Vernet
Cartouches thermostatiques
Un succès sans mélange

Jadis, deux robinets distribuaient indépendamment l’eau chaude et l’eau froide, ne laissant pas d’autre alternative que de s’ébouillanter la main gauche ou de se geler la main droite. Depuis ce temps antédiluvien, l’apparition du robinet unique, puis du mélangeur, a amélioré le confort quotidien. Plus récemment encore, l’invention du mitigeur thermostatique a déversé ses bienfaits, en supprimant le fastidieux et dispendieux réglage de la température. L’entreprise Vernet dans l’Essonne (300 personnes), spécialisée dans les éléments thermostatiques, y est pour beaucoup : en 1993, elle a commencé à mettre au point avec l’aide de l’Anvar une cartouche monobloc, en laiton ou en plastique ; ce véritable “moteur” du mitigeur thermostatique ajuste à 1°C près la température de l’eau, en dépit des différences de débits ou de pression. Commercialisée depuis un peu plus de deux ans, elle a rapidement convaincu les robinettiers : ils sont aujourd’hui trente-six dans le monde, contre deux au départ, à préférer se simplifier la tâche avec une cartouche interchangeable. Afin de répondre à l’accroissement de la demande, le siège de Vernet à Ollainville a décidé de délocaliser sa production de cartouches dans son usine de Cinq-Mars-la-Pile : pour ce faire, un bâtiment de 1200 m2 a été construit. “Ici nous assemblons, réglons, contrôlons, conditionnons et expédions les cartouches thermostatiques, à partir d’éléments fournis par Ollainville”, précise Patrick Greffier, directeur du site. “La progression est étalée sur quatre ans : de dix en 1998, le nombre des salariés est passé à vingt aujourd’hui. On devrait atteindre les quarante d’ici 2001, avec une production annuelle voisine de 500 000 pièces”.
Contact : 02 47 96 33 55

A-C. B

 
Fil d’Ariane
Confection
Ils ont renoué le fil d’Ariane

Sur les vingt-quatre personnes qui travaillent à la SCOP d’Yzeures-sur-Creuse, vingt-trois sont des femmes. De liquidation en reprise, leur atelier de confection serait tombé en quenouille si, courageusement, les salariés n’avaient pas décidé de fonder une société coopérative ouvrière de production en mai dernier : elle a été baptisée “Fil d’Ariane” par une des employées, comme symbole pour s’en sortir : “Tous associés - chacun de nous a versé une participation de 3000 F - la SCOP fonctionne comme une entreprise à part entière”, rappelle Marie-Jo Cosson qui, bien que responsable de la SCOP, se sent sur le même pied d’égalité que les autres : “Nous travaillons pour nous, c’est motivant !” Mais évidemment très prenant car, depuis le mois de mai, il a fallu démarcher les anciens clients “pour redonner confiance et dire qu’on existe”. Lucide quant aux difficultés posées par la délocalisation à l’étranger, la SCOP mise sur le haut de gamme et sur sa faculté d’adaptation : “En France, les circuits sont plus courts; notre chance, c’est le délai, surtout pour le réassort. Et comme nous sommes une petite entreprise, nous pouvons nous permettre de faire des petites quantités”. Du fil d’Ariane au fil à bâtir, le pas est fait.
Contact : 02 47 94 57 57

A-C. B

 
TFV
Techniques multimédia
Leur kinéscopage, ce n’est pas du cinéma !


Ils sont à l’aise avec le mélange des genres. A commencer par les lieux : hors les murs, la société Tucana film vidéo a des allures de gîte perdu en pleine nature. La porte à peine poussée, la sophistication du matériel est d’autant plus frappante qu’elle paraît insolite. Les yeux rivés sur leurs écrans, ingénieur du son, infographiste et autre spécialiste d’images de synthèse triturent images et sons pour concevoir et produire des films d’entreprise, de publicité, des vidéo clips ou encore des sites Internet animés. “Notre qualification nous permet de combiner entre elles les techniques du cinéma - nos premières amours - de l’informatique et de la vidéo, pour diffuser en DVD et par satellite. L’équipe de travail, jeune et passionnée, est en ébullition constante, toujours prête à bondir sur de nouvelles perspectives de développement”, commente Christine Ferrandou, fondatrice de TFV en 1976. En 1990, la société a profité des possibilités offertes par le multimédia pour créer une passerelle entre le cinéma et la vidéo. “Le mariage de la carpe et du lapin” - selon ses propres termes - est consommé, grâce à la mise au point, avec l’aide de l’Anvar, d’un système qui permet de passer de la vidéo au cinéma en temps réel : ainsi trente secondes de film sont fabriquées en trente secondes : presque une gageure, en considération de la moindre qualité de la vidéo par rapport au 35 mm. “Les déclinaisons offertes par ce procédé de kinéscopage vont nous ouvrir des débouchés dans toutes les directions”.
Contact : 02 47 34 66 00

A-C. B