Changement de look et d’enseignes : il faut du temps pour prendre ses marques.
 
Loches dope
son centre-ville
 
Le centre-ville de Loches s’offre une cure de jouvence. Cette rénovation, très respectueuse du caractère historique de la ville, s’accompagne d’un renouveau commercial. A la satisfaction de tous.
 
 
      Les Lochois sont unanimes. “La rénovation de l’hyper-centre donne un regain de vie à Loches. Le centre-ville est nettement plus agréable : on a du plaisir à déambuler dans les rues. C’est comme si la ville avait pris un coup de jeune. “Les touristes ne sont pas en reste et ils le disent aux commerçants : Loches est une ville au visage accueillant. Ce qu’ils apprécient ? Le charme de l’ancien mis au goût du jour, les terrasses et l’abondance des fleurs. Quant aux commerçants, leur moral semble à la hausse. Ils n’ont certes pas oublié le temps des travaux : “C’est une période qui a été dure à supporter avec des baisses de chiffre d’affaires importantes”, mais un certain sentiment de fierté flotte dans l’air : “On a rattrapé notre retard par rapport à Bléré et à Amboise”. Bien sûr, “il est encore un peu trop tôt pour évaluer les retombées des aménagements sur l’activité commerciale. Sur ce point, septembre sera un bon test.”
 
Renforcer
les atouts
 
    D’un point de vue strictement commercial, Loches se comporte comme un chef-lieu de canton rural. Avec toutes les difficultés que cela implique : urbanisme contraignant, évasion importante et manque d’enseignes. Mais la ville a au moins trois atouts : son patrimoine historique, sa convivialité ainsi qu’une large zone d’attraction. Sans oublier une offre commerciale diversifiée et la présence d’indépendants qui donnent à l’hyper-centre une forte personnalité.
En 1996, la municipalité a décidé de renforcer l’attractivité de la ville. Priorité fut donnée dans un premier temps au centre-ville. Avec des objectifs clairement définis : dynamiser et moderniser l’image de l’hyper-centre, améliorer le confort de ses usagers et renforcer l’attractivité commerciale du centre ancien. C’est ainsi qu’en deux ans la rue de Tours, la place de la Marne, la rue de la République, la place au Blé et la rue Balzac auront été entièrement retraitées, du sol à l’éclairage en passant par le mobilier urbain et l’installation d’une fontaine. Le chaland en a-t-il pour autant modifié son parcours de shopping et privilégié certains axes ? “Non, répond Jean Néret, pâtissier rue Picois. Le centre-ville n’est pas si grand : Loches, c’est un tout. Et puis, la disposition des parkings fait que les consommateurs arrivent d’endroits différents. Enfin, les éléments d’attraction sont suffisamment dispersés pour que tout le monde y trouve son compte.”
 
De nouvelles
enseignes
 
    Il se trouve que dans le même temps l’offre commerciale a connu quelques mouvements. Des changements qui ne sont pas directement liés aux travaux mais qui coïncident heureusement avec l’arrivée de ce nouveau décor. Ainsi rue Picois, Monoprix a cédé la place à un magasin de vêtements “jeunes” et bon marché, Styleco. Place au Blé, la parfumerie Beauty Success, un magasin de chaîne, a remplacé le magasin Gitem, parti en périphérie. Un peu plus loin, le bar le Balto s’est agrandi en annexant une carterie. Le magasin de fleurs s’est transféré de l’autre côté de la place dans des locaux rénovés. Rue de la République, le magasin de fruits et légumes s’est reconverti en “Point chaud” et restauration rapide. Deux nouveaux commerces également Grande-Rue : un magasin d’art de la table, Côté Déco, et un magasin de vêtements pour juniors branchés : la Licorne. La démarche est d’ailleurs intéressante, comme l’explique le jeune propriétaire : “Il n’y avait rien pour les jeunes. J’ai déposé des questionnaires dans les cafés et ce sont leurs réponses qui m’ont guidé dans le choix de mon activité”. A noter enfin la naissance de Graine de malice, une carterie rue Agnès-Sorel, et d’une boutique d’impression par transfert, Epi-créations, rue Balzac.
 
Prendre
ses marques
 
   Les changements de commerces ? “Cela renouvelle l’intérêt pour le centre-ville et c’est rassurant. Un commerce fermé, c’est inquiétant et la multiplication des assurances, agents immobiliers ou des banques n’est pas un bon signe”, confient quelques consommateurs. La création du magasin de vêtements Styleco ? “Très bien pour le centre-ville de Loches”, disent en choeur chalands et commerçants : il touche un large public, le renouvellement de l’offre assure la curiosité et cela joue un rôle de locomotive pour la rue Picois”. Un bon point également pour l’ouverture de la boutique de vêtements pour juniors : “Le commerce d’une ville doit fixer ses jeunes sur place”.
Tout n’est pas toujours aussi simple cependant. L’équilibre commercial d’une petite ville est fragile. Une restauration rapide s’ouvre et ce sont à la fois les boulangeries, les pâtisseries et les charcuteries qui éternuent. Une parfumerie de chaîne se crée et ce sont les parfumeries déjà en place qui s’enrhument. Comme l’explique Daniel Rouballay, charcutier rue de la République, “une nouvelle enseigne remet tout l’équilibre d’une petite ville en cause. Cela suscite forcément la curiosité du consommateur et change au moins pour un temps les habitudes d’achat. Cela oblige les commerçants déjà en place à revoir leur positionnement, à inventer de nouveaux produits, à communiquer autrement. Il se passe un moment avant que tout le monde prenne ses marques”. Et les consommateurs, qu’en pensent-ils ? Les plus jeunes sont généralement ouverts à tout ce qui ressemble aux magasins de grandes villes : “C’est bon pour l’image de la ville. Cela prouve que Loches peut se payer des boutiques de ce genre”. Lors des marchés nocturnes de juillet et août, on a servi 2 000 repas en centre-ville. Les gens sont venus en famille, manifestement pour passer un moment agréable. La preuve que le centre-ville a une fonction de rassemblement convivial. Le décor est maintenant planté. Mais si les pouvoirs publics sont responsables de l’espace commercial, ce sont bien les commerçants qui sont responsables de la conquête du client. Avec un enjeu : exister davantage face à l’attrait de Tours et de sa périphérie.

Catherine GEFFROY