| Faire face aux difficultés : à plusieurs, c'est plus efficace. |
| Des difficultés ? Réagir vite ! |
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Il en va de la santé des entreprises comme de celle des humains : en traitant le mal le plus tôt possible, les chances de le neutraliser sont plus grandes.
Les dépôts de bilan en France ont reculé de plus de 10,7 % en 1998 par rapport à 1997. Cette tendance se vérifie dans tous les secteurs d'activité et particulièrement dans l'industrie avec 15,5 % de défaillances en moins. Ce résultat s'explique par une bonne tenue de l'économie française en 1998, mais aussi par la baisse continue des créations d'entreprises, qui a mécaniquement joué, 50 % des jeunes sociétés disparaissant au cours de leurs cinq premières années. Malgré ce mieux, la France, avec 54 543 dépôts de bilan en 1998 (source SFAC), est toujours en tête du peloton européen, loin devant la Grande-Bretagne (38 634) et l'Allemagne (28 100). S'il est certain qu'une mauvaise conjoncture nuit à la santé des entreprises, toutes les défaillances ne sauraient lui être imputées. Les interlocuteurs privilégiés des entreprises tels que les banques ou les experts comptables le répètent à l'envi : la plupart des difficultés non accidentelles de l'entreprise ne sont pas liées à un manque de technique ou de savoir-faire, mais à une mauvaise gestion, due à une formation insuffisante au départ.
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| Non à la drogue du découvert |
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La première et la meilleure des préventions est encore la formation des créateurs d'entreprise : "Je suis toujours surpris de constater que rares sont les gens qui réfléchissent et s'entourent de conseils avant le lancement de leur entreprise. Le mini-mum serait d'avoir un bagage d'économie, de comptabilité et de fiscalité, et de savoir ce qu'est un bilan, un compte de résultat", exhorte François Guguenheim, directeur du centre de gestion agréé et habilité CECOPER. Idéalement, toute entreprise devrait s'appuyer sur un tableau de bord ou plus simplement sur un budget et le consulter au quotidien pour prendre le pouls de sa propre gestion (part des frais généraux, pertinence du calcul de la marge brute, recou-vrement des factures...). De même, elle devrait faire l'investissement d'un compte de résultat prévisionnel, qui lui permettrait d'analyser les écarts entre ce qui a été prévu et ce qui a été réalisé. Elle ne doit pas hésiter non plus à comparer ses chiffres à ceux des statistiques tenues pour son secteur d'activité : c'est une bonne façon de vérifier ce qui est imputable à la conjoncture et ce qui ne l'est pas. Se former, s'informer, mais aussi "relever la tête du guidon" pour s'obliger à prendre le temps de regarder son entreprise d'en haut : "Serais-je content d'être client chez moi ? est une question toute simple et édifiante à se poser", suggère François Guguenheim, qui insiste sur la nécessité de s'entourer de conseils pour s'y aider, qu'ils soient comptables, financiers, juridiques ou fiscaux : "Au moins une fois par an le chef d'entreprise devrait s'imposer une réunion avec chacun de ses conseillers", préconise-t-il, car "le rôle du conseil est de prévenir de l'arrivée des difficultés ; il doit se mouiller et avoir un esprit critique. Il en va de sa responsabilité". En outre, avoir créé un climat de confiance avec les interlocuteurs privilégiés de l'entreprise quand tout allait bien, facilite la tâche d'aller les trouver, quand l'horizon s'obscurcit. "Le paiement repose sur la confiance. En latin, "crédit" vient de credere qui signifie "croire" rappelle en préambule le responsable du département assistance-crédit à la Banque Populaire. Claude Damilaville se définit lui-même comme "pompier de service". La cellule rapide d'intervention qu'il dirige a été créée dans les plus noires des années 90 pour chasser le risque des pertes sur crédit. Sur un coup de fil d'un exploitant d'agence, il se déplace chez le client en difficulté pour analyser le problème, faire un diagnostic et tenter d'y remédier : "Ca marche trois fois sur quatre", assure-t-il, moyennant un prêt de restructuration "qui sort la personne de la drogue du découvert". En parler le plus tôt possible Rien ne sert de se masquer la réalité ni de la masquer aux autres quand ça va mal, mieux vaut en parler le plus tôt possible, aussi éprouvant que ce soit. "Il appartient au chef d'entreprise de faire face aux difficultés, sans pour autant tomber dans l'erreur de vouloir s'en sortir seul", précise Daniel Léon, Président du tribunal de commerce de Tours.
"Plus j'interviens en amont, plus c'est facile, plus c'est rapide et plus grandes sont les chances de succès des mesures de redressement", insiste Claude Damilaville. Il est bon de rappeller que la défaillance de son
client n'est pas non plus dans l'intérêt du conseiller, quel qu'il soit. Aussi préfèrera-t-il toujours rencontrer l'entrepreneur dans le but de trouver une solution, quitte à être payé plus tard que prévu. C'est toujours mieux que pas du tout. A noter qu'il existe aussi un dispositif d'accueil et de conseil gratuit à la CCI, créé spécialement pour les petites entreprises de moins de dix salariés (voir encadré). |
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| Prévention au tribunal de commerce Dans l'esprit de beaucoup, il en va d'un tribunal de commerce comme de n'importe quel tribunal : on y voit un lieu de sanction stigmatisant l'entreprise, plutôt qu'un lieu de soutien et de dédramatisation pouvant signifier un nouveau départ. La prévention des difficultés des entreprises est pourtant l'une des compétences naturelles des tri-bunaux de commerce, reconnue par la loi du 1er mars 1984. Ce dispositif de règlement à l'amiable concerne les entreprises en difficultés économiques ou financières, qui ne sont pas en état de cessation de paiement. Aussitôt qu'il le souhaite, le chef d'entreprise peut s'entretenir avec le magistrat chargé de la prévention, pour lui exposer ses difficultés. A sa demande, le Président du tribunal nomme un mandataire ad hoc ou un conciliateur pour négocier un moratoire des dettes. Cette procédure est absolument confidentielle : seuls sont au courant l'entrepreneur, le mandataire et les créanciers. "C'est la meilleure solution pour le chef d'entreprise avant de se trouver dans une situation inextricable", insiste le président tourangeau, Daniel Léon. Pas assez connue, cette procédure donne de vrais résultats : en 1998, le taux de réussite s'est élevé à 90 % pour les entreprises qui ont bénéficié du règlement à l'amiable. Anne-Christine BECARD |
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"D" comme diagnostic :
Initié par le Préfet et la Trésorerie générale et officialisé par la convention du 2 août 1994, le "Point D" est un dispositif informel de diagnostic et de conseil, créé pour répondre concrètement aux difficultés passagères des petites entreprises commerciales et de services de moins de dix salariés. Il est constitué d'une équipe composée d'un représentant du Trésorier-Payeur général d'Indre-et-Loire et d'un représentant du Président de la CCI de Touraine. Pour autant, le "Point D" n'a rien à voir avec le tribunal de commerce et encore moins avec les mécanismes de prévention institués par cette juridiction. Sur les quelque 120 dossiers traités par an au "Point D", la moitié environ trouve une issue favorable. On estime à 150 le nombre d'emplois ainsi sauvés chaque année. Contact : Michel Steiger au 02 47 47 20 85 |
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CCSF et CODEFI : Deux dispositifs d'aide
La commission des chefs de services financiers (CCSF) a pour mission d'examiner la situation des entreprises redevables d'impôts et de taxes de toute nature ou/et de cotisations de sécurité sociale et d'établir un plan de recouvrement échelonné, en demandant éventuellement au débiteur certaines garanties. Le CODEFI est chargé d'examiner les problèmes de financement rencontrés par les entreprises de moins de 250 salariés. Le comité peut intervenir auprès des débiteurs publics de l'entreprise afin d'accélérer le recouvrement des créances de l'entreprise ; intervenir auprès des banquiers pour faire maintenir ou accroître les concours financiers; relever le plafond des obligations cautionnées en matière de TVA ; intervenir pour faciliter le règlement d'un problème de trésorerie et, plus globalement, faciliter une opération de restructuration industrielle et/ou financière. Contacts : CCSF : 02 47 31 75 64 CODEFI : 02 47 31 76 01 |