Une exposition de choc pour un centre-ville nouveau.
 
Tours : la nouvelle donne
 
Rénovation de la rue Nationale et de la place du Palais et priorité aux piétons : les commerçants, sceptiques, attendent de voir. En ouverture du nouveau centre-ville, les statues géantes du sculpteur sénégalais Ousmane Sow seront exposées sur le boulevard Heurteloup et place Jean-Jaurès.
 
“Une rue délicieuse où tout le monde se promène”. Il ne s’agit pas d’un jugement sur la rue Nationale après les travaux, mais d’une prise de position d’un amoureux de la ville de Tours - Balzac - sur l’artère principale de la cité. Qu’en dirait-il aujourd’hui ? Serait-il heureux d’y profiter d’une convivialité retrouvée, leitmotiv de la Ville qui entend faire du centre de Tours “un lieu de détente et d’échange, que l’individu s’approprie à son rythme”. Esthétiquement, le pari est gagné. D’autant plus que l’embellissement des façades suit son cours dans ce coeur de la ville.
Commercialement, le jugement (rapide) du Temps sera un couperet incontournable. De toute manière, un tournant important pour Tours qui se doit de fêter cette métamorphose. Après diverses animations, les imposantes sculptures d’Ousmane Sow, célèbre sculpteur sénégalais, viendront couronner magnifiquement l’inauguration du nouveau centre-ville. La fête éteinte, les Tourangeaux auront tout loisir de s’habituer à leur nouvel environnement urbain.
 
Une rue Nationale
toute neuve
 
   Les travaux de la rue Nationale et du centre - ville ? Un peu comme l’implantation d’un coeur tout neuf pour aider la ville de Tours à aborder le troisième millénaire avec un nouveau souffle. Il semble bien en tout cas que c’est le credo du maire, Jean Germain, en réalisant un aménagement aussi radical de tout le quartier moteur de la cité. Ses propos sont sans ambiguité : “Je suis convaincu que ce projet va permettre la reconquête d’un espace de liberté pour le bien-être de tous, l’émergence d’une qualité de la ville beaucoup plus souriante, une attractivité encore plus forte de notre cité”. Un choix politique et culturel qui exprime la volonté de l’équipe municipale de “redonner la priorité au piéton et de créer une nouvelle harmonie urbaine”.
 
 
2 650 places
de parking
 
    C’est dans la partie étroite de la rue Nationale qu’intervient le changement essentiel de ce plan de rénovation, puisque la circulation, dans ce tronçon de l’artère principale de la cité, est désormais interdite pour laisser la voie aux piétons, bus, cyclistes et taxis. Selon la municipalité : “Cette partie étroite de la rue ne pouvait plus supporter autant de trafic”. En corollaire : “Grâce à une voie réservée et continue de circulation, les transports en commun devraient y gagner en efficacité, rapidité, fluidité, et donc en attractivité”. D’autre part, pour l’accès aux parkings du centre-ville, une nouvelle signalétique en indique l’ensemble à partir de l’itinéraire de desserte du coeur de la ville. Au total, pour l’instant, six parkings proches de la rue Nationale qui disposent de 2 650 places. Les études sont également lancées pour un parking de trois cents places sur quatre niveaux en haut de la rue Nationale. La mise en service en est prévue pour l’an 2000.
Fin août, comme promis, les travaux étaient entièrement terminés. Un chantier qui, au total, aura coûté 34 millions de francs. A côté de ce centre-ville “tout neuf”, une autre nouveauté : le périphérique nord-est baptisé Abel Gance. Il devrait - prophétise-t-on - réduire de 30 à 40 % le trafic du transit du coeur de la cité. Cette rocade de 2,6 km, en assurant la liaison N 10-A 10, débarrassera chaque jour la ville du passage de milliers de véhicules et rendra peut-être plus fluide une circulation automobile très engorgée dans le centre et à la périphérie aux heures de pointe. Maintenant se pose la grande question : les Tourangeaux auront-ils le coup de foudre pour leur nouveau centre-ville ? Affaire à suivre.

Philippe Martinet

 
 
Jean-tristan cerisier
 
“On a mis la charrue avant les boeufs”
 
Des travaux au plan de circulation, le nouveau visage de la rue Nationale ne manque pas de susciter des réactions : entretien avec Jean-Tristan Cerisier, président de l’association des commerçants de la rue Nationale.
 
Comment les commerçants de la rue ont-ils vécu la période des travaux ?

J-T. C : Aussi bien que possible. Nul ne peut contester la nécessité de ces travaux d’assainissement et d’embellissement. Bien sûr qu’ils ont dérangé tout le monde, mais ils ont été menés de manière constructive, dans un esprit de concertation entre les entreprises, les commerçants et la Ville. A cet égard, le service des travaux mérite un coup de chapeau !

Que pensez-vous du nouveau plan de circulation ?

Ah ça, c’est une autre histoire ! Ce plan de circulation est tellement compliqué qu’il fait fuir le centre-ville. La baisse de fréquentation est sensible, notamment celle des habitants de l’agglomération et au-delà. Les conséquences sont extrêmement négatives pour les commerçants : en moyenne nous avons perdu entre 10 et 15 % de notre chiffre d’affaires.
Fait patent, Honoré le Boulanger vous dira qu’il a perdu 10 % en centre-ville et gagné 10 % au Continent...

Que suggérez-vous pour améliorer les choses ?

Avant tout, nous attendons une meilleure signalisation du centre-ville : c’est une vraie usine à gaz, qui ne sert pas le tourisme non plus. Le problème est qu’on a mis la charrue avant les boeufs. On a fait des travaux sans se préoccuper de leur environnement : nous déplorons l’absence de parkings d’entrée de ville, qui auraient dû être construits au préalable. Espérons qu’ils se fassent vite, avec comme souci que l’utilisateur n’ait pas plus de 100 mètres à parcourir pour rejoindre sa voiture : c’est possible à condition que les bus puissent les traverser.

Des habitudes ont été bousculées. D’autres vont naître. Peut-être faut-il voir dans cette période difficile une étape de transition ?

Même si je continue à penser qu’on occupe l’espace central urbain de la ville pour faire circuler des bus vides, caricaturer à plaisir ne fait pas avancer les choses. Vous avez raison, on pourra se faire une vraie idée de la situation à partir de la fin de l’année.

Propos recueillis par A-C. B

 
 

Des subventions pour
l’embellissement des façades

C’est en 1993 qu’a été créé le fonds de rénovation des vitrines de Tours dans le cadre de la convention pour le développement du commerce et de l’artisanat. Il s’agit d’un fonds alimenté par la ville de Tours à hauteur de 100 000 F par an pour les commerçants, prestataires de services, cafés-hôtels-restaurants et de 100 000 F par an pour les artisans et les artisans-commerçants. L’objectif de cette opération : inciter les commerçants et artisans à rénover et moderniser leur point de vente. Sont pris en compte les travaux d’extérieur d’embellissement, comme par exemple la rénovation des façades commerciales, des vitrines ou la pose d’une enseigne. Une certaine priorité est accordée aux magasins situés dans les quartiers périphériques. Un dossier doit être déposé et accepté avant la fin des travaux. La subvention d’investissement accordée pourra atteindre de 20 à 50 % du montant des travaux et sera plafonnée à 20 000 F. La somme des travaux à effectuer devra être, au minimum, de 10 000 F. Les contacts doivent être pris avec la Chambre de commerce pour les commerçants, prestataires de services, cafés-hôtels-restaurants, et avec la Chambre de métiers pour les artisans et commerçants-artisans.
Contact : 02 47 47 20 74

 
Evenement
Ousmane Sow sculpte la vie
 
L’événement artistique de l’année à Tours : l’exposition, du 9 octobre au 21 novembre, de soixante-cinq oeuvres d’Ousmane Sow - autant qu’à l’exposition parisienne - tout au long du boulevard Heurteloup et place Jean-Jaurès.
Aussi loin qu’il remonte dans sa mémoire, Ousmane Sow a toujours sculpté. Mais jusqu’à l’âge de cinquante ans, celui qui était encore kinésithérapeute crée des oeuvres, ensuite détruites ou abandonnées. Et puis un déclic se fait. Le voilà qui devient “officiellement” sculpteur. Il représente des peuplades oubliées : Massaï, Nouba, Peuls, et Amérindiens.
Pas de modèles, l’imaginaire seul “au pouvoir”. Les scènes, il les porte en lui, parfois pendant longtemps avant de leur donner naissance. Au bout du compte : des sculptures gigantesques montrant des hommes en action, avec leur bétail ou seuls, qui luttent, qui se battent. De la violence parfois dans des “morceaux de vie”, qui racontent une histoire, qui disent que la lutte est une façon d’exister et de reconnaître l’autre, absolument essentielle pour l’Afrique. Les corps sont beaux, les visages fascinants, reflétant des sentiments contradictoires qui s’harmonisent pourtant parfaitement. Douleur, tristesse, fierté, tendresse, sagesse se mêlent pour dire la vraie vie. “Traduire la vie, c’est la seule chose qui m’intéresse” confie Ousmane Sow. Une déclaration à prendre en compte, car l’homme n’aime pas trop parler de lui et de son oeuvre. Il ne détesterait pas être un artiste anonyme, considérant que ses sculptures disent tout ce qu’il a à dire. Mieux, il les laisse vivre leur propre vie. Pour lui d’ailleurs, ce qui est intéressant après la création, c’est l’espèce de connivence qui se produit entre les oeuvres et ceux qui viennent les regarder. Ceux-là même peuvent bien inventer leurs propres histoires sur ces géants, à partir du flux qui passe entre les sculptures et eux. Une prolongation du rêve. L’artiste n’aime pas trop les musées, les marchands. Son grand plaisir, c’est quand ses sculptures descendent dans la rue, vont à la rencontre du quotidien. Autant dire que l’exposition de Tours, qui se tiendra boulevard Heurteloup et place Jean-Jaurès, l’enchante véritablement.
N’espérez pas de confidence sur la matière qui lui sert à sculpter. Ousmane Sow en garde le secret. On saura seulement que cette matière, qui réagit à la lumière, avec ses rouges, ses beiges, ses gris bleutés ou teintés de vert, elle vient de loin. Une vingtaine de produits sont mélangés, macérant pendant plus de quatre ans ensemble. Une sorte d’alchimie qui contribue grandement au plaisir du créateur. Du temps pour la préparation de sa “mixture”. Du temps aussi pour donner le jour à une oeuvre. L’artiste sait laisser mûrir un projet. Il veut que les images naissent d’elles-mêmes avant de se mettre au travail.
Dépassant l’appellation d’art africain un peu réductrice, on évoquera plutôt ici un art universel, généreux, authentique, qui porte sur le monde et sur les hommes un regard juste. Fait d’humanité et de compréhension.

P.M

 
Esvres-sur-Indre - La naissance d’Archeva

C’est la société STT de Chambray-les-Tours qui a reçu de la ville de Saumur la commande d’Archeval. Le 5 mars, elle a confié la construction du cheval métallique à la société Même d’Esvres-sur-Indre, spécialisée dans la métallerie, la serrurerie et la ferronnerie d’art. Début août le cheval a quitté Esvres pour la Riche où la société TSMPI s’est chargée du traitement de surface. Le 3 septembre, Archeval était inauguré. Implanté en bordure de l’A 85, entre Bourgueil et Saumur, à la hauteur de Vivy, ce signal monumental conçu par l’architecte Christian Renoncia annonce Saumur et sa spécificité équestre. Il a nécessité à Esvres 2 000 heures de travail, exécuté par deux compagnons, André Béjeau et Wilfrid Barberon, à partir du seul dessin de l’artiste. “Il a fallu vider complètement un atelier afin de pouvoir monter l’échaffaudage servant de support aux barres millimétrées qui ont guidé l’élaboration de la structure. Le cheval est constitué de tubes d’acier reliés par des sphères sur lesquelles ils ont été soudés”, explique Richard Berger, gérant de la sarl Même (25 personnes, CA 9 MF), également pdg de la SA Brard à la Riche, une entreprise de construction métallique qui emploie 35 personnes et réalise un CA de 28 MF.
Contact : 02 47 26 55 46

Amboise - Mini et maxi

Le château d’Amboise et le parc Mini-châteaux ont décidé de profiter l’un de l’autre pour optimiser leur fréquentation. En août, les visiteurs venant au château ont reçu un prospectus et un billet gratuit pour les Mini-châteaux (et réciproquement) pour un enfant de moins de 15 ans par famille de trois personnes au moins. Le succès de cette expérience a conduit les deux partenaires à poursuivre sur cette voie : lors des journées du patrimoine, les 18 et 19 septembre derniers, un billet acheté au château et présenté aux Mini-châteaux a donné droit à une réduction sur l’entrée. A l’avenir, Stanislas d’Anthonay, directeur du parc Mini-châteaux, devrait mettre en place sur son site un comptoir de vente de billets pour les châteaux de la région. “Notre idée, explique-t-il, est de susciter un acte d’achat à côté de la caisse en profitant, à la sortie, d’une émotion spontanée qui suscite la demande”. Ont déjà donné leur accord pour l’an 2000 : le château d’Amboise, celui de Montpoupon et la pagode de Chanteloup. “Nous sommes différents, ajoute Jean-Louis Sureau, régisseur du château d’Amboise, mais nous représentons tous des entreprises privées et nous nous inscrivons dans une même logique commerciale. Pourtant, quand Fabrice Durand Allizé est venu installer l’Aquarium, puis les Mini-châteaux, nous nous sommes demandé ce qui allait se passer... Il venait entamer notre fromage ! Or aujourd’hui, nous nous apercevons que cela a bien réussi au château : la création d’une offre commerciale complémentaire crée du dynamisme chez chacun”.
Contact : château au 02 47 57 00 98 - Mini-châteaux au 02 47 23 44 47

RN 143 - Une association pour accélérer son aménagement

Une association RN 143 a été créée le 2 septembre, à l’initiative de Jean-Jacques Descamps, maire de Loches et conseiller régional. Elle réunit plusieurs maires de communes situées sur l’axe Tours-Châteauroux. Elle est ouverte à toutes personnes physiques et morales concernées. “Des crédits avaient été obtenus en vue de son aménagement pendant la durée du dernier Contrat de plan Etat-Région 1994-1999, explique le maire de Loches. Ils n’ont pratiquement pas été utilisés et l’aménagement de cet axe a pris un retard considérable. L’ensemble des communes riveraines s’inquiète des perspectives de rattrapage de ce retard et d’obtention de crédits nouveaux pour le prochain Plan 2000-2006. Le but de l’association est de rechercher avec l’administration le meilleur parti d’aménagement de cette route pour y assurer fluidité et sécurité et préparer les actions nécessaires pour que l’Etat et les collectivités compétentes en assurent progressivement le financement et la réalisation dans un délai raisonnable”. Contact : 02 47 59 07 21

Parc Loire Anjou Touraine - L’Eco-trophée récidive

Le concours Eco-trophée, créé en 1998 sur le territoire du parc naturel Loire-Anjou-Touraine, a lancé sa seconde édition. S’appuyant sur le partenariat, côté Touraine, de la CCI, de la Chambre de métiers et de la Chambre d’agriculture, il est ouvert à toutes les entreprises artisanales, industrielles et commerciales installées depuis trois ans dans le PNR. Il inclut cette année les établissements agricoles ainsi que tous les groupements de professionnels. Eco-trophée a pour vocation de faire connaître et de récompenser des entreprises qui ont mené à bien une réalisation exemplaire dans le domaine de l’environnement. Ces actions peuvent concerner les ressources (naturelles, énergétiques...), les modes de protection, les rejets ou la sauvegarde de milieux ou d’espèces. L’eau, le sol, l’air, les nuisances physiques, visuelles, olfactives, la mise en oeuvre de nouveaux process, la création d’un nouveau produit, le traitement de déchets de tous ordres, l’amélioration de la sécurité... le champ du concours est vaste. Les entreprises devront toutefois s’attacher à démontrer que le respect et la valorisation de l’environnement peuvent être perçus comme une opportunité de développement. Les dossiers de candidature devront être remis au PNR pour le 30 novembre 1999. La remise des prix sera organisée en mars 2000.
Contact : 02 47 97 21 00

Tours - La Chambre de métiers a inauguré son nouvel espace

Il y avait foule, le 27 septembre dernier, à la Chambre de métiers d’Indre-et-Loire, lors de l’inauguration de l’extension des locaux. Plus qu’un agrandissement, c’est une nouvelle conception du service aux artisans qui a été présentée par le président Jean-Vincent Boussiquet. Plusieurs objectifs étaient en effet visés au travers ces travaux d’extension et de restructuration : renouveler l’image du bâtiment en lui conférant un caractère de modernité et de qualité, améliorer l’organisation de l’espace existant - les services étaient vraiment à l’étroit - et adapter les locaux aux missions de la Chambre de métiers, notamment la formation et l’accueil.
Le budget de l’opération atteint 12,95 MF, dont 12 MF en travaux. Le financement a fait appel à des aides de l’Etat, de la Région, du Département, de la ville de Tours, 6,5 MF ayant été investis par la Chambre de métiers.
Contact : 02 47 25 24 00

Tours - Un bureau pour “The American Chamber of commerce”

La Chambre de commerce américaine en France vient de créer un bureau à Tours, parrainé par la CCI où se tient le siège. La présidence du “Regional Commitee” est assurée par Catherine Petot, directrice de Mattel-Corolle à Langeais, l’une des trente entreprises à capitaux américains implantées en Touraine. Ce rapprochement s’est effectué à la suite d’une démarche, en juillet dernier, de Stephen Pierce, directeur général de “The American Chamber of commerce in France” auprès de la CCI de Touraine. Cette association, constituée de représentants d’entreprises américaines qui ont une implantation en France, a son siège à Paris depuis 200 ans. Son objectif : créer un réseau de correspondants dans les régions françaises afin de faciliter l’implantation d’unités de fabrication ou de directions américaines.
Contact : 02 47 47 20 52