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La plasturgie affiche une santé insolente !
Le marché français de la plasturgie se porte bien. La Touraine se fond dans le moule : la tendance est au développement et l'innovation accompagne cette montée en puissance. |
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| Second secteur industriel du département après la métallurgie, l'industrie du caoutchouc et des matières plastiques emploie 4 723 salariés, soit 13 % de l'emploi industriel global en Touraine. L'essor de la plasturgie remonte aux années 1970. Aujourd'hui, les entreprises présentent une vitrine complète de toutes les techniques de transformation des plastiques en produits finis et semi-finis : injection, extrusion, extrusion-soufflage, rotomoulage, thermoformage... Mines de dynamisme, les entreprises de la région n'hésitent pas à employer les grands moyens : depuis un an, elles transfèrent leur activité dans de nouveaux locaux, s'agrandissent, investissent, s'allient ou s'internationalisent pour faire face à la concurrence. | ||
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Accords
et participations |
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Plastivaloire, créée en 1963, s'est hissé au rang des cinq premières sociétés françaises d'injection des matières plastiques. "En 1998, le groupe a réalisé un CA de 850 MF avec 600 personnes sur les sites de Langeais et Chinon" expliquent Patrick Findeling, président de Plastivaloire, et Jean-Louis Billois, directeur du site de Langeais. "Nous avons signé un partenariat avec Philips pour l'injection de cabinets et dos pour la télévision. Par ailleurs, la construction d'une troisième usine en Pologne, qui sera opérationnelle en septembre 1999, devra compléter l'implantation du groupe dans les pays de l'Est" ajoute le président.
La société familiale Servi, leader national sur le marché-niche du moule fromager et des chaînes mécanisées pour pâtes molles, vient de prendre une participation majoritaire dans la société Doryl, implantée également à Langeais. Celui qui moule les célèbres fromages frais du Val de Loire dans du poly-propylène souhaite "mettre en commun les savoir-faire, être plus fort pour faire face à la concurrence. "Nous sommes spécialisés dans les moules pour les pâtes molles et Doryl pour les pâtes pressées ; nous sommes complémentaires dans nos gammes de produits, dans nos méthodes de fabrication, plus particulièrement injection pour Servi et chaudronnerie plastique pour Doryl, et dans nos marchés à l'export, en Europe du sud pour Servi, dans les pays nordiques pour Doryl" commente Jean-Michel Lassalle, directeur commercial adjoint de Servi qui emploie 60 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 66 MF. Doryl, pour sa part, emploie 22 personnes, son CA atteint 13 MF. "Les objectifs du groupe sont de réaliser un CA de 90 MF en l'an 2000, dont 40 % à l'exportation" indique Christian Hélaine, président du directoire de Servi. |
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Course
à l'innovation |
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L'innovation a permis au plastique d'acquérir des qualités qui impose ce matériau sur de nombreux marchés : automobile, emballage, bâti-ment, industries électriques et électroniques, aéronautique, secteur spatial, médico-chirurgical... Les spécificités des matières plastiques (légèreté, inaltérabilité, résistance, isolation, simplicité de transformation) ouvrent la voie à des concepts ou produits révolutionnaires : polymères semi-conducteurs capables de conduire l'électricité, biomatériaux compatibles avec le vivant, plastiques photosensibles, etc. Des innovations qui assurent à cette industrie encore jeune de belles perspectives de croissance, particulièrement en France, où la consommation moyenne de plastique par habitant n'atteint que 70 kilos, contre 123 aux USA et en Allemagne. (source : Industries n° 40-sept 98). Au niveau national, 6 à 7 % du CA des grandes entreprises est consacré à la Recherche et Développement.
En Touraine, les entreprises se sont aussi lancées dans la course à l'innovation. L'usine française de Tupperware (Dart Europe), implantée à Joué-lès-Tours (450 salariés), fabrique 150 millions d'articles en plastique par an pour l'ensemble du marché européen. Dernière invention : des récipients en polymères à cristaux liquides qui passent sans se déformer du congélateur au four à micro-ondes, résistant de - 25 ° à 230 °. "L'innovation est infinie avec le plastique qui se découvre toujours de nouvelles applications" explique Giovanni Isingrini, plant manager. Preuve en est : "Les trois centres de recherche et développement de l'entreprise conçoivent un nouveau modèle par semaine contre un par mois il y a 20 ans !" Tupperware compte aujourd'hui 2 000 références en Europe et 900 modèles. Pour innover, il faut savoir investir "dans des machines à la pointe de la technologie. Pour être plus performant, Tupperware a concrétisé un partenariat avec un fabricant de presses autrichien, réputé pour sa technologie de production, de contrôle et d'automation. "De nombreuses ma-chines ont été conçues sur-mesure pour répondre aux exigences de la société", ajoute-t-il. |
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Technologie
de pointe |
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Les Plastiques Renforcés du Centre (PRC), entreprise spécialisée dans la transfor-mation de matières plastiques, stratifiés polyester, composites et thermoformage (serrurerie et menuiserie) s'est, elle aussi, installée en 1998 dans de nouveaux locaux, tout en restant à Orbigny, et s'équipant d'un pont roulant et de cabines spécifiques. "Cette année, nous avons mis en place un parc de nouvelles machines et notamment une plaqueuse de chants (applications de chants PVC) et nous nous ouvrons à la fabrication en injection basse pression pour gagner en productivité sur des séries importantes", explique Daniel Chaplot, gérant de l'entreprise
C'est dans ce même objectif d'évolution que Plastivaloire s'est équipé d'une machine à injection-compression, un procédé qui permet de réaliser des parois plus fines, destiné à des applications innovantes, et envisage l'acquisition d'une presse de 2700 tonnes dans les mois à venir. De plus, grâce à son potentiel de développement, Plastivaloire s'est vu confier par Philips (Le Mans) la fabrication du front plastique du téléphone GSM "Génie". Polyflex, à Langeais, est spécialisé dans la fabrication de flacons en matière plastique pour les marchés de la pharmacologie, la cosmétologie et l'alimentaire. La société n'hésite pas, elle non plus, à investir pour faire face à la concurrence. "Nous fabriquons pour l'Europe les flacons de shampoing Fructis de l'Oréal" indique Christian Lagoutte, directeur technique du centre de Langeais. "Pour être les meilleurs dans le marché du façonnage cosmétique, nous avons investi 50 MF dans des machines de haute production en extrusion-soufflage, qui multiplient par deux la capacité actuelle de l'usine (200 millions de flacons par an) pour fournir nos gros clients, tels Procter and Gamble à Blois et l'Oréal à Rambouillet, que nous fournissons. L'enjeu de cet investissement est de maîtriser d'une façon optimale toute la logistique : soufflés sur place, nos produits sont transportés directement sur la plate-forme de stockage du client. Nous avons donc repensé tout notre environnement technique pour être plus productifs et réactifs". |
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Travailler dans des conditions optimales |
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Se donner les moyens de rester efficace, c'est aussi travailler dans des conditions optimales. En Touraine, plusieurs entreprises font évoluer leur site d'activité pour s'agrandir ou s'installer dans des lieux qui répondent mieux aux besoins.
Injection Plastique Centre Ouest (IPCO) à Na-zelles-Négron - 40 personnes - développe et industrialise des composants en thermoplastique moulés par injection jusqu'à 1,5 kilo. L'entreprise déménagera à Amboise dans le courant de l'an 2000. "L'atelier de production devient trop étroit et nous avons besoin de place pour stocker davantage de produits finis. Ce transfert représente un investissement de 5 MF" affirme Brigitte Huard. Spé-cialisée dans les petites pièces techniques en ther-moplastique pour la connectique, la téléphonie, et l'électronique, la transmission de données, l'automobile, l'aéronautique, la micromécanique, le médical ou l'emballage, l'entreprise propose également de réaliser la décoration notamment en tampographie jusqu'à quatre couleurs. Quant à Plastiques 2005, la société installe un deuxième site de production de 4 500 m2 à quelques kilomètres de Langeais, pour poursuivre son développement. L'implantation se fera sur la commune de Savigné-sur-Lathan. Dans le cadre de son plan de croissance à trois ans, elle prévoit la création de 30 emplois. Depuis le début de l'année, l'entreprise a renforcé son équipe commerciale et son bureau d'études. |
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TENDANCES
Beau fixe |
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"En 8 ans, le CA du secteur a augmenté de 30 % , les investissements de 15 % et les effectifs de 5 %. 97 a marqué un redémarrage de la commande en volumes" explique Michel Pelletier, délégué général de la fédération de la plasturgie. L'automobile et la téléphonie ont dominé la filière avec des taux de croissance de 12 à 15 %. Le secteur des cosmétiques tire l'activité vers le haut tandis que la demande du secteur alimentaire reste stable. (Sources de l'OCDE / SESSI).
En Europe, l'Allemagne occupe le premier rang avec un CA annuel de 224 milliards de francs, le double du CA réalisé par les industriels français (115 milliards de francs) qui précèdent de peu les britanniques (99 milliards). Les Etats-Unis et le Japon occupent respectivement les premier et deuxième rangs tandis que la France se maintient en quatrième position au niveau mondial. (source : enquête de la Tribune Defossés. http : //www.archives.la tribune). Dans les pays de l'Est : "Des pays comme la Pologne, bénéficient d'une tradition mécanicienne très forte permettant aux plasturgistes de trouver sur place leurs outils. Une trentaine de PME françaises sont déjà implantées sur les marchés polonais et tchèques" explique Hervé Rebollo, responsable du service économie et international à la Fédération de la plasturgie. (source : Industries n° 40, sept 1998). En Touraine : second secteur industriel du département après la métallurgie, l'industrie du caoutchouc et des matières plastiques compte 72 établissements, emploie 4 723 salariés, soit 13 % de l'emploi industriel ou 4 % de l'effectif salarié global. 80 % des entreprises ont moins de 50 salariés. (Source : Observatoire Economique de Touraine, novembre 1998). Les plus fortes hausses de consommation de plastiques se situent dans l'automobile (+12 %) et dans les sports de loisirs comme dans le ski et la plaisance (+8 %). Ils enregistrent également des progressions dans le domaine de l'emballage (+3 %). L'an dernier, c'est le PET (la France en produit peu) qui a connu la plus forte hausse de son utilisation (+21 %) grâce à sa généralisation dans les bouteilles d'eau. (Source : les Échos - mercredi 17 mars 1997). |
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Un pôle en
plein essor |
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Si la plasturgie est de première importance en région Rhône-Alpes où elle regroupe 18 % de ses effectifs, son dynamisme s'est également imposé dans les Pays de Loire et en Picardie. Le secteur bénéficie en Touraine de la proximité de centres de recherche performants dans le domaines des matériaux composites (CEA de Monts et université) et des polymères. La force du réseau du Val de Loire dans la transformation du plastique ne rivalise pas encore avec le pôle d'Oyonnax, mais le dynamis-me des entreprises qui ont répondu à cette enquête, fait entrevoir un développe-ment important pour les années à venir.
Laurence Frémaux |
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