Le talent
s’expose

Tous les trois ans, le concours des Meilleurs ouvriers de France plébiscite l’excellence technique et créative et le grand professionnalisme. Rencontre avec trois lauréats, en prélude à l’exposition consacrée aux Meilleurs ouvriers de France les 5, 6 et 7 mai prochains à l’hôtel de ville de Tours.



Didier Ronflard
Photographe
 

Zoom
révélateur

   Lauréat du 20è concours des Meilleurs ouvriers de France (édition 1997), Didier Ronflard accueille son diplôme comme un tremplin. “Je le vis comme l’obligation de faire des choses différentes des autres.” Depuis ses débuts, ce Tourangeau imprime ses pellicules en dehors de ses studios, à Château-Renault et à Amboise. Portraitiste, il n’hésite pas à porter son regard au-delà de ses contemporains. Un vrai défi pour ce perfectionniste, amoureux du détail, que de donner corps et matière à, en vrac, des boîtes de chocolat, des ceintures en cuir, des boulons et autres pièces métalliques... “J’adore imaginer, mettre en scène, trouver l’accessoire, la lumière qui mettra en valeur un objet... Travailler pour des industriels, des agences de communication, en publicité ou en institutionnel, permet une réflexion créative et technique qui me passionne.” Curieux, il n’a évidemment pas manqué l’entrée dans l’ère du numérique et s’est équipé d’une station de travail informatique et de l’indispensable logiciel de retouche d’image. Il reste serein sur l’avenir de la profession : “Le numérique est un outil comme un autre, une technique à appréhender...” Numérique ou pas, le regard que Didier Ronflard pose sur un couple de jeunes mariés ou sur la robe soyeuse d’un cru de Touraine dans des verres aux reflets poétiques, est celui d’une vraie sensibilité, créative mais aussi tendrement pudique.
Contact : 02 47 56 90 89

Joël Houssay
Coiffeur pour dames
 

L’exigence
du beau pour le bien-être

   La charcuterie aurait-elle perdu ce que la coiffure a gagné ? Gourmand de l’une, Joël Houssay excelle dans l’autre. “Vrai Parisien de Neuilly”, l’adolescent hésite encore entre les deux voies mais la rencontre avec ses premiers patrons, des coiffeurs exigeants et perfectionnistes, lui révèle sa vocation, le goût d’apprendre et de se dépasser dans l’art de la coiffure pour dames. Trois salons à Amboise, un à Tours ; créateur en 1987 du Centre de promotion de la Coiffure ; président de la Confédération nationale de la Coiffure depuis 1998, Meilleur ouvrier de France 1982, Joël Houssay est d’une humilité désarmante. “C’est un métier où il faut se donner du mal, travailler encore et toujours, avoir les nerfs solides, de la persévérance, du courage et de la discrétion !” s’enthousiame cet éternel apprenti. Quand il ne tourne pas la tête de ses clientes (pour les besoins d’une coupe ou d’une permanente s’entend !) Joël Houssay retrouve son “associé de rêve”, Pierre Fayat, M.O.F. coiffure pour messieurs, et Sylviane Soulat, M.O.F. également, au Centre de promotion de la Coiffure à Tours, où ils préparent une centaine d’élèves aux CAP et BP de coiffure. Il trouve encore le temps de coiffer sa casquette de chasseur pour partir sur les traces du roi Henri IV. Peut-être songe-t-il alors au chignon de la belle Gabrielle d’Estrées qu’il recréa pour séduire le jury des M.O.F. Du panache en toutes circonstances !
Contact : 02 47 57 07 23

François Frémont
Joaillier
 

Le souci de
la perfection

    “Il faut dix ans pour appréhender le métier” constate François Frémont, Meilleur ouvrier de France 1986. Fils d’un horloger-bijoutier de Tours, il n’a pas longtemps cherché sa voie. Après avoir été artisan en chambre à l’issue d’un apprentissage classique de quatre années, complété d’une formation de deux ans en haute joaillerie à Paris, il s’associe en 1980 avec Jean-Tristan Cerisier et devient directeur de l’atelier de création de la bijouterie, à Tours. “La magie de ce métier, c’est d’être présent durant les moments forts et heureux de la vie” confie François Frémont. Fiançailles, mariages, naissances, anniversaires... des instants sacrés et encore plus précieux par la grâce d’un bijou rêvé et créé pour l’occasion. Ces moments privilégiés, qui précèdent la création même, font briller les yeux du joaillier. “Etre à l’écoute et percevoir le goût et l’envie du client, le guider dans ses choix, c’est une étape essentielle” explique l’artiste qui réfute aussitôt ce terme. Parce qu’autrefois le montage devait s’effacer devant la pierre, le créateur préfère exalter l’art de la transformation de la matière, du brut en objet sophistiqué, plutôt que de se définir lui-même comme un artiste. Il vante alors plus volontiers le sens de l’esthétique, une sensibilité alliée à une technique sans faille pour révéler l’éclat, la forme et la couleur de la pierre. Un savoir-faire d’une grâce et d’une minutie infinies.
Contact : 02 47 61 32 90

Christine BRIENT