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De lautonomie si les résultats sont là.
Travailler Les entreprises américaines sont près dune trentaine en Touraine. Organisation, stratégie, culture : comment vivre avec loncle dAmérique ? |
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| 445 projets dinvestissements étrangers en France ont été recensés en 1998 par la Datar, dont le quart provient des Etats-Unis. Ils devraient permettre la création ou le maintien de plus de 29 000 emplois dans les trois ans à venir. Cette hausse de 21 % par rapport à 1997 tendrait à démontrer que les investisseurs étrangers ne sont finalement rebutés ni par les contraintes administratives imputées à notre pays, ni par la perspective des 35 heures. A moins que la création de la zone euro nait penché plus fortement dans la balance. Certains ne lont pas attendue, comme Pfizer : lun des premiers groupes mondiaux dans les domaines de la pharmacie et de la santé (50 000 personnes, dans 150 pays et un CA de 75,4 MdF) sest établi en France en 1954 et à Amboise en 1965. | |||
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Un intérêt
mutuel... |
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...qui ouvre des
perspectives |
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| Pas un jour, pas une heure, nous navons regretté la prise de participation dInvacare chez Poirier. Sept ans après, je confirme que cétait stratégiquement une très bonne décision, déclare Pierre-Marie Juranville. Depuis 1992, une centaine demplois ont été créés, Poirier passant de 220 personnes à 320 et dun chiffre daffaires de 220 MF à 340 MF. Cette croissance sexplique par louverture de nouveaux marchés, rendus possibles par la présence du groupe américain dans le monde entier et par lapport de nouveaux produits dans les domaines du matériel de maintien à domicile et de lassistance respiratoire. Grâce à ses vingt sites à travers le monde, Sunrise Medical a procuré dentrée de jeu un réseau de distribution aux lits médicalisés de Corona. Doù un fort dé-veloppement à lexport, pratiquement inexistant avant le rachat. Appartenir à un groupe fi-nancièrement solide rassure. Grâce à la notoriété dOlin, leader mondial du traitement deau de piscine, les banques ont bien suivi, nous permettant dassurer notre croissance, reconnaît Richard Chouraqui, fondateur dHydrochim en 1976. Finalement resté aux commandes dHydrochim après lentrée définitive dOlin (9 000 personnes, 15 MdF) dans son capital en 1992, Richard Chouraqui a accepté, à la condition de garder la main. En 1997, on ma dit : Devenez le leader en Europe, on vous en donnera les moyens. Quant à la façon dy parvenir, on nous a laissé carte blanche. | |||
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La pression
des résultats |
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Il est arrivé que les Américains viennent pour voir comment on réussissait en grande distribution. Nous leur avons donné deux ou trois idées dans le domaine du marketing, se souvient Richard Chouraqui. Toutefois, les relations fondées sur léchange ne vont pas toujours de soi. Ainsi Somycel à Langeais, société productrice de mycellium, a-t-elle dû se battre. Cette entreprise, française à lorigine, vendue au groupe agro-alimentaire américain Heinz en 1975 et cédée fin 1991 à Sylvan, petit groupe de Pennsylvanie (600 personnes et un CA de 560 MF) a vécu cinq années difficiles marquées par le licenciement de trente personnes : Le choc des cultures a été très fort. Les Américains ont voulu imposer leurs vues sans tenir compte de notre savoir-faire, résume Régis dArnoux, directeur des opérations de Sylvan Europe et responsable de Somycel, la plus grosse des unités de production européenne (60 % du marché européen de Sylvan Europe). De notre côté nous savions quavec leur apport technique et nos propres compétences, nous pouvions faire encore mieux ; cest ce que nous avons finalement réussi à démontrer, chiffres à lappui ; les relations sont désormais excellentes et, en Europe, nous avons aujourdhui une large part dautonomie de la gestion à travers une structure appropriée. Le coup de pied aux fesses a été rude, mais bénéfique !, conclut Régis dArnoux. |
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Pfizer et NCR
font fi du pays |
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Nées aux Etats-Unis, il y a respectivement 150 et 115 ans, les multinationales Pfizer et NCR (30 000 personnes dans 120 pays et à qui lon doit les premières caisses enregistreuses) ne sont plus organisées par pays, mais par activité.
Il y a une forte centralisation dans la politique mais un bon degré dautonomie, assure Jean Lhoste, dont les 37 ans dancienneté chez Pfizer lui permettent de reconnaître que cela na pas toujours été le cas : Les premières années, les directives étaient tatillonnes, mais à mesure de laccumulation des compétences, on nous a laissé plus de liberté ; en contrepartie, la pression sur les résultats est encore plus forte.
Sans doute parce que lorganisation y a été plus récemment modifiée, la marge de manoeuvre chez NCR est réduite. La multinationale est dirigée par un pdg, épaulé par cinq directeurs, responsable chacun dune division. Depuis la mise en place de cette nouvelle organisation en 1997, la notion de pays nexiste plus. Cest ainsi que le site de production établi à Amboise depuis 1968 na pas de directeur détablisse-ment. Le britannique Peter Dawe, contrôleur de gestion à Amboise, rend directement compte au responsable financier de Systemedia (division fournitures, consommables informatiques), basé aux USA : Ainsi linformation nest pas diluée. Ni les instructions, qui sont les mêmes pour le monde entier. Si Peter Dawe se plaint du temps passé au sacro-saint reporting, consacré aux remontées des chiffres, aux prévisions et à lanalyse, il reconnaît que cette rigueur aide à avancer. Tout lart est de marier au mieux cette efficacité avec le bien-être social à la française, conclut Jean Lhoste. Anne-Christine BECARD |
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Dun pays, lautre
Ce quils en disent |
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| La France est un pays compliqué, qui agace par ses contraintes réglementaires et économiques. La législation y est contraignante. Mais Pfizer a le côté pragmatique des grandes sociétés mondiales qui veut quon soit sur le marché pour sy implanter ; cela suppose donc de sadapter à la législation en vigueur ou au mode dorganisation dun pays. (Pfizer) Invacare ayant pour valeur la citoyenneté, son principe est de respecter les lois en vigueur et léthique des pays dans lesquels le groupe travaille. Partant, lidée est danticiper sur ces contraintes plutôt que de les subir. (Poirier) | |||
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35 heures :
une bizarrerie à la française |
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| Les Américains ont du mal à comprendre quen France la création demplois puisse être un but en soi. Aux Etats-Unis, cest une conséquence du travail. (NCR) On nen parle même pas. A nous de faire en sorte que les résultats ne sen ressentent pas. (Corona) Ne veulent pas le savoir, cest à nous de nous débrouiller. (Corolle) | |||
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Main-doeuvre :
compétente |
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| Les Américains trouvent la main-doeuvre française relativement chère, mais souple, très compétente et adaptable, manquant parfois dinitiative. | |||
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La stratégie américaine : anticipation et pragmatisme |
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Ce sont des gens réactifs et qui ont une notion très développée du service aux clients. (Poirier) Ils prennent des risques, mais calculés. (Pfizer) Ils ont des années davance sur nous. Pour eux les Etats-Unis dEurope sont déjà là. (Pfizer) Ils ont une vue stratégique à plus long terme que nous et prennent des risques. En revanche, ils ont du mal à admettre, a priori, dautres chemins que les leurs. (Somycel) |
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