Rien dans les poches, tout dans la carte.
 

Monétique : génération euro
 
Arrivée de l'euro, basculement vers l'an 2000, lancement du porte-monnaie électronique : le commerce doit se préparer à tous ces enjeux technologiques et commerciaux.
 

A chacun son TPE
      A proximité des Halles de Tours, une supérette Score de 250 m2 qui réalise 20 % de son chiffre d'affaires grâce à la carte bancaire. Son propriétaire a préféré prendre les devants : "Mes terminaux de paiement électronique n'étaient pas adaptables à l'euro : je viens de les changer. Mais, cette fois, je suis passé en location : il va y avoir tellement de bouleversements dans les prochains mois !". Ce qui l'a guidé dans le choix de son matériel ? "Je me suis assuré qu'il était évolutif, qu'il pou-vait accepter l'euro et le porte-monnaie électronique et puis j'ai voulu gagner de la place dans mon magasin, explique-t-il. J'ai opté pour un TPE plus un combiné monétique - lecteur de chèque et de carte bancaire - qui interroge directement RESIST, le système qui sécurise les paiements par chèque.
A Bléré, la parfumerie Origan le confirme : "Le TPE est indispensable. Certains clients ne paient plus qu'en carte bancaire. Et puis, c'est un service minimum à apporter au consommateur. "Elle aussi vient de moderniser son équipement : " En octobre dernier, j'ai échangé mon vieux matériel contre un TPE de faible encombrement, pratique, élégant et silencieux. Mon fournisseur doit prochainement le modifier pour qu'il débite les cartes de paiement en euros."
 
Devenir euro-commerçant
 
    Depuis janvier 1999, les clients peuvent, s'ils le souhaitent, régler leurs achats en euro par chèque ou par carte bancaire. En pratique, il est probable que le consommateur français utilisera encore le franc un certain temps, au moins pour ses achats courants. Mais dès le printemps, les touristes de l'Euroland pourront être tentés de payer en euro. A condition que le commerçant l'accepte. Ou, pour s'exprimer d'une manière plus concrète, à condition qu'il ait pu actualiser ou renouveler son matériel. Mais comment savoir si tel ou tel matériel passera et l'an 2000 et l'euro ? Faut-il être opérationnel dès 1999 ? Il n'y a pas de réponse absolue à toutes ces questions. Chaque cas doit être examiné individuellement.
D'un point de vue technique, tout dépend de la capacité de mémoire des terminaux et de leur possibilité d'actualisation. La bonne procédure à suivre : contacter son distributeur ou sa banque. Si le matériel peut être mis à jour, le problème est vite réglé. Dans le cas contraire, il faut envisager de changer de matériel. Et là, il convient d'être prudent.
D'un point de vue commer-cial, il convient de réfléchir sur le rôle pédagogique du commerçant vis-à-vis de ses employés et du consommateur. Il est important que le commerçant indépendant commence en effet à sensibiliser sa clientèle et son personnel à l'euro en pratiquant au moins le double affichage. D'une part pour rassurer le client en matière de double étiquetage et de prix, d'autre part, pour signifier la démarche active du commerce traditionnel dans l'opération.
 
Le porte-monnaie électronique arrive
 
    Les consommateurs tourangeaux vont pouvoir bientôt utiliser les premiers porte- monnaie électroniques asso-ciant l'euro et le franc français, sur une même carte à puce. L'agglomération tourangelle a en effet été choisie par une association de sept banques françaises comme ville-test pour lancer un produit qui va révolutionner nos habitudes. Le porte-monnaie électronique remplacera en partie nos pièces sonnantes et trébuchantes pour payer sa baguette, son journal, son parking ou son transport en bus : l'utilisateur disposera d'une carte créditée d'une somme modique. Le porte- monnaie peut être couplé soit à une carte bancaire, soit à une simple carte de retrait, ou bien peut prendre la forme d'une carte dédiée à cette seule application. Son rechargement sera facile : soit auprès d'un distributeur automatique ou d'une agence bancaire, soit auprès de bornes publiques. Sa cible ? De 7 à 77 ans... et plus : il doit en effet concerner les personnes âgées qui peuvent rencontrer des difficultés à s'adapter à l'euro. Il fera gagner du temps en supprimant le rendu de monnaie, allègera les poches et limitera le risque de vol.
En février, les banques et leurs équipes de commerciaux commenceront à proposer le produit aux commerçants de l'agglomération et, en septembre, aux particuliers. Fin 1999, l'opération devrait atteindre toute sa dimension. A partir de l'expérience tourangelle, elle fera tache d'huile pour s'étendre à toute la France puis à l'Allemagne.

Catherine GEFFROY

 
Le 3 mai 1999, Journée professionnelle sur les nouveaux matériels de paiement
Espace Malraux € Joué-lès-Tours € 10h - 21h.
Une dizaine de fabricants présenteront aux professionnels, commerçants et artisans, les caisses enregistreuses et terminaux de paiement électronique adaptés à l'euro.