Les bases d’une offre globale sont esquissées..

Tourisme d’affaires :
ça vient !

La Touraine a des arguments pour développer son tourisme d’affaires, y compris de novembre à mars : à l’offre de susciter des besoins.

 
    “Le tourisme d’affaires qui, selon les chiffres nationaux représente entre 55 et 60 MdF, n’est pas considéré avec tout le sérieux qu’il mérite, estime Georges Fleurance, directeur commercial du Vinci. L’association inappro-priée des termes “tourisme” et “affaires” fait de ce secteur d’activité un enfant bâtard du tourisme et de l’industrie, et lui pose en conséquence un problème d’image”. Il n’est pour s’en convaincre qu’à constater la difficulté qu’ont les professionnels eux-mêmes à le définir. Entrent dans le tourisme d’affaires à la fois les déplacements d’affaires “de nécessité”, c’est-à-dire liés à des relations commerciales, et le tourisme “volontaire” regroupant les congrès, les conférences et colloques, les séminaires et les conventions, les voyages de stimulation ainsi que les foires, les expositions et les salons spécialisés. La pre-mière catégorie dépend es-sentiellement du développement de notre économie nationale et régionale. L’essor du tourisme d’affaires volontaire est lié à l’adaptation des offres spécifiques aux besoins des marchés et bien sûr à l’intensité et à la précision des efforts de promotion : “C’est une évidence. Il est navrant de constater que la Touraine est la seconde destination en tourisme de loisirs pour la fréquentation étrangère et que son traffic hivernal en tourisme d’affaires est l’un des plus pauvres de France”, déplore Jean-Pierre Moëllo, directeur de l’aéroport de Tours.
 
Une
locomotive
 
   Outre un palais des con-grès de dimension internationale, l’Indre-et-Loire compte un parc des expositions et deux centres d’une capacité d’accueil de 1 000 places chacun, l’un à Joué-lès-Tours, l’autre à Chinon. L’espace Malraux et l’espace Ra-belais sont respectivement gérés depuis 1996 et 1997 par les mairies qui louent les salles mais n’organisent pas de manifestations clé en main. Si l’espace Malraux a une vocation principalement culturelle (les deux-tiers de son activité), l’espace Rabelais à Chinon accueille pour moitié des manifestations d’affaires : “Fort de l’attrait des caves et des confréries du Chinonais, nous cherchons à développer cette demande, malgré un manque certain de liaisons ferroviaires. Nos efforts vont porter avant tout sur une remise en valeur des locaux et des équipements”, annonce Sylvain Gros-peaud, régisseur de l’espace Rabelais.
Avec plus de 900 manifestations et un million de journées de congressistes à son actif depuis son ouverture il y a six ans, le Vinci est la locomotive du départe-ment en matière de tourisme d’affaires volontaire. “L’un des principaux moteurs”, assure Jean-Claude Taupin, directeur de l’hôtel l’Univers à Tours, qui estime à 10 % le chiffre d’affaires généré par le Vinci pour son établissement.
“Le Vinci se veut une destination généraliste : nous avons essayé d’éviter de tomber dans le piège de la spécialisation médicale ou politique par exemple. Figurez-vous que la référence du congrès de Tours de 1920 nous a un peu gênés !” racon-te Jean-Michel Dutoit, direc-teur général du Vinci. Disposer d’un très bel outil ne suffit pas : il y a 5 000 palais des congrès dans le mon-de et 141 villes en France qui se disent capables d’accueillir des con-grès, alors à nous, deux à qua-tre ans à l’avance, de faire préférer un pays discret qui n’en a pas moins conquis rois, écrivains, musiciens et rock stars ”, soutient Georges Fleurance.
Région culturelle, oenologi-que, gastronomique, la Touraine ne manque pas d’atouts, sans être cependant exempte de faiblesses. L’hôtellerie, comme souvent en province, est atomisée avec 2 500 chambres, réparties entre 88 hôtels, dont onze “quatre étoi-les” et vingt “trois étoiles”. “Nous manquons de grandes structures en “quatre étoiles”, ce qui oblige à éclater les grou-pes quand ils sont trop importants. En revanche, pour les petits groupes d’une quarantai-ne de personnes, il y a tout ce qu’il faut en hébergement de luxe”, commente Philippe Jauneaud. Très exigeante sur la qualité de service, la clientèle en deviendrait presque blasée : “Les gens sont à la recherche de destinations nouvelles. Tout le monde a fait son congrès à Monaco, Cannes, Deauville ou Paris, c’est sans doute une chance pour la région”, reconnaît le responsable de l’agence réceptive Privilèges de France.
 
Une offre
qui s’organise
 
    Marc Vincent , responsable de l’agence événementielle Conjugaison, dont le métier est de livrer des manifestations clé en main, estime que le Vinci en tant que “tête de pont” (sic) devrait jouer son rôle d’outil fédérateur de l’ensemble des professionnels et organiser le marché avec eux : “En mettant en commun des moyens financiers, humains et techniques, on dynamiserait l’offre”.
C’est bien l’objectif du nouveau regroupement de professionnels “Destination Touraine-Tours convention Loire Valley”, créé au début de l’année, pour proposer aux prescripteurs du tourisme d’affaires, qu’ils soient agences ou entreprises, une offre construite et logique, englobant :
  • trois modes de transport collectif, la SNCF, l’aéroport de Tours et un réseau d’autocars ;
  • le palais des congrès du Vinci ;
  • trois hôtels en centre-ville, quatre restaurants, deux traiteurs, le château d’Amboise et son metteur en scène “Renaissance”, une agence réceptive.

    Dix professionnels en tout, bien décidés à vendre ensemble la Touraine en destination affaires. Pour cette raison, cette première équipe a convaincu la CCI, le CDT et le CRT d’être partenaires de ses actions :
    salons, campagne de publicité et invitations des grandes agences d’événements afin de faire découvrir la région et ses attraits in situ. La première est fixée les 22 et 23 octobre : “Il est temps de démontrer que la Touraine n’est pas qu’un lieu de passage mais aussi une destination où il fait bon travailler”, insiste Jean-Pierre Moëllo, directeur de l’aéroport de Tours et président de Destination Touraine.
    “Ce marché est à développer y compris et surtout l’hiver pour rentabiliser nos équipements pendant cette période. Profitons du Vinci, pour faire venir des colloques internationaux, en commercialisant notre région auprès des grandes entreprises européennes et internationales”, déclare Jean-Claude Taupin, membre de l’association.

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    Un marché
    en mutation
     
        En effet, l’air du temps est aux regroupements, notam-ment dans les secteurs qui intéressent le marché du tourisme d’affaires qui compte deux types de clientèle : les entreprises, dans les grands secteurs de l’automobile, de l’assurance, de l’industrie chimique, de la finance ou de l’informatique, et les associations qu’elles soient nationales ou internationales. “Je peux me tromper, mais je prédis que, dans les années à venir, ce seront les sponsors eux-mêmes qui organiseront les congrès. Prenons par exemple les congrès médicaux. Sans les laboratoires pharmaceuti-ques, ils ne peuvent pas vivre. Plutôt que de financer plusieurs manifestations, en différents endroits et plu-sieurs fois dans l’année, ce qui leur coûte fort cher, ils préféreront en organiser une seule, mais d’envergure. Aussi a-t-on intérêt à regrouper les outils et les structures”, prévient Jean-Michel Dutoit. D’où l’idée de créer une holding, à l’instar de celle réalisée à Strasbourg, qui réunirait en une seule entité le parc des expositions, l’office du tourisme et le Vinci. “Isolé, on ne peut plus se développer, on a besoin de tous les professionnels du secteur du tourisme d’affaires ”, poursuit le directeur du Vinci. Il salue d’ailleurs à cet égard la correction des hôteliers qui n’ont pas profité du congrès ESHRE - qui a réuni 3 500 personnes en juin - pour augmenter le tarif de leurs chambres, réservées deux ans à l’avance : “C’est remarquable !”

    Anne-Christine BECARD

     
    internet
    Préparer son séminaire et son congrès en ligne
     
        Le guide des séminaires et congrès troque le papier contre le web, sur le site internet de la CCI de Touraine. S’il recense toujours les trois types d’établissements capables d’accueillir des congrès et des séminaires - les palais des congrès, les salles nues et les hôtels restaurants - son intérêt par rapport au guide papier est de permettre un tri sur deux critères : la situation géographique et le nombre de participants. Sont listés également plus de deux cents professionnels, liés à l’organisation des manifestations d’affaires. Ils sont répertoriés par catégorie (agences, traiteurs, traducteurs, loueurs de voiture, sonorisation, animation ...) avec pour chacun d’eux un petit descriptif de leurs prestations et de leur domaine d’intervention.
    Contact : www.touraine.cci.fr
    Michel Weiss : 02 47 47 20 87
     
    Ce que rapporte le Vinci...
    et à qui.
     
        “La ville a fait un investissement de 527 MF, qui lui est revenu (retombées économiques évaluées à près de 547 MF) en moins de six ans”, assure Georges Fleurance, directeur commercial du Vinci. Cette affirmation se fonde sur une étude, réalisée par l’association France Congrès et le Ministère du Tourisme, destinée à mesurer la contribution des palais des congrès à l’économie touristique de leur ville. Sur la base de 750 F de dépenses moyennes par congressiste et par jour les diverses retombées économiques directes et indirectes du Vinci ont été chiffrées pour 1998 à 105 MF. Les congressistes sont en effet consommateurs d’hébergement, de restauration, de taxis et... de brosses à dent : “Dis moi ce que tu veux et je te dirai le thème du congrès : les enseignants demandent des collutoires pour la gorge; les épouses de notaires des pansements pour leurs ampoules aux pieds; les pédiatres francophones des médicaments”, décrit avec humour Bernard Le Bras, pharmacien juste en face du Vinci, qui a vendu en quatre jours deux cents boîtes d’un médicament à base de progestérone à des médecins italiens.