C’est à l’usage que Moneo se bonifie.
 
Moneo :
quels résultats ?
 
Les chiffres sont là, incontournables. Moneo monte en charge. Pourtant, des “couacs” se produisent ici et là. C’est qu’il ne faut pas oublier que le porte-monnaie électronique n’en est qu’à sa phase expérimentale, la Touraine et les Tourangeaux ayant été choisis pour tester le système et, bien sûr, l’améliorer.
 
 
      “Vous acceptez Moneo ?” Depuis novembre, cette question revient de plus en plus souvent dans les magasins de Tours. Notamment dans les commerces du coeur de cible du porte-monnaie électronique tourangeau : les boulangeries, les boucheries et charcuteries, les tabac-journaux et les restaurations rapides. Trois mois après son lancement effectif, Moneo enregistre des résultats significatifs. La SEME, qui publie régulièrement un tableau de bord de chiffres indicateurs, est satisfaite : Moneo fait mieux, beaucoup mieux, que toutes les expériences antérieures.
 
Moyenne
des paiements : 30 F
 
    A la fin du mois de janvier, la SEME annonçait 40 000 cartes distribuées, dont 32 000 actives. Certes, ce ne sont pas les 50 000 cartes espérées pour les fêtes de Noël mais Fabrice Constantin, directeur commercial de la SEME, l’affirme : “Le seuil significatif de 50 000 porteurs sera bientôt atteint”. Du côté des commerçants, on recense 1200 points de vente équipés et opérationnels. Et Moneo gagne du terrain : depuis la mi-décembre, l’automobiliste peut utiliser son PME sur la presque totalité des horodateurs de la ville de Tours. Quant aux passagers de Fil Bleu, ils peuvent désormais acheter leur ticket avec Moneo sur tout le réseau. Face à cette montée en charge, le nombre de paiements effectués en Moneo progresse régulièrement. En janvier, le montant total des paiements s’est élevé à 1 324 940 F, soit une augmentation de 14 % par rapport à décembre. Plus de 60 % des commerçants équipés sont actifs (ils enregistrent au moins une télécollecte par semaine). Pour donner une idée de l’activité, citons par exemple ce commerce de tabac-journaux en centre-ville qui reçoit de 30 à 40 paiements Moneo par jour, ou cet autre, situé sur un axe de passage dans un quartier, qui en fait 15 par jour en moyenne. C’est un fait, entre le chèque et la carte bancaire, le porte-monnaie électronique se fait tranquillement sa place. Les clients ont compris son intérêt - faciliter les achats de la vie quotidienne - et l’utilisent pour des petits montants : 30 F, c’est en effet la moyenne de l’achat Moneo. Le PME prouve aussi son utilité par rapport aux automates. La mairie de Tours se félicite du bon résultat de la carte sur les horodateurs. Moneo représentait déjà un peu plus de 7 % des paiements à la mi-décembre jusqu’à atteindre 12 % sur certains horodateurs. C’est un fait : Moneo devrait réellement faciliter la ville.
 
D’autres
villes candidates
 
    La Chambre de commerce continue d’être le lieu d’un dialogue entre la SEME et le monde commerçant. Des réunions s’y tiennent régulièrement qui permettent de faire des bilans, de dégager les points positifs du test mais aussi les améliorations à apporter. Pour 80 % des commerçants, Moneo permet de satisfaire les clients en leur apportant un service nouveau. Mais ils voient plus loin encore : 60 % pensent d’ores et déjà que Moneo facilitera le passage à l’euro. Et puis, la plupart sont convaincus “qu’il faut avancer en matière de moyens de paie-ment”. Il y a cependant un point qui fâche : le commissionnement prévu. Le taux de 0,9 % annoncé par les banques est fort contesté. Notamment par les professions à marges fixes, comme les tabac-journaux. Les discussions se poursuivent néanmoins... L’expérience manque encore d’un peu de recul mais affiche de nombreux signes prometteurs. D’ores et déjà la SEME envisage le déploiement de Moneo à une dizaine de villes cette année. Une quinzaine se sont déclarées fort intéressées.
Contact : 02 47 47 20 79

Catherine GEFFROY

 
Micro
Ce qu’ils en pensent
 
   ° “C’est un produit innovant, assez bien perçu par les clients... sauf par ceux qui ont le sentiment de s’être fait imposer Moneo sur leur carte bancaire.” (M. Beaufils, tabac-presse).
  • “On rencontre des gens complètement emballés par Moneo et qui paient systématiquement avec, et puis d’autres tout à fait réfractaires. En tout cas, c’est pratique pour les parcmètres.” (M. Cheftel, pâtisserie).
  • “L’absence de preuve à chaque transaction me gênait : j’ai donc demandé l’édition de tickets. Moneo, c’est pratique pour le client, un peu moins pour le commerçant qui est obligé de faire un quatrième relevé lorsqu’il fait sa caisse le soir.” (Anne-Marie Delouche, pharmacienne).
  • “Le système est bon, il correspond à la vie d’aujourd’hui. Reste la question du coût : pour le commerçant comme pour le consommateur. Si c’était gratuit, tout le monde l’adopterait très facilement.” (Marie Girard, café-tabac-brasserie).
  • “C’est pratique, on n’a pas besoin d’avoir de monnaie dans les poches, et puis c’est un produit d’avenir. Au départ, le client ne sait pas trop s’en servir. Il faut que le commerçant lui explique. Mais après, ça va tout seul. En tout cas, Moneo rime avec euro.” (Jean-Marc Sirot, boulanger-pâtissier).
  • L’EDI
    des commerçants
     
    Le logiciel Edimag va permettre aux fabricants de prêt-à-porter et à leurs clients multimarques de mieux communiquer et de mieux travailler ensemble. En toute confidentialité. La boutique tourangelle Marie-Noëlle figure parmi les cinq magasins-test en France.
     
          Internet va permettre à des commerçants indépendants d’accéder à l’échange informatisé de données (EDI), un outil largement utilisé aujourd’hui dans la grande distribution. Depuis plusieurs années, la filière du prêt-à-porter féminin travaillait sur un projet de liaison en ligne entre industriels et détaillants multimarques. A la demande du CETIH (Centre technique des industries de l’habillement), la société Thalma Informatique a donc développé Edimag : un logiciel de gestion de magasin en relation avec une station EDI. Puis elle a testé le système grandeur nature. La période de test s’achève et les conditions semblent réunies pour passer à la vitesse supérieure. A la condition, bien sûr, qu’industriels et détaillants se mobilisent et adhèrent à la démarche. Pour madame Colombani, responsable de la boutique Marie-Noëlle, avenue de Grammont à Tours, l’intérêt du système est évident. Edimag ne se contente pas d’être un logiciel de gestion de point de vente performant, il permet de faire descendre et remonter quantités d’informations entre le commerçant et son fournisseur. La prise des commandes s’en trouve radicalement simplifiée : “Le fabricant fournit une base de données produits. Le représentant vient me voir, nous établissons la commande ensemble, il l’envoie et dès le lendemain le fabricant me la confirme par e-mail.” L’avantage pour le commerçant est clair : pas de double saisie et pas de risque d’erreur puisque tout est rentré avec les références du fournisseur. Sans compter que l’étiquetage des articles devient inutile quand ils arrivent tout étiquetés avec des codes barre lisibles par douchette. Chez Thelma, on voit même plus loin : “Une autre étape consistera pour chaque fabricant à mettre en place un catalogue produits dans lequel le détaillant pourra faire des recherches pour choisir un article approchant”.
     
    Un partenariat
    commerçant-fabricant
     
        L’un des intérêts majeurs de l’EDI est bien de rendre l’ensemble de la filière plus réactive et plus en phase avec les attentes de la clientèle. Les responsables de Thelma Informatique exposent les objectifs d’Edimag : “Il s’agit de rationaliser les stocks, tant chez le commerçant que chez le fabricant, de suivre les tendances de la mode, de réassortir en temps opportun et d’optimiser les ventes. Les deux parties y trouvent avantage”. L’utilisation de l’EDI est donc très prometteuse pour le secteur. Plus encore, c’est l’avenir de la filière qui est en cause et c’est madame Colombani qui le dit : “Pour sauvegarder le commerce indépendant, il faut aujourd’hui travailler intelligemment entre fabricants et commerçants et même entre commerçants. Il faut faire des mini-chaînes d’achat”.
    Contact : 02 47 47 20 79

    Catherine GEFFROY