partout, la tranche d’âge tend à s’élargir : hier, 25-45 ans, aujourd’hui, 25-55 ans. Partout, les motivations sont identiques : les deux sexes affirment en choeur rechercher détente et entretien du corps. Avec quelques différences cependant. Les femmes viennent pour gar-der ou retrouver la ligne et se faire plaisir : on les rencontre aux cours de fitness, à la piscine et au hammam. Les hommes, eux, viennent parce qu’ils veulent “garder l’allure”, parce que “entretenir une bonne image de soi, ça fait du bien dans sa tête”. Mais Musclor, c’est bien fini : les hommes passent de moins en moins de temps dans la salle de musculation. Par contre, ils sont de plus en plus nombreux à fréquenter les cours d’aqua gym et de step. Quant aux catégories sociales, la tendance serait à la démocratisation. En effet, même si l’on rencontre dans les clubs une majorité de cadres et de professions indépendantes, “avec les systèmes de forfait actuellement pratiqués, affirme-t-on, on atteint des enveloppes mensuelles acceptables par beaucoup de gens.” En tout état de cause, explique Christèle Corneau, on sait qu’en matière de clientèle, on ne peut pas avoir de stratégie unique. Il faut tabler sur toutes sortes d’attentes, de disponibilités, d’âges et de profils sportifs.”
 
Des perspectives
solides
 
A Joué-lès-Tours, les Océades affichent leur différence avec l’Institut de balnéothérapie, agréé par Phytomer. Les clients trouvent ici des soins marins à base d’eau de mer reconstituée : douche à jet ou enveloppement d’algues, par exemple. L’atout des Océades consiste à proposer sous le même toit sport, soins esthétiques traditionnels et soins marins : les femmes, en particulier, apprécient. Moving a, quant à lui, accueilli l’Institut Athéna. Un concept “maison” qui propose des cures à thèmes (remodelage, post-natale, etc.). Aqua Gym s’est adjoint les services d’une esthéticienne indépendante.
Au-delà de cette prise en charge esthétique du corps, certains clubs introduisent des services pour augmenter le confort de leurs adhérents ou créer encore plus de convivialité. Chez Moving, les parents peuvent confier leurs bambins à la halte-garderie. Moving comme Aqua Gym organisent des soirées thématiques pour “lutter contre l’isolement et créer de la convivialité”.
L’avènement des 35 heures va peut-être accélérer ce processus et les faire s’intégrer davantage au temps de loisir des Français. Chez Moving, on commence à observer le phénomène. “Nous voyons arriver une nouvelle frange de clientèle. Des gens qui ne savent pas quoi faire de ce temps nouveau mais qui veulent l’utiliser pour eux.” En tout cas, c’est la Sofres qui l’affirme (*), 38 % de la population interrogée estime qu’avec l’évolution du temps de travail, ils vont avoir plus de temps de libre pour “pratiquer une activité de maintien ou de remise en forme” (41 % d’hommes et 36 % de femmes). 15 % pensent même y consacrer une part plus importante de leur budget.

Catherine GEFFROY

Sondage

Les Français et la remise en forme


  • 25 % des Français pratiquent la musculation, le fitness ou la gymnastique... mais 11 % seulement les pratiquent en salle.
  • La pratique est de deux à trois fois par semaine en moyenne.
  • La motivation santé vient en tête, suivie par la recherche de bien-être puis le souci d’entretenir sa forme physique et de garder la ligne.
  • Le Français qui fréquente une salle de sport privée dépense en moyenne 2699 F par an pour ses cours, mais 25 % dépensent plus de 3000 F. (Principaux résultats d’un sondage réalisé en février 2000 par la Sofrès pour la Sté Groupe 76)
    www. groupe76.fr