| Espace de bonheur et de fraîcheur, le marché doit cultiver ses atouts | |
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Le marché :
un produit davenir |
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| Entre respect des traditions et modernisation, les marchés de plein air sadaptent aux attentes des consommateurs. | |
| Le commerce des marchés évolue : ce qui le pousse, ce sont les améliorations du matériel sur le plan technologique mais aussi les nouvelles normes dhygiène. Chantal Boulangé en est convaincue : les marchés progressent vers plus de qualité, tout en conservant leur caractère de convivialité et de fraîcheur. Le 16 mai 2000, un arrêté inspiré des directives européennes est entré en application afin de réglementer lhygiène des denrées alimentaires sur les marchés de plein air. Cet arrêté fixe notamment les températures auxquelles chaque type daliment doit être conservé. Principaux commerces concernés : les volaillers, les crémiers et les producteurs de fromages, les bouchers et les charcutiers. Certains commerçants ont acheté du matériel, parfois coûteux, comme des vitrines, des remorques ou des camions frigorifiques. Mais personne ne leur a imposé de remplacer leur outil : la seule obligation est de respecter la loi, cest-à-dire davoir la bonne température. Au fur et à mesure quapprochait la date du 16 mai, beaucoup exprimaient la même crainte : celle de voir les marchés perdre leur caractère convivial et coloré pour devenir certes plus hygiéniques mais aussi plus aseptisés et plus standardisés. Ces craintes se sont révélées vaines. Bien sûr, ces nouvelles règles sont exigeantes. Mais de lavis même des professionnels, elles vont dans le bon sens : celui dune meilleure sécurité des produits vendus sur le marché et dune réponse à une demande de qualité croissante de la part des consommateurs. Celui également dun confort accru sur les marchés qui donnera au client lenvie dy revenir. | |
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La confiance
du consommateur |
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Le marché bénéficie datouts importants à lheure où le consommateur cherche à se rassurer sur lorigine des produits alimentaires, leurs modes de transport et dentreposage. Globalement, commerçants et producteurs constatent une demande croissante de qualité de la part des consommateurs. Les gens, explique Eric Pasquier, et cest patent dans la crémerie, reviennent à des produits traditionnels, fabriqués par des petits producteurs ou tout au moins par des petites structures identifiables. Or, on na jamais constaté le moindre problème de sécurité alimentaire sur les marchés, fait remarquer Eric Pasquier. A linverse, tous ces problèmes récents nous ont fait beaucoup de bien. Les bons professionnels ne sont pas touchés par la crise alimentaire. Les conseils quils sont à même de donner provoquent une réaction de confiance chez le client. Si nous mettons nos produits sur le marché, ajoute un producteur, cest que nous sommes sûrs de nous. Nos clients le savent. |
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Le lieu de
la concurrence |
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| Ce matin de juin, sur le marché des Halles, à Tours, M. Buron, producteur à Azay-le-Rideau, ne proposait pas moins de six variétés de cerises, chacune avec son étiquette : coeur de pigeon, burlat, reverchon... Un peu plus loin, M. Druesnes avait organisé son étal autour de cinq variétés de fraises : Gariguette, Cyrano, Saint-Martin... La même semaine, sur le marché Saint-Paul à Tours, le prix du kilo dabricots saffichait à 7 F, 12 F, 16 F ou 18 F. A ce niveau de choix, quel point de vente peut aujourdhui soutenir la comparaison ? Le marché est le lieu même de la concurrence entre commerçants et de la liberté du consommateur. Quon ne peut guère exercer dans son quartier ou dans les grandes surfaces. Le client regarde et tourne. Le client fait la différence et choisit. Car le marché est aussi lendroit où sexprime un certain pouvoir du consommateur. Ya les bons et les moins bons, comme le dit une cliente. On fait notre choix à la qualité et au prix. Et à laccueil... | |
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Un choix
à loeil |
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Sous une apparence de liberté et de joyeuse improvisation, le métier de non sédentaire est plus pointu quil ne donne à voir. Acheter sa marchandise est une science tout comme faire son étal. Nous faisons plus defforts de présentation et de conseils que les grandes surfaces, déclare monsieur Chiquet, producteur de légumes et de fleurs, qui organise son étal avec légumes fruits dun côté et légumes feuilles de lautre : Le choix se fait beaucoup à loeil. Chaque commerçant essaie de faire quelque chose de beau pour développer lachat dimpulsion. Tout en observant certaines règles : Victor et Catherine Machado gèrent ainsi les références de leur étal de fruits et de légumes en sappuyant sur les recommandations des revues professionnelles de façon à suivre au mieux les arrivées des produits de saison. Ce nest pas un mystère, la clientèle des marchés vieillit. Pourtant, les professionnels voient revenir sur les marchés de fin de semaine une clientèle ur-baine plus jeune et notamment des hommes, qui, par goût (ou par nécessité ?) sont de plus en plus nombreux à faire la cuisine. Pour attirer davantage cette nouvelle génération de consommateurs, il va falloir capitaliser encore plus sur lambiance et la convivialité des marchés, sur le plaisir dy faire ses courses autrement et sur lassurance dy trouver des produits de qualité. Catherine GEFFROY |