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Pour décrocher des marchés dans la métallurgie, la modernisation des parcs-machines ne dispense pas de vendre du service.
Presses à commande numérique, centres d'usinage à grande vitesse, machines à axes multiples, découpe laser... la technologie a considérablement étendu le champ d'utilisation du métal, ce qui autorise un certain optimisme des entreprises qui le travaillent. |
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Elles investissent, s'agrandissent et proposent des emplois. Paradoxe des temps actuels, les postes offerts trouvent difficilement preneurs. De l'avis des chefs d'entreprises rencontrés, c'est l'image encore dévalorisante de l'apprentissage qui est en cause, le métier n'ayant plus rien du sombre cliché du XIXème siècle. En effet, les entreprises sont directement passées du siècle dernier au prochain millénaire, avec l'entrée de l'informatique dans la gestion du matériel. Mais le changement ne tient pas aux seuls équipements.
Tout est différent : les machines, bien sûr, qui permettent de répondre aux critères de rapidité d'exécution et de coût des pièces exigées aujourd'hui, mais aussi les produits, beaucoup plus complexes, les emplois qui demandent une formation longue, la relation entre donneurs et preneurs d'ordre, etc. Ainsi la confiance mutuelle, le suivi du client, le service rendu par le sous-traitant s'avèrent essentiels. En interne, l'entière prise en charge de la réalisation d'un sous-ensemble et l'implication des équipes de production constituent autant d'alternatives à la course technologique. Face à un marché instable, auquel la plupart sont confrontés - et habitués, en particulier dans le secteur de l'automobile - les chefs d'entreprise ont bâti de nouvelles stratégies en matière d'équipement, d'organisation et de formation. |
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S'équiper pour
décrocher des marchés |
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L'accélération de la production et le développement des nombreuses entreprises du secteur ont été rendus possibles en Touraine par la modernisation des parcs-machines. En s'équipant de trois machines à cinq axes, par exemple, Silméca à Amboise (220 personnes, 370 en 2001) répond ainsi à la forte demande du secteur de l'aéronautique et espère décrocher de nouveaux clients dans de multiples secteurs (voir Touraine Economique n° 179). Safety, qui possède des machines de toutes les générations, acquiert en continu les derniers modèles. Pour ces leaders, l'avance technologique est un défi permanent. Les PME tourangelles ne sont pas en reste.
Cetil à Chambray-lès-Tours (45 personnes et un CA de 22 MF) s'est équipé dès 1983 d'une machine "qui fonctionne toujours", explique son dirigeant, Frédéric Le Bret, soulignant que "les machines à commande numérique de cette génération souffraient d'un problème de cadence - ce qui est parfois un faux problème. Aujourd'hui, nous possédons dix machines à CN. En 1994, nous nous sommes équipés d'une découpe laser combinée à une tête de poinçonna-ge : un investissement de 4,5 MF. A l'époque, la con-joncture était difficile. Cet équipement nous a permis de maintenir notre production et nos marchés. Ce qui me semble toutefois important, c'est l'environnement de ces machines, la polyvalence des outillages, leur fiabilité, les délais de dépannage et de maintenance". |
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| Savoir-faire | |||
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les vérins hydrauliques |
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Ils peuvent être pneumatiques, à gaz ou encore électriques. Les appareils de levage ou vérins que répare STAM (société tourangelle d'application mécanique) sont hydrauliques.
"Traditionnellement quand on pense vérin hydraulique, on pense 17", commente Jean-Pierre Faucon, responsable de STAM. Par 17, il faut comprendre La Rochelle, historiquement spécialisée dans les vérins hydrauliques, pièces fréquemment utilisées dans les chantiers navals. Pourtant l'entreprise de mécanique de précision de la Riche, qui emploie 11 personnes, est tout aussi capable de refaire une tête en fonte ou en acier, de changer une tige ou un joint, de remettre en état ou de modifier la longueur d'un vérin : "Notre triple activité d'usineur, de réparateur et de négociant est un gros avantage", insiste J.-P Faucon. |
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Une ou deux
machines par an |
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Chez Schrub à Ballan-Miré (90 personnes), c'est, pour le directeur René Kupfer, "une obligation d'investir : la clientèle réclame de plus en plus de volume, des délais plus serrés. Nous stockons pour répondre plus vite." Au rythme de deux machines à CN achetées par an, tours et centres d'usinage, Schrub est aujourd'hui équipé à 90 % en CN. Cette entreprise, pre-mier fournisseur dans son secteur de PSA et Renault - ce qui représente 55 % de son CA - fabrique des pièces pour souder la tôle dans un alliage à base de cuivre, ainsi que des produits propres pour la soudure à l'arc.
A la Société Parisienne de Ressorts, créée en 1946 à Veigné, la première machine à CN est arrivée en 1990. "C'était un machine japonaise : une aventure ! se souvient le Pdg, Jacques Duret. Elle a entraîné un grand changement dans le façonnage du fil pour la fabrication des ressorts, en supprimant du travail manuel long et coûteux. La rentabilité a été immédiate : cet équipement a amené aussitôt de nouveaux marchés, sans même démarcher ! Depuis, nous investissons chaque année dans une machine à CN." SPR réalise un chiffre d'affaires de 27,5 MF, et emploie 74 personnes. Dix salariés ont été embauchés depuis 1997, la machine n'ayant pas chassé l'homme, bien au contraire. L'automobile, la radio-TV et la téléphonie constituent, en une quinzaine de grands clients, les principaux secteurs d'activité. |
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Investir
juste à temps |
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| Gérard Chatel à Bléré estime qu'il faut acheter du matériel suffisamment tôt pour ne pas voir très vite son parc-machines devenir obsolète : "Les machines amènent le travail, surtout aujourd'hui, car il faut répondre très vite. Celui qui attend les marchés pour s'équiper ne s'équipera jamais ! Il faut toutefois faire attention à ne pas s'endetter outre mesure..." Comme plusieurs de ses confrères, il estime que "le travail pourrait se faire avec du matériel traditionnel, mais pas au même coût. Avec une machine à CN il est abaissé de 20 ou 30 fois : économie de temps, rapidité de réglage, précision. Sans compter le confort du manipulateur !" Parmi ses équipements spécifiques, Chatel aligne dans ses ateliers deux poin-çonneuses Trumpf de grande capacité qui passent d'un seul tenant des tôles de 1,5 m x 3 m. La plus récente (un investissement de 3,5 MF en 1997, après la première en 1994 [2 MF]), est pourvue d'une alimentation et d'une décharge automatique. Spectaculaire ! Elle travaille 24h sur 24, tous les jours de la semaine. Gérard Chatel emploie 19 personnes (ils étaient 9 en 1984), soit 30 avec l'établissement de peinture voisin et complémentaire de l'activité, Gécélaque, qu'il dirige également. | |||
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D'abord
décrocher les marchés |
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| Joël Duchesne à Château-Renault (20 personnes et un CA de 7,5 MF) plie, cisaille et poinçonne en commande numérique. Une machine à découpe laser va prochainement venir remplacer une des deux poinçonneuses actuellement en service. Un lourd investissement pour cette entreprise : "Le coût sera amorti sur le long terme. Sans cette machine, le travail pourrait être fait mais ... je n'aurais pas les marchés" explique-t-il. En fait, il les a déjà, mais les sous-traite actuellement : "Il faut acheter seulement quand le marché est assuré". | |||
Safety est spécialiste de la coupe des métaux. |
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| Oui, mais... La société Ravaj à Amboise (48 personnes) n'achète pas une machine tous les ans. "Mais si l'on en achète une, ce sera toujours une commande numérique. C'est une réflexion que nous n'avions pas il y a cinq ans", explique Hervé Gibertini, Pdg. Le parc-machines, impressionnant, n'a "rien de spécial" selon lui, à l'inverse des fabrications spéciales, "genre mouton à cinq pattes", qui font partie de la production de la maison. "Notre stratégie consiste à être équipés de toutes les techniques d'usinage pour fabriquer les pièces de a à z". Un centre d'usinage à grande vitesse ? "Il n'y en a pas ici. Cela ne se justifie pas encore. C'est un équipement nécessaire pour enlever beaucoup de matière, ce qui n'est pas un besoin fréquent chez nous. Notre ambition est d'offrir un service complet. Notre marché, c'est aujourd'hui celui des pièces de précision et de l'outillage en petite et moyenne série, sur des pièces à forte valeur ajoutée." | |||
| Safety | |||
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Une machine à commande numérique, c'est, pour Safety, un investissement de 5 MF. A Fondettes, toutes les générations sont représentées, y compris la dernière en date. Safety investit chaque année 10 % de son chiffre d'affaires qui atteint 350 MF dont 230 MF pour la France.
Spécialiste de la coupe des métaux depuis 65 ans, le groupe Safety, dont le siège est à Boulogne-Billancourt, comporte trois sites de production : deux à Fondettes, un en Italie. Il développe et produit des plaquettes en carbure de tungstène (pour la coupe) et des porte-outils : fraise, forets, outils de tournage et d'alésage. Safety s'est installé à Fondettes en 1957, où se sont développées les usines dites A et B qui emploient 350 personnes. Créé en 1985, son service Recherche et Développement (20 personnes) se veut à la pointe des dernières évolutions technologiques en matière de conception et fabrication assistée par ordinateur. La démonstration en est fascinante ! "Nos recherches sur les produits en carbure de tungstène ont pour objectif une toujours plus grande performance quant au revêtement et à la géométrie des plaquettes", explique Frédéric Brindel, directeur industriel. "Les améliorations que nous apportons visent donc à faire durer les plaquettes le plus longtemps possible ou à faire en sorte qu'elles enlèvent le plus de matière possible dans le même temps". Une nouvelle gamme de nuances OR vient d'être lancée, destinée au tournage des aciers, des fontes, des aciers inoxydables et des alliages réfractaires. Une autre innovation récente porte également sur la nouvelle forme asymétrique de certaines plaquettes qui leur confère pour chacune une double fonction. Elles permettent d'usiner toutes les matières courantes dans les industries du moule, de l'outil d'emboutissage ou aéronautique. Quant aux outils coupants, réalisés sur-mesure, la tolérance de précision est de l'ordre du micron. Les dernières recherches ont abouti à la fabrication d'une nouvelle gamme de fraises à bout hémisphérique qui apportent des gains de temps importants dans l'usinage à grande vitesse ainsi qu'une amélioration de l'état de surface obtenu, réduisant de fait le temps de finition. |
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L'homme, cette
alternative... |
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Cette valeur ajoutée, dans laquelle entre le "plus"
offert au client - du service essentiellement - est devenue, comme dans d'autres secteurs confrontés à une forte concurrence, le cheval de bataille des sous-traitants de la mécanique et de la tôlerie de précision. Hervé Gibertini estime qu'au sein de l'entreprise, même si le matériel n'est pas du dernier cri, "c'est l'intelligence de l'homme qui fait la différence". Elle s'exerce chez Ravaj au sein des groupes autonomes de production. Les équipes sont en effet placées face au client et confrontées à ses exigences. "Chez nous, le patron n'est pas le seul décideur. La réussite ne passe surtout pas par les machines. Ce qui joue essentiellement, c'est la motivation des compagnons et la compréhension du client que l'on doit soutenir dans ses efforts, dépanner, décharger de tâches diverses, aider à faire évoluer son outillage". Ce qui justifie chez Ravaj une structure étoffée.
L'homme est également au cœur de l'entreprise Cétil - une SCOP (coopérative ouvrière) - où Frédéric Le Bret est pourtant un inconditionnel de la commande numérique : "Mais, cela ne suffit pas. Pour bien travailler, il est nécessaire d'avoir des sensations devant le métal". C'est ce qui détermine, selon lui, la poursuite de la carrière d'un apprenti dans ce métier. Et de l'avis général, il est bien difficile de trouver du personnel. Les uns estiment que c'est l'image de la métallurgie qui est en cause, un métier mal connu, d'autres celle de l'apprentissage. René Kupfer, très attentif à la formation des jeunes, explique cette difficulté par la nécessité, pour avoir de bons ouvriers, de mener en interne une formation longue et coûteuse dans un contexte de baisse des marges et des prix. Les marchés sont là, les offres d'emploi aussi et les patrons sont prêts à former. Allons, enfants... Odile Ménard |
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Contrôle à la Société Parisienne de Ressorts. |
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