| La marque rassure le client : sur la mode, sur son standing ou sur la qualité. | |
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Atout
marques |
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| Face à la montée en puissance des chaînes de prêt-à-porter, les multimarques indépendants font de la résistance. Et se différencient en jouant la carte des marques fortes. | |
Dans le même temps, preuve que la demande d'étiquettes existe bel et bien chez le consommateur, les grands magasins favorisent limplantation de marques en corners plutôt que leurs lignes propres. Le Printemps de Tours, par exemple, vient dajouter Caroll, Kookaï et Gérard Darel à son offre de vêtements féminins. Comment se défendent les détaillants multimarques qui voient leur pré carré se rétrécir ? Plutôt bien. A priori inquiétants, tous ces phénomènes les obligent à revoir ou affiner leur offre et à privilégier résolument, selon les cas, marques ou labels de qualité. Et, la plupart du temps, à laisser le créneau du moyen de gamme, trop concurrencé, aux enseignes nationales et à miser sur du plus haut de gamme. |
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Question
de style |
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A la base de la marque, explique Antoine Doux (deux magasins de prêt-à-porter féminin à Tours : Vice Versa et Empreinte), il y a dabord un style. Et puis, autour, il y a limage que véhicule la marque, une part de rêve. Mais il faut aussi de la qualité : aujourdhui, le consommateur ne fait pas de concession sur ce point, il veut bien payer la marque sil y trouve son compte. Car les marques se situent bien à la croisée du réel et de limaginaire. Elles doivent offrir à la fois de la performance et du rêve. Et, bien entendu, une certaine reconnaissance sociale, même si le phénomène est peut-être moins flagrant que dans les années 80. Comme le déclare en souriant Roger Fonfrède à Chinon, porter du Lacoste, ça flatte lego, ça vous valorise tout de suite un homme. Létiquette cautionne lachat, résume Olivier Villars (magasin New image à Tours), qui ajoute : Le client qui achète un costume dune griffe reconnue est sûr de ne pas se tromper dans son choix. Elle est synonyme dun certain style, de belles matières, de qualité dans les finitions, de durée également : toutes choses qui valident lachat et sécurisent le consommateur. Un bémol cependant à cet enthousiasme : la marque a globalement plus dimportance chez les plus jeunes que chez les plus âgés. Et plus lâge augmente, plus la demande de qualité devient forte : à ce moment-là, le label made in France vient volontiers relayer la marque comme argument de vente. |
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Créer
la différence |
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Afficher son enseigne comme une marque, comme le fait Douglas, le multispécialiste tourangeau pour homme, voilà un luxe que peu de détaillants peuvent se payer aujourdhui. Philippe Dransard, qui habille une clientèle classique, a pour lui une histoire et une forte notoriété. Douglas est considéré comme une estampille, une garantie de sélection de produits qui ne sont pas tous des marques mais des collections de fabricants. Pas si simple, répond Roger Fonfrède qui travaille sur le même créneau. Aujourdhui, le client vient pour des produits identifiés, des marques qui lui servent de repères. Pour cette clientèle, inutile de mettre en avant la signature Fonfrède. Par contre pour vendre des marques de fabricants, là cest mon nom que je mets en avant : cest une garantie de qualité pour mon client. Cest dans un esprit un peu différent que Catherine Poupeau (deux magasins pour femme à Amboise : Collaro et Cannelle) gère son point de vente : là cest la personnalité du magasin et de la commerçante qui compte. Chez moi, la cliente vient pour un univers de marques cohérent, un style que jimprime à la boutique. La cliente vient parce quelle sait quelle va trouver du beau, de la qualité, de loriginalité, de la couleur, ce quon ne voit pas sur le dos de tout le monde. Généralement, elle ne vient pas pour telle ou telle marque. |
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Vers du plus
qualitatif |
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Mettre en valeur le produit et une re-cherche pointue dassortiment, ou bien privilégier la marque, les multispécialistes oscillent entre les deux extrêmes. Que vient chercher le client finalement ? Chez Jeanne Montaigne, à Tours, Marie-France Mahajoub en est persuadée : Les clientes viennent chez nous parce quelles y trouvent une sélection de marques. Des marques qui sont gages de qualité bien sûr, mais des marques avant tout. Antoine Doux le confirme : Notre clientèle est fidèle à certaines marques. Chaque saison, on voit arriver nos clientes pour les marques qui sont dans leur style. Mais elles viennent également pour la silhouette, le style de vie que proposent ses deux boutiques : Nous faisons déjà une sélection dans les collections. Une marque nest jamais bonne à 100 %. Le professionnalisme du commerçant, cest de prendre les 40 % qui correspondent, à notre sens, au meilleur de la collection et à notre clientèle. Par contre, chez New Image, Olivier Villard joue la marque à fond : Le client vient chez New Image parce que nous faisons Hugo Boss et Kenzo. Jusquà présent, ces deux marques constituent un moteur suffisamment important. Et quand je commande les collections, je fais confiance à la marque et jachète tout.
En règle générale, tous ces détaillants ont choisi de miser sur du plus qualitatif. Avec lobligation de suivre sans faillir les tendances du marché et de dénicher régulièrement de nouveaux fournisseurs, de préférence pas encore représentés sur la ville. Lavenir ? Même si certains de ces détaillants se considèrent avec humour comme des dinosaures, la plupart croient à lavenir de la boutique multimarques. Ils tablent sur la lassitude de la clientèle par rapport aux chaînes, sur le besoin du consommateur daffirmer son identité avec des produits originaux, mais aussi sur leurs compétences et le service quils apportent. Ils constituent en tout cas un atout majeur pour les centres-villes, à lheure où le paysage commercial tend à suniformiser et donc à restreindre le choix du consommateur.
Catherine GEFFROY |