Pour les acteurs économiques
tourangeaux, l'emploi est l'enjeu
premier du XIIème Plan.
2000-2006 :
des années à bien négocier

Favoriser un développement économique durable, tel est le souhait des chambres consulaires face à l'enjeu du prochain contrat de plan Etat-Région. L'heure est aux négociations avec l'Etat et à la constitution des enveloppes.

   Le contrat de plan Etat-Région, en cours de préparation, portera sur les années 2000 à 2006. Il coïncidera avec la prochaine génération des fonds structurels européens. La concertation préside plus que jamais à sa préparation afin que soient menées des actions cohérentes, intégrant les projets de Pays et d'agglomération, ainsi que les contrats de ville, les schémas de services collectifs, etc.
Ce contrat comportera deux volets : l'un régional concernant les grands projets structurants et les actions à di-mension régionale et interrégionale, l'autre territorial pour les actions de développement local, encadrant les contrats de Pays et d'agglomération. De quoi interpeller tout le monde. Même les habitants de la région Centre sont invités à donner leur avis via un site internet spécialement ouvert : http://www.region-centre.com
La balle est actuellement dans le camp de l'Etat. Pour commencer, un Conseil interministériel d'aménage-ment du territoire fixe ces jours-ci les mandats de négociation au profit des Régions, le cadrage financier et la stratégie de l'Etat par Région. De mai à décembre se dérouleront les négociations, suivies de la signature des contrats.
Les responsables locaux, en parti-culier les chambres consulaires qui ont participé à sa préparation, ont saisi l'opportunité d'un tel contrat, objet de négociations d'autant plus serrées que le contrat de plan précédent n'a pas tenu toutes ses promesses.


Diagnostic :
une agglomération saturée

   Grâce aux bases de données économiques dont elle dispose (Basile à l'Observatoire économique de Touraine, données de la Chambre de métiers, de la Chambre d'agriculture et diverses autres sources), la CCI a pu établir un fin diagnostic de l'état des lieux dans l'agglomération de Tours, destiné à alimenter le volet économique du contrat de plan.
L'analyse de la répartition territoriale des pôles économiques montre qu'une grande part des créations de zones d'activités sont récentes, que les surfaces disponibles sont faibles avec une moyenne de quatre hectares (seules quatre zones ont plus de vingt hectares disponibles), que les grands pôles économiques d'équilibre sont aujourd'hui enserrés dans l'aire urbanisée de Tours, et saturés. D'où une dynamique dans la création de pôles secondaires dans un rayon de 10 à 15 kilomètres et la constitution de grands pôles d'équilibre qui se dessinent avec force dans la grande périphérie : Papillon et Equatop au nord de l'agglomération, La Liodière et Sud Indre Développement au sud, La Pontonnière à Ballan-Miré, à l'ouest. On observe également que les zones d'activités de l'agglomération bénéficient d'un taux d'équipement supérieur à l'ensemble du département et que 40 % d'entre elles sont à dominante tertiaire.

Des équipements

insuffisants
    Si la Touraine a su anticiper ces problèmes par un aménagement de l'espace en faveur des entreprises, elle demeure pénalisée par la faiblesse de certains équipements : les retards annoncés sur la réalisation des autoroutes A 28, A 85 et A 10 bis, ainsi que sur le boulevard périphérique, traduisent l'absence d'un schéma cohérent et complet des infrastructures de transport. Les aménagements d'accès à l'aéroport sont notoirement insuffisants. L'étendue limitée du réseau de fibre optique constitue par ailleurs un handicap, à l'heure où les nouvelles technologies de la communication sont devenues un enjeu majeur du dé-veloppement de produits innovants, en même temps qu'un facteur de réduction des inégalités territoriales.
Certes, un tissu performant d'établissements de formation et de recherche caractérise l'agglomération. Toutefois, les connexions avec le monde de l'entreprise sont à l'état embryonnaire. Quant aux objectifs du plan d'élimination des déchets - une contrainte forte dans les entreprises - ils ne pourront être atteints qu'à la condition que le tri à la source bénéficie de démarches de soutien. Il en va de même pour la valorisation, le recyclage et la gestion collective de ces déchets.
 

Des secteurs en mutation
    Ce diagnostic consulaire s'est également fondé sur une analyse approfondie de l'économie agricole, artisanale, industrielle, commerciale et de services. Il a pu être élaboré grâce à partenariat étroit avec les Chambres de métiers et d'agriculture, le MEDEF, la CGPME et le GIMIL. On constate ainsi que l'agriculture de Touraine, fleuron du Centre-Ouest, est fragilisée : perte de parts de marché en céréales, horticulture et viande de volailles, insuffisances d'installations, manque d'investissements immatériels, problèmes environnementaux.
L'artisanat, très représenté dans le monde rural et dans le secteur du bâtiment, est, pour sa part, confronté à des problèmes d'adaptation au contexte économique en mutation. On assiste, par ailleurs, à un lent glissement du secteur industriel (perte d'emploi dans l'industrie et la construction), tandis que le commerce se maintient même si s'opère une évasion du centre de Tours vers la périphérie. La dynamique, par contre, dis-tingue le secteur des services, tout comme celui des échanges internationaux (import-export) qui s'amplifient de manière spectaculaire. Le tourisme, enfin, place la Touraine au premier rang des départements de la Région.

Prioritaire : le cinquième élément
    S'appuyant sur ce constat, les orientations stratégiques des trois chambres consulaires, bien décidées à renforcer leurs liens et la cohérence de leurs actions, portent sur cinq priorités : le développement des infrastructures de transport dans un souci d'aménagement et de développe-ment du territoire, l'accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, l'aide à la prise en compte des enjeux environnementaux dans les entreprises, l'amélioration de la formation professionnelle et, cinquième élément au c¦ur de toutes les réflexions, l'emploi. Odile MENARD