Transport express : la demande évolue, l’offre aussi.

L’express
file bon train

Libéralisation postale européenne à venir, alliances, développement du commerce électronique, nouvelle réglementation, l’évolution du marché du transport en général et celle de l’express en particulier s’accélèrent au rythme de leur mondialisation.

 
   S’il est un secteur où l’exigeance du tout “tout de suite” s’applique encore plus qu’ailleurs, c’est bien le transport rapide de colis. Corrolaire de la production en flux tendu, le besoin “d’express”, né dans les années 70, va croissant sous l’effet des progrès techniques : en repoussant les limites du possible, ils réduisent les délais au point qu’on a du mal à admettre qu’ils existent encore.
 

Des enjeux
énormes

 
“La fabrication des voitures se fait dans les camions et non plus sur la chaîne”, souligne Jean-Luc Drevin, responsable administratif chez Alpha-Logistique, dont le métier est l’urgence : “Le vrai obstacle, c’est le temps : songez qu’une minute d’arrêt de chaîne coûte à Renault plusieurs milliers de francs. Quand elle est bloquée à cause d’une pièce manquante, les enjeux sont énormes.” Ainsi on demande moins aux transporteurs d’acheminer la marchandise - cela va sans dire - que la livrer en temps et en heure. “On vend un délai et un prix” résume Jean-Luc Drevin. L’un et l’autre étant inversement proportionnels, relativement, au niveau d’urgen-ce de la prestation. Un délai, un prix, et du service qui repose sur une information précise de la position des colis. Cette qualité de l’information revêt d’autant plus d’importance qu’avec le commerce électronique, le transporteur logisticien devient le seul et unique intermédiaire entre le producteur-vendeur-distributeur et l’acheteur. Grand générateur de courrier et de logistique, le commerce électronique représente un enjeu tel (20 % des dépenses lui seront imputables dans dix ans) que les postes européennes livrent bataille pour prendre pied sur le territoire du voisin et créer des réseaux.
 
Les grandes
manoeuvres
 
Sans vouloir ni pouvoir rentrer dans le jeu complexe de ces alliances, il est évident que le paysage européen de la logistique se modifie et s’organise de mois en mois. Après le coup d’envoi de la course aux regroupements, donné fin 1996 par la poste néerlandaise avec le rachat de TNT (devenu depuis TPG), le processus de croissance externe des postes européennes s’est emballé. Notamment en mars 98, avec la prise de participation à hauteur de 22,5 % de la Deutsche Post dans DHL.
Côté français, la Poste est devenue l’actionnaire principal de DPD Gmbh (46,4% des parts). En juin 2000, elle a annoncé sa reprise de la franchise DPD France. Grâce à sa prise de participation dans la nouvelle société DPD France, constituée des six franchisés et de Dilipack, elle devient le premier opérateur de monocolis rapide d’entreprise à entreprise sur le marché français. Peu de temps auparavant, le 6 avril, elle avait mis en avant son alliance, franco-française celle-là, avec la SNCF via Géodis, pour créer le deuxième ensemble européen du transport, du colis et de la logistique.
Les indépendants aux moyens infiniment moindres n’hésitent pas, eux aussi, à s’organiser en réseau : c’est le cas d’Alpha-Logistique qui assure un service de messagerie express partout dans le monde grâce à des accords conclus avec des entreprises étrangères. Ainsi plusieurs fois par semaine, Outiror fait venir d’Asie, où sont installés ses fournisseurs, des échantillons de ses produits pour vérifier s’ils sont bien conformes au cahier des charges. “Nous garantissons les prestations avec la même qualité”, assure Philippe Parent, gérant d’Alpha-Logistique, dont l’ambition est de rester un bon régional grâce à une politique de proximité auprès de ses clients. Le délégué régional du syndicat professionnel UNOSTRA est aussi à l’origine d’un réseau européen pour son activité de course urgente : Allo Colis réunit 35 entreprises, dont une anglaise, une allemande, une luxembourgeoise, une italienne et une espagnole, 1 100 personnes et 980 véhicules. “Chaque entreprise en est actionnaire après avoir signé une charte de qualité et s’être engagée à appliquer une réciprocité tarifaire”.
Jusqu’à présent le transport n’était pas cher, parfois même vendu en dessous de son prix de revient. Mais les entreprises interviewées s’accordent à dire que son coût sera nécessairement revu à la hausse dans les mois à venir.
 

Hausse prévisible
du coût