Le TGV Aquitaine sera réalisé,
les projets de nouvelles gares sont mis
entre parenthèses.

La consultation sur les études préliminaires a permis aux élus et aux socio-professionnels de donner un avis avant de passer à l'avant-projet sommaire. Le moment est venu de conjuguer aménagement du territoire et développement économique.

   C'est fait : la phase de consultation sur le fuseau de un kilomètre, menée par le Préfet et la mission TGV s'est bien achevée le 31 décembre dernier. On avance... Pas forcément à très grande vitesse, mais la création d'une ligne nouvelle prolongeant le TGV Atlantique vers le sud de l'Europe est entrée dans une phase déterminante.
   Retour en arrière : c'est le 13 janvier 1994 que le Premier ministre décide d'engager les études du TGV Aquitaine. De novembre 1995 à la fin mars 1996, on décide la tenue d'un débat préalable. La parole est aux élus régionaux, départementaux et locaux, aux représentants socio-économiques et aux associations des trois régions concernées : Centre, Poitou-Charentes et Aquitaine. Pour tous, le TGV Aquitaine apparaît comme une priorité, avec quatre enjeux à la clef : aménagement du territoire, développement économique, environnement et organisation des transports. Les conclusions du débat indiquent les missions essentielles d'un tel projet : sa réalisation permettra d'établir un axe à grande vitesse vers la péninsule ibérique, avec la possibilité de relier par la façade atlantique le nord de l'Europe au sud-ouest de la France. Le TGV Aquitaine, c'est aussi la promesse de l'ouverture d'un réseau de transport de qualité pour les régions traversées. Autre avantage : la voie nouvelle à grande vitesse profitera à l'ensemble du réseau de chemin de fer, avec, entre autres, un accroissement de la capacité de transport ferroviaire au profit du fret. Une mesure dont profiteront en priorité les entreprises avec, en corollaire, la complémentarité et la coordination de tous les modes de transport collectifs, départementaux et urbains.


Gain de temps
pour les voyageurs

   La nouvelle étape concerne le cahier des charges. Priorité est donnée à la réalisation de la ligne à grande vitesse Tours - Bordeaux (350 km/h). Les voyageurs partis de Tours gagneront de 3 à 5 minutes entre Tours et Poitiers et 39 minutes entre Tours et Bordeaux. Un "cadeau" appréciable qui devrait peser dans la prévision envisagée : la ligne nouvelle entraînerait une augmentation de fréquentation de près de 40 % sur cet axe.

Plus court,

moins cher
    Maîtriser les coûts au maximum en adoptant l'itinéraire le plus direct possible est un autre impératif. Dans cette perspective, plusieurs fuseaux sont à l'étude. Il s'agit, pour l'instant, de faire un choix sur une bande de 25 kilomètres de large pour déterminer, parmi de nombreuses variantes, un fuseau d'un kilomètre, qui sera ensuite réduit à une bande de 500 mètres, constituant l'avant-projet sommaire. Il faudra du temps pour déterminer le tracé idéal, l'emprise définitive occupant une largeur de 30 à 70 mètres. L'enquête publique pourrait voir le jour, dans le meilleur des cas, en 2001. C'est qu'il est indispensable qu'une large consultation permette à tous les acteurs du territoire de s'exprimer. Si le tracé est l'objet d'une attention méticuleuse, c'est pour éviter les zones sensibles et respecter les écosystèmes. Dans les différents itinéraires en présence, interviennent les notions de milieu humain, d'activités, de milieu naturel, de patrimoine culturel et loisir, de paysage, d'agriculture et de sylviculture, de ressources en eau, de géologie et géotechnique. C'est ce qu'on nomme la recherche du moindre impact. Pour le tronçon Tours-Poitiers, par exemple, il existe actuellement six variantes d'itinéraires parmi lesquelles il faudra déterminer la plus favorable à l'insertion du TGV. En région Centre, seul le département d'Indre-et-Loire est concerné avec 53 communes situées dans l'aire d'étude, dont 36 figurent sur les fuseaux du tracé. Il convient d'y ajouter Tours et Saint-Pierre-des-Corps pour les gares.La "note" globale sera salée : au total, un investissement de 18 milliards de francs, que n'arriveront pas à compenser les 14 ou 15 milliards de gains engendrés par cette opération dont bénéficiera la collectivité nationale (gain de temps, de clientèle, réduction des nuisances, etc.). Ce calcul a été fait sur 20 ans.
 
 

Les phases du projet :

  • Novembre 95 : débat préalable.
  • Elaboration du cahier des charges pour les études préliminaires, approuvé le 24 octobre 1996 par le ministre des Transports.
  • Etudes préliminaires : recherche de fuseaux d'études. Consultation d'octobre à décembre 1998.
  • Avant-projet sommaire : recherche d'une bande de 500 mètres à l'intérieur du fuseau d'un kilomètre de large retenu par le gouvernement. Nouvelle consultation.
  • Enquête d'utilité publique : les populations concernées sont invitées à s'exprimer.
  • Déclaration d'utilité publique : prononcée par décret après avis du Conseil d'Etat.
  • Avant-projet détaillé : élaboration des dossiers de travaux et réalisation du chantier. C'est à ce moment que pourront débuter les travaux sur une emprise ferroviaire définitive de 30 à 70 mètres.
  • Réalisation : 2010-2020.

 

L'enjeu :
un couloir nord-sud
    L'effet TGV profite aux villes desservies, mais également à tous les territoires et régions traversées. L'enjeu majeur est en effet l'ouverture d'un véritable couloir d'échanges entre le nord et le sud de l'Europe. Pour la Touraine et la région Centre, ce sera l'occasion de conforter le rôle de Tours comme nœud d'échanges nord-sud et est-ouest sur l'axe ligérien. Le développement économique devrait en être stimulé, tout particulièrement dans des secteurs comme le tourisme et le tertiaire supérieur. Aux partenaires concernés de définir les mesures devant accompagner le projet et de faire émerger des idées neuves pour accompagner les retombées de cette nouvelle ligne.
   En Touraine, des réunions ont amené les élus et les populations concernés à débattre très librement et complètement des effets du passage du TGV Aquitaine dans leur commune. Les avis recueillis serviront à éclairer le gouvernement dans ses décisions finales. Même si le terminus est encore loin (2010-2020), le projet est désormais sur la voie.

Philippe MARTINET

 
 
Tours - Le bon retour
sur investissement du Vinci

Un centre de congrès génère des retombées économiques et sociales qui dépassent largement celles de l'activité de sa propre structure et de ses fournisseurs. Les congressistes sont en effet consommateurs d'hébergement, de restauration, de souvenirs, de visites de sites, de transports... autant de flux financiers, également exprimables en emplois, qui n'existeraient pas sans la présence de cet équipement d'accueil.
Afin d'étudier la rentabilité des sommes engagées dans le centre de congrès tourangeau, la SEM Vinci a mesuré l'impact de son activité "congrès" sur l'économie locale, chiffré pour 1997 à 102 MF. Dans ce calcul sont intégrées sa production propre, les dépenses annexes des congressistes en Touraine, ainsi que l'évaluation d'un effet induit dit "boule de neige". Au terme d'une étude effectuée sur ces bases de septembre 1993, année d'ouverture, à la fin 1998, la SEM Vinci estime que l'investissement initial (un peu plus de 500 MF) est aujourd'hui amorti.
L'impact social en 1997 a également été mesuré : les retombées financières directes et indirectes, traduites en nombre d'emplois créés, ont été évaluées à 235 emplois à plein temps, auxquels il faut ajouter l'effectif salarié du Vinci (43 personnes), ce qui porte à 278 le nombre d'emplois globalement assurés en Touraine, en 1997, par l'activité de la SEM Vinci.

Centres-villes - Le retour
des commerces

Toute ouverture de nouvelle boutique constitue un signe visible de l'orientation que prend un centre-ville. Les transactions et les changements de mains se sont multipliés cette année à Tours et, depuis la rentrée de septembre, le mouvement ne s'est guère ralenti. Dans une moindre mesure, ces signes s'observent aussi à Amboise et à Chinon.
On constate, dans les activités concernées, l'émergence de créneaux forts. Ainsi en est-il de la décoration qui revient en centre-ville en se spécialisant. Quatre magasins se sont ouverts à Tours en deux mois : La Maison autour du Monde, rue de Bordeaux, sur le créneau de l'exotisme "soft", La Maison d'Alice, Galerie du Palais, sur le créneau de la "maison douce", Ma Maison au jardin, rue des Halles, sur le créneau de "l'authentique", et La Factory, rue de la Scellerie, sur le créneau du design. La téléphonie confirme son succès : Bouygues Telecom s'est installé simultanément à Tours (rue de Bordeaux) et à Amboise (rue Nationale) tandis qu'une nouvelle enseigne s'implantait rue des Halles à Tours. L'arrivée des " Tissus Vinci" place du Maréchal Leclerc à Tours confirme le regain du "faire soi-même" et des loisirs créatifs. Le prêt-à-porter choisit la sécurité en adoptant des enseignes nationales : arrivée à Tours de Lacoste, rue de Bordeaux, d'Esprit, rue des Halles (en février), et de Cache Cache à Amboise. L'alimentaire recherche le bon créneau : à Tours, les vins Nicolas s'installent rue Nationale, l'épicerie fine "Lhotte" prend un coup de jeune au Grand Passage tandis qu'une boutique "bio" s'installe sous les Halles. Enfin, la fermeture de la parfumerie Le Cachet illustre les difficultés de la parfumerie sélective indépendante face aux chaînes.
La stratégie de ces implantations est claire : on choisit les rues principales du centre-ville parce qu'elles assurent trafic et notoriété. Il existe cependant des alternatives. Certaines rues qui ont du caractère confèrent une identité particulière à leurs occupants : par exemple la rue de la Scellerie (notamment dans sa partie proche de la rue Nationale), ou la place du Grand-Marché (où la chapellerie Brun vient de changer de tête).
A Chinon, l'ouverture de Shopi amorce le regain de sympathie pour le cœur de ville. Le centre-ville de Loches, en pleine phase de rénovation, se donne les moyens d'accueillir également ces nouvelles tendances.

Saché - L'auberge est
reprise par un enfant du pays

L'auberge du XIIème siècle a rouvert ses portes en juillet dernier. En grand. "L'auberge est une maison de cœur pour les Tourangeaux, c'est un patrimoine commun que nous voulons faire revivre", annonce Thierry Gimenez, qui passait devant chaque matin, étant petit. L'enfant du pays a été accueilli avec chaleur par les habitants de Saché, très heureux que le lieu poursuive sa destinée de restaurant et ne devienne pas une maison d'habitation comme ils l'avaient craint. Pour redorer le blason de l'auberge - sa table a connu un macaron au guide Michelin, avec Jean-Louis Niqueux aux commandes - Thierry Gimenez n'est pas seul. Outre son épouse, il partage l'aventure et les cuisines avec son associé et ami Xavier Aubrun, qui tenait avec lui le restaurant le Lys, rue Blaise-Pascal à Tours. "Nous voulons conserver le même état d'esprit : une cuisine de saveurs à partir de produits locaux", explique-t-il, bien décidé "à redonner à la maison les lettres de noblesse qu'elle mérite".